Emmanuel Petit, champion du monde 1998 et consultant à RMC Sport, a détaillé ce mardi 26 août 2026 les raisons de son soutien à une lettre ouverte signée par d’anciens internationaux pour dénoncer les pratiques de certains dirigeants de la Fifa, sans citer explicitement son président, Gianni Infantino. L’initiative, publiée lundi sur les réseaux sociaux par des figures comme Mikaël Silvestre, Frédéric Piquionne, Olivier Dacourt ou Lucy Bronze, appelle à un changement structurel au sein de l’instance dirigeante du football mondial.

Selon nos confrères de RMC Sport, Emmanuel Petit a expliqué dans l’émission Rothen s’enflamme que cette démarche visait à « éveiller les consciences » plutôt qu’à provoquer un bouleversement immédiat au sein de la Fifa. « C’est un coup d’épée dans l’eau. C’est juste pour éveiller », a-t-il déclaré, tout en précisant qu’il s’exprimait « en son nom propre » et non au nom des autres signataires.

Ce qu'il faut retenir

  • Une lettre ouverte a été publiée lundi par d’anciens internationaux, dont Emmanuel Petit, pour critiquer le fonctionnement de la Fifa sans nommer Gianni Infantino.
  • Emmanuel Petit a expliqué sur RMC Sport que cette initiative avait pour but d’attirer l’attention sur les dérives du pouvoir à la Fifa, sans garantie de changement immédiat.
  • Le texte dénonce « l’appropriation d’un bien commun à des fins personnelles » et évoque les scandales récurrents, y compris sous l’ère Sepp Blatter.
  • Petit a rappelé que le mode de fonctionnement de la Fifa doit évoluer, bien au-delà du départ éventuel d’Infantino.
  • Les élections à la présidence de la Fifa approchent, mais selon lui, un simple changement de dirigeant ne suffira pas à réformer l’institution.

Une lettre ouverte pour alerter sur les dérives du pouvoir à la Fifa

La lettre ouverte publiée par d’anciens internationaux met en lumière un constat partagé : « Le changement est nécessaire. L’exercice du pouvoir a altéré la capacité des dirigeants actuels à distinguer leurs intérêts personnels de l’intérêt supérieur du football. » Parmi les signataires figurent des noms emblématiques du football français et international, dont Mikaël Silvestre, Frédéric Piquionne ou encore Lucy Bronze, ancienne internationale anglaise. Le texte évite de citer directement Gianni Infantino, tout en pointant du doigt des pratiques jugées opaques au sein de l’institution.

Emmanuel Petit a révélé que c’est Mikaël Silvestre qui l’a contacté quelques jours plus tôt pour lui proposer de figurer parmi les cosignataires. « C’est Mika Silvestre qui m’a contacté il y a quelques jours par message pour me demander si j’étais d’accord de mettre mon nom sur une liste d’anciens joueurs qui faisait suite à ce qui s’était passé encore une fois lors de la Coupe du monde aux États-Unis, notamment à l’épisode Infantino-Trump », a-t-il confié. Cet épisode fait référence aux polémiques entourant la relation entre Infantino et l’ancien président américain Donald Trump, notamment lors de l’organisation de la Coupe du monde 2026.

Un plaidoyer pour des réformes structurelles, pas seulement symboliques

Pour Emmanuel Petit, cette initiative ne vise pas à attaquer l’ensemble des employés de la Fifa, mais bien certains de ses dirigeants. « Le texte que l’on a publié, ce n’est pas un plaidoyer contre les gens qui travaillent au sein de la Fifa. Ça concerne certaines personnes. Il y a des gens bien à la Fifa », a-t-il souligné. Il a également tenu à nuancer les critiques envers d’anciens coéquipiers désormais ambassadeurs de l’institution, rappelant que « ce n’est pas [lui] qui va pointer du doigt » ces derniers.

Le champion du monde 1998 a également rappelé que les scandales ne datent pas de l’ère Infantino. « L’ère Blatter était aussi parsemée de scandales incroyables », a-t-il noté, insistant sur la nécessité de réformes profondes. « Il faut proposer des choses concrètes. Les élections arrivent. Si tu dégages Infantino ou tu mets quelqu’un d’autre, le mode de fonctionnement ne changera jamais. Et le mode de fonctionnement de la Fifa doit changer sur certains points précis. »

« Aujourd’hui, on en est très, très loin. Je trouve qu’actuellement, on est dans l’appropriation, justement, d’un bien commun à des fins personnelles. Et on va de plus en plus dans ce sens-là et pas simplement dans le football. »

— Emmanuel Petit, sur RMC Sport

Des critiques récurrentes envers Gianni Infantino

Les prises de position d’Emmanuel Petit s’inscrivent dans un contexte de tensions accrues autour de Gianni Infantino, dont les projets et décisions suscitent régulièrement la polémique. Parmi les mesures les plus contestées figure la proposition d’une Coupe du monde des moins de 15 ans réunissant 211 pays, un projet perçu comme une dilution de l’esprit sportif au profit d’une logique commerciale. Cette initiative a été vivement critiquée par plusieurs personnalités du football, dont l’ancien président de l’UEFA Aleksander Čeferin, qui a annoncé ne pas se représenter pour un nouveau mandat à la tête de l’instance européenne.

Certains joueurs, comme Samuel Eto’o, ont cependant pris la défense d’Infantino, estimant que ses projets n’étaient pas mal intentionnés. Malgré ces soutiens, la fronde contre le président de la Fifa s’intensifie, notamment depuis la République dominicaine, où plusieurs fédérations ont exprimé leur mécontentement. Face aux questions des journalistes, Infantino aurait même esquivé les sujets de discussion en répondant : « On se voit chez le coiffeur. »

Et maintenant ?

La lettre ouverte des anciens internationaux pourrait alimenter le débat avant les prochaines élections à la présidence de la Fifa, prévues dans les mois à venir. Si son impact immédiat semble limité aux yeux d’Emmanuel Petit, elle pourrait contribuer à une prise de conscience collective sur la nécessité de réformer l’institution. Reste à voir si d’autres personnalités du football rejoindront le mouvement ou si des fédérations membres de la Fifa feront entendre leur voix lors des assemblées générales à venir.

Pour Emmanuel Petit, l’enjeu dépasse la personne d’Infantino : « Le mode de fonctionnement de la Fifa doit changer sur certains points précis. » Une réforme en profondeur du système semble donc indispensable pour restaurer la confiance dans le football mondial.

La lettre dénonce l’absence de distinction entre les intérêts personnels des dirigeants et l’intérêt supérieur du football. Elle met en avant les scandales répétés au sein de la Fifa, y compris sous l’ère Sepp Blatter, et appelle à un changement structurel pour éviter l’appropriation du football à des fins personnelles. Les signataires soulignent également la nécessité de réformes concrètes avant les prochaines élections à la présidence de l’institution.

Selon lui, cette prise de parole a avant tout pour but d’« éveiller » les consciences plutôt que de provoquer un changement immédiat. Il précise qu’elle ne vise pas à renverser Infantino en particulier, mais à alerter sur un système dont le fonctionnement doit évoluer, bien au-delà du départ d’un seul dirigeant.