Jusqu’au 13 septembre, le festival international du photojournalisme Visa pour l’Image, qui se tient à Perpignan, met en lumière un reportage poignant sur une pratique aussi cruelle qu’ancienne en Afghanistan : la vente et le mariage forcé de filles mineures. Ce travail, réalisé par la photojournaliste française Élise Blanchard, révèle la détresse extrême de familles afghanes contraintes de se séparer de leurs enfants pour faire face à une pauvreté endémique, comme le rapporte France 24.

Ce qu'il faut retenir

  • Un reportage de la photojournaliste Élise Blanchard est exposé jusqu’au 13 septembre à Perpignan dans le cadre du festival Visa pour l’Image.
  • Les familles afghanes, plongées dans une pauvreté chronique, n’ont parfois d’autre choix que de vendre ou marier leurs filles mineures pour survivre.
  • Ce phénomène, bien que clandestin, touche des régions entières de l’Afghanistan depuis plusieurs années.

Dans le cadre de cette enquête, Élise Blanchard a documenté des témoignages bouleversants de parents afghans, souvent poussés à l’extrême par l’effondrement économique de leur pays. Depuis août 2021, date de la prise de pouvoir par les talibans, la situation des femmes et des filles en Afghanistan n’a cessé de se dégrader, avec notamment l’interdiction de travailler pour les fonctionnaires féminines, la fermeture des écoles secondaires pour les filles, et l’impossibilité d’accéder à des études supérieures. Autant dire que les familles se retrouvent piégées dans un cercle vicieux où chaque décision, aussi dramatique soit-elle, devient une question de survie.

Selon les observations de la photojournaliste, les transactions se déroulent le plus souvent de manière informelle, en dehors de tout cadre légal. « Ces mariages précoces ou ces ventes sont souvent négociés en catimini, dans l’ombre des montagnes ou des villages reculés », explique Élise Blanchard. Les montants perçus varient selon l’âge de l’enfant et les accords conclus, mais restent généralement dérisoires au regard de l’ampleur du drame humain. Dans certains cas, les familles reçoivent l’équivalent de quelques centaines de dollars en échange de la main de leur fille, une somme qui leur permet de nourrir leurs autres enfants pendant plusieurs semaines, voire quelques mois.

« Les parents ne vendent pas leurs filles par choix, mais par nécessité », souligne Élise Blanchard. « Ils sont pris au piège d’un système qui les prive de tout moyen de subsistance. »

Les régions les plus touchées par ce phénomène sont celles où la sécheresse prolongée et les sanctions internationales ont aggravé la crise économique. Dans des provinces comme le Helmand, le Badakhchan ou le Nangarhar, les familles n’ont plus accès aux aides humanitaires comme par le passé, en raison des restrictions imposées par les talibans et des tensions persistantes avec la communauté internationale. Les organisations non gouvernementales, qui intervenaient autrefois pour soutenir les populations les plus vulnérables, peinent désormais à opérer sur place, faute d’autorisations ou de financements.

Face à cette réalité, les Nations unies et plusieurs ONG alertent depuis des mois sur l’urgence humanitaire en Afghanistan. En 2025, l’ONU estimait que près de 90 % de la population afghane vivait sous le seuil de pauvreté, un chiffre qui s’est encore dégradé depuis. Les femmes et les filles, en particulier, sont les premières victimes de cette crise, avec des conséquences dramatiques sur leur santé, leur éducation et leur sécurité.

Et maintenant ?

Alors que le reportage d’Élise Blanchard est exposé à Perpignan, les organisateurs de Visa pour l’Image espèrent attirer l’attention de l’opinion publique sur cette crise humanitaire. Une pétition internationale, lancée par des associations de défense des droits des femmes, circule actuellement pour demander aux talibans de mettre fin à ces pratiques et d’autoriser le retour des aides humanitaires en Afghanistan. Si aucune amélioration concrète n’est attendue à court terme, les prochains mois pourraient voir une intensification des pressions diplomatiques sur le régime afghan.

Dans l’immédiat, la situation reste inchangée pour des milliers de familles afghanes. Pour elles, chaque jour est une lutte pour la survie, où le choix entre la faim et la vente d’une enfant reste une équation insupportable.

Les talibans, au pouvoir depuis août 2021, ont instauré un régime strict limitant les droits des femmes et des filles en Afghanistan. Leurs politiques économiques et sociales ont aggravé la pauvreté, poussant certaines familles à des mesures extrêmes comme la vente ou le mariage forcé de leurs filles. Les restrictions imposées aux ONG et aux aides humanitaires ont également privé des millions de personnes de soutien vital.