Alors que la Coupe du monde 2026 bat son plein, la question de la détention en Algérie du journaliste français Christophe Gleizes, emprisonné depuis plus d’un an, resurgit dans le débat public. Selon Franceinfo - Sport, Philippe Diallo, président de la Fédération française de football (FFF), a défendu mardi 16 juin sur France Inter la discrétion des joueurs de l’équipe de France, critiqués pour leur silence sur cette affaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Christophe Gleizes, journaliste sportif français, est détenu en Algérie depuis plus d’un an.
  • Ses proches, dont ses parents, ont exprimé leur déception face au silence des Bleus, notamment de Kylian Mbappé.
  • Philippe Diallo, président de la FFF, a estimé que les joueurs avaient le droit de parler ou de se taire sur ce sujet.
  • La FFF affirme s’être mobilisée activement pour la libération de Gleizes, tout en soulignant la complexité diplomatique du dossier.
  • Gianni Infantino, président de la Fifa, a évoqué le cas du journaliste lors d’une conférence de presse, sans obtenir de résultat concret.

Un silence contesté par les proches de Gleizes

Les parents du journaliste français, Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis juin 2025, ont multiplié les appels à l’aide, regrettant ouvertement l’absence de prise de parole des stars du football français. « Dans la liberté d’expression, il y a aussi la liberté de ne pas s’exprimer », a répondu Philippe Diallo, président de la FFF, lors de son intervention sur France Inter. Selon lui, reprocher aux joueurs de ne pas s’exprimer relève d’une forme d’incohérence, alors que ceux-ci sont parfois critiqués pour leurs prises de position en dehors du terrain sportif.

Parmi les joueurs visés par ces critiques figure Kylian Mbappé, capitaine emblématique des Bleus, dont l’absence de réaction publique a été particulièrement remarquée. Pourtant, Philippe Diallo a rappelé que la décision de s’exprimer ou non appartenait avant tout aux joueurs eux-mêmes. « Il leur appartient de parler ou de ne pas parler », a-t-il insisté, tout en précisant : « Quand je m’exprime, d’une certaine manière, je le fais aussi pour eux. »

La FFF et la Fifa mobilisées, mais sans résultat tangible

Face aux critiques, Philippe Diallo a tenu à rappeler que le football français, à travers sa fédération et ses clubs, s’était pleinement engagé pour la libération de Christophe Gleizes. « Quand je m’exprime pour soutenir Christophe Gleizes, je ne le fais pas à mon nom personnel. Je le fais en tant que président. Quand j’engage la fédération, j’engage tout le monde », a-t-il déclaré. Il a également souligné les démarches entreprises par la FFF auprès des autorités algériennes, tout en reconnaissant la difficulté de la tâche.

Du côté de la Fifa, Gianni Infantino avait évoqué publiquement le cas de Gleizes lors d’une conférence de presse à la veille du début de la Coupe du monde. Il avait alors indiqué que l’accréditation du journaliste, délivrée par l’instance mondiale, restait disponible. Un geste symbolique, mais qui n’a, à ce jour, entraîné aucune avancée concrète dans les négociations avec les autorités algériennes.

« Le football français est engagé pour la libération de Christophe Gleizes et, au stade où nous en sommes, dans la difficulté de ce dossier également géré par le gouvernement français, il faut faire preuve d’extrême diplomatie pour convaincre le gouvernement algérien de faire preuve de clémence vis-à-vis de ce journaliste sportif. »
— Philippe Diallo, président de la FFF

Une affaire complexe sur le plan diplomatique

Philippe Diallo a mis en avant la complexité du dossier, soulignant que la libération de Gleizes ne dépendait pas uniquement des instances sportives, mais aussi des négociations diplomatiques menées par le gouvernement français. Selon lui, toute intervention publique trop directe risquerait d’aggraver la situation plutôt que de la résoudre. « Il faut faire preuve d’extrême diplomatie pour convaincre le gouvernement algérien de faire preuve de clémence », a-t-il expliqué, rappelant que la FFF agissait en coordination avec les autorités françaises.

De son côté, la Fifa a tenté de jouer un rôle de médiation en maintenant l’accréditation de Gleizes, une démarche qui, bien que symbolique, n’a pas encore abouti à sa libération. La situation reste donc en suspens, alors que la Coupe du monde 2026 se déroule sous haute tension médiatique.

Et maintenant ?

Alors que la Coupe du monde se poursuit, les proches de Christophe Gleizes pourraient continuer à faire pression pour obtenir une libération rapide. La FFF et le gouvernement français devraient maintenir leurs efforts diplomatiques, tandis que les autorités algériennes n’ont pas encore réagi publiquement à ces demandes. Une issue favorable dépendra largement des négociations en cours, qui restent pour l’instant confidentielles.

Cette affaire soulève une fois de plus la question de l’engagement des sportifs de haut niveau dans des causes qui les dépassent. Alors que certains appellent à une mobilisation plus visible, d’autres estiment que leur silence n’enlève rien à leur soutien. Une chose est sûre : le dossier Gleizes reste une priorité pour le football français, bien au-delà des pelouses de la Coupe du monde.

Les proches de Christophe Gleizes, notamment ses parents, ont regretté l’absence de prise de parole publique des joueurs de l’équipe de France, dont Kylian Mbappé. Certains y voient une forme d’indifférence, alors que d’autres soulignent que les sportifs ont le droit de choisir leur niveau d’engagement.