C’est une intervention qui a pesé dans la balance. Selon RMC Sport, le président de la République, Emmanuel Macron, aurait incité Philippe Diallo, président de la Fédération française de football (FFF), à durcir le ton face au projet de Gianni Infantino, visant à créer une société commerciale ouverte aux investisseurs privés pour la Fifa et la Coupe du monde.
Ce qu'il faut retenir
- Emmanuel Macron a encouragé Philippe Diallo à renforcer son opposition au projet de Gianni Infantino, selon RMC Sport.
- Le projet de vente de la Coupe du monde a été abandonné par Infantino après une mobilisation des fédérations, dont l’UEFA.
- Philippe Diallo a joué un rôle clé auprès des dirigeants européens pour s’opposer à cette réforme.
- Infantino, favori pour sa réélection en 2027, voit son autorité affaiblie après cet échec.
- La FFF exige désormais une transformation profonde de la gouvernance de la Fifa, jugée insuffisamment transparente.
Un projet controversé qui secoue le football mondial
Le projet porté par Gianni Infantino, président de la Fifa depuis 2016, prévoyait la création d’une société commerciale ouverte aux investisseurs privés. Cette initiative, perçue comme une privatisation partielle de la Coupe du monde, a suscité une vague de critiques parmi les instances du football européen. Philippe Diallo, initialement mesuré dans ses prises de position, avait qualifié ce projet de « projet inquiétant » dans un premier temps. Mais sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, il a finalement adopté un discours plus ferme.
L’intervention de Macron, un tournant dans la crise
D’après un proche du dossier cité par RMC Sport, Emmanuel Macron a encouragé Philippe Diallo à « être mobilisé » et à « muscler son discours ». « Un point a été fait avec lui pour qu’il y aille un peu plus fort que dans ses premières sorties », précise cette source. Cette intervention présidentielle a coïncidé avec une mobilisation accrue des fédérations nationales et de l’UEFA, qui menaçait de boycotter la Coupe du monde si le projet avait été mené à son terme.
Emmanuel Macron a également échangé directement avec Gianni Infantino, insistant sur « la nécessité d’unité du football mondial ». Une prise de position qui contraste avec le soutien initial de la France envers le président de la Fifa, alors considéré comme favori pour sa réélection en mars 2027.
Diallo, acteur central de l’opposition européenne
Philippe Diallo n’a pas seulement suivi les conseils d’Emmanuel Macron : il est devenu l’un des principaux opposants au projet. Selon la FFF, il a joué un « rôle moteur » auprès de ses homologues européens et du président de l’UEFA, Aleksander Čeferin. « La Fifa se doit d’être vertueuse et transparente. Or, Philippe Diallo considère que ce n’est plus suffisamment le cas aujourd’hui », explique la Fédération dans un communiqué. Cette prise de position marque un tournant dans les relations entre la FFF et la Fifa, alors que Diallo était jusqu’ici perçu comme un allié d’Infantino.
L’UEFA et les fédérations nationales en première ligne
L’opposition à Gianni Infantino s’est structurée autour de plusieurs acteurs clés. L’UEFA, dirigée par Aleksander Čeferin, a joué un rôle central en menaçant de boycotter la Coupe du monde. Plusieurs fédérations nationales, dont la France, ont également rejoint le mouvement. « Plusieurs fédérations nationales ainsi que l’UEFA souhaitent clairement le départ de Gianni Infantino », souligne RMC Sport. Cet échec du projet commercial fragilise la position d’Infantino, déjà contesté pour sa gestion des droits TV et son style de gouvernance.
Bref, après avoir été réélu en 2019 et 2023, le président de la Fifa se retrouve aujourd’hui affaibli. Son projet de vente de la Coupe du monde, perçu comme une tentative de contourner les règles de transparence, a précipité une crise sans précédent au sein de l’instance dirigeante du football mondial.
Une gouvernance de la Fifa sous le feu des critiques
La FFF exige désormais une « transformation profonde de la gouvernance » de la Fifa. « La Fifa doit être exemplaire en matière de transparence et de probité », rappelle la Fédération française. Cette exigence intervient alors que plusieurs observateurs pointent du doigt des dysfonctionnements persistants au sein de l’organisation, notamment en matière de répartition des revenus et de gestion des conflits d’intérêts.
Pour Philippe Diallo, la priorité est désormais de rétablir la confiance dans les instances dirigeantes du football. « Le football mondial doit retrouver une crédibilité », a-t-il déclaré, sans pour autant appeler explicitement au départ d’Infantino. Une position qui laisse planer le doute sur l’avenir du président de la Fifa, dont le mandat expire en 2027.
Une chose est sûre : la crise actuelle a révélé une fracture profonde entre les instances dirigeantes du football mondial. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si la Fifa parviendra à apaiser les tensions ou si le conflit s’aggravera.