Selon Euronews FR, le traditionnel safari africain évolue radicalement. Plus seulement centré sur l’observation des animaux, il se transforme en une expérience immersive où design, gastronomie et écologie prennent autant de place que la faune elle-même. Une tendance portée par l’ouverture de nouveaux établissements dans des réserves privées, souvent inaccessibles par la route, et proposant des hébergements aussi luxueux que les activités proposées.
Ce qu'il faut retenir
- Mantis Hiddn, en Afrique du Sud, est un projet d’Accor ouvert en mars 2026 dans une réserve privée de 800 hectares, proposant 12 suites et 2 villas avec bains à remous extérieurs et énergie solaire.
- Auberge Safari lance neuf lodges en Tanzanie, fusionnant deux opérateurs historiques et offrant des expériences comme des dîners dans le bush ou des séjours chez les Datoga.
- Anantara Kafue River Tented Camp, en Zambie, mise sur un luxe ostentatoire avec une villa présidentielle de 600 m² et des arrivées en hélicoptère sur piste privée.
- Ubuyu, à ouvrir en Tanzanie, incarnera le « slow safari » avec des villas design inspirées des architectures locales, dans l’un des parcs les moins fréquentés du pays.
- Singita Elela, prévu en décembre 2026 au Botswana, promet un accès exclusif au delta de l’Okavango, avec un tourisme à faible impact et des suites conçues pour s’intégrer au paysage.
Un safari où le luxe rivalise avec la nature
Les lodges de safari traditionnels, avec leurs tentes sommaires et leurs excursions en 4x4, laissent peu à peu la place à des établissements où l’architecture, le design et les services haut de gamme occupent une place centrale. Selon Euronews FR, cette mutation répond à une demande croissante de voyageurs en quête d’expériences à la fois exclusives et respectueuses de l’environnement. En Afrique du Sud, au cœur du parc national des éléphants d’Addo, le Mantis Hiddn incarne cette tendance. Ouvert en mars 2026 par Accor, cet établissement se présente comme une « retraite de montagne hors réseau », avec 12 suites et deux villas privées de quatre chambres.
Chaque détail a été pensé pour le confort des hôtes. Les suites disposent de bains à remous extérieurs chauffés au bois, tandis que les Mountain Villas offrent des piscines à débordement et des terrasses spacieuses. Un majordome privé est à disposition, et l’ensemble fonctionne grâce à l’énergie solaire. Côté gastronomie, les repas mettent en avant des produits locaux de saison, tandis que les activités incluent des safaris en véhicule ouvert, des soirées d’observation des étoiles et même un survol en hélicoptère pour photographier les côtes du Cap-Oriental.
Auberge Safari : l’Afrique réunie sous une même enseigne luxueuse
La marque Auberge Collection, connue pour ses établissements haut de gamme, fait ses débuts en Afrique avec Auberge Safari. Cette collection rassemble neuf lodges et camps répartis dans les plus belles régions sauvages de Tanzanie, après la fusion de deux opérateurs spécialisés, Legendary Expeditions et Chem Chem Safari. Les clients peuvent ainsi enchaîner les expériences entre le Serengeti, le lac Manyara et la réserve privée de Mwiba. Parmi les joyaux de la collection figure Mwiba Lodge, perché sur un affleurement granitique, où les hôtes séjournent dans des suites sous tente dotées de terrasses privatives.
L’expérience proposée va bien au-delà de l’observation animale classique. Les voyageurs peuvent partager des dîners dans le bush, rencontrer la tribu Datoga ou profiter de nuits sous les étoiles dans le Serengeti. Au Chem Chem Lodge, le concept de « slow safari » invite à une immersion plus lente, avec des safaris sans précipitation et des séjours paisibles dans des suites sous tente entourées de palmiers. La collection comprend aussi Little Chem Chem et Forest Chem Chem, conçus pour offrir une impression d’isolement total, avec des chances d’apercevoir éléphants, lions ou léopards.
Zambie et Botswana : l’exclusivité au service de l’écotourisme
En Zambie, le Anantara Kafue River Tented Camp mise sur un luxe assumé, niché au cœur du parc national de Kafue, l’une des plus vastes zones protégées d’Afrique. L’accès se fait par hélicoptère sur une piste privée, et l’établissement propose une villa présidentielle de 600 m² surplombant la rivière Kafue. Chaque tente dispose d’un bassin privé, d’une vue dégagée sur les paysages environnants et d’un bateau avec skipper réservé aux occupants. Un spa propose des rituels inspirés de l’environnement local, tandis que la gastronomie locale est déclinée sous forme de dîners dans le bush, pique-niques au bord de la rivière ou repas dans un boma traditionnel.
Au Botswana, Singita Elela ouvrira ses portes en décembre 2026 dans le delta de l’Okavango, l’une des régions les plus riches en biodiversité du continent. Ce lodge proposera un nombre limité de suites surélevées, conçues pour s’intégrer discrètement au paysage. L’accent sera mis sur un tourisme à faible impact, avec des expériences guidées par la conservation. L’objectif est de proposer une exploration intime et exclusive de l’Okavango, célèbre pour ses chenaux et ses plaines inondables.
Ubuyu : le slow safari à l’ère du design
Enfin, en Tanzanie, Ubuyu sera le premier établissement africain de la collection « Escape » de Banyan Tree, prévu dans le parc national de Ruaha. Ce lodge incarnera une approche plus lente et design du safari traditionnel, dans l’une des régions les moins fréquentées du pays. Ruaha, connue pour ses baobabs centenaires et sa faune abondante – lions, léopards, lycaons –, offrira aux voyageurs des villas inspirées des architectures locales, avec des volumes ouverts et des vues sur la rivière.
« Le lodge a été conçu pour se fondre dans le décor, avec une esthétique douce et contemporaine », précise la direction. Les activités incluront des safaris privés, mais aussi des moments de contemplation des paysages et des rituels de bien-être. Le concept de « slow travel » sera au cœur de l’expérience, invitant les hôtes à prendre le temps d’observer la nature sans précipitation.
Si cette évolution séduit une clientèle prête à investir dans des expériences uniques, elle pose aussi la question de l’accessibilité de ces lodges. Avec des tarifs souvent élevés – parfois plusieurs milliers d’euros par nuit –, ces adresses restent réservées à une élite. Reste à voir si cette tendance se démocratisera ou si elle confirmera l’image d’un safari réservé à une poignée de privilégiés.
L’accès se fait généralement par vol privé ou hélicoptère jusqu’à une piste privée située à proximité du lodge. Certains établissements, comme Anantara Kafue River Tented Camp, proposent des transferts en hélicoptère inclus dans le séjour. Une réservation à l’avance est souvent nécessaire, ces adresses étant limitées en capacité.
La plupart de ces établissements sont conçus pour une clientèle adulte ou des familles avec enfants plus âgés, en raison de leur localisation isolée et des activités proposées. Certains, comme Auberge Safari, offrent des suites familiales ou des programmes adaptés aux ados, mais il est conseillé de se renseigner directement auprès des lodges pour vérifier les conditions.