Le monde fait face depuis juin 2026 à un nouvel épisode du phénomène climatique El Niño, dont les effets pourraient se révéler dévastateurs en Afrique, selon nos confrères de Courrier International. Dans son bulletin saisonnier publié fin juillet, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a confirmé que ce cycle, en pleine intensification, devrait « dominer les régimes climatiques mondiaux entre août et octobre ». Une situation qui place « des millions de vies en danger » sur le continent africain, a alerté l’Organisation des Nations unies.
Ce qu'il faut retenir
- Un nouvel épisode d’El Niño, débuté en juin 2026, devrait s’intensifier jusqu’en octobre, selon l’OMM.
- Ce phénomène, qualifié de « super El Niño » ou « Godzilla » par Oxford Economics, amplifie les risques de catastrophes naturelles en Afrique.
- Les zones d’Afrique de l’Est (Somalie, Tanzanie) pourraient subir des inondations massives entre octobre et décembre 2026.
- Les pénuries alimentaires et les crises géopolitiques risquent de s’aggraver sous l’effet de ce phénomène.
- En 2023-2024, un épisode précédent d’El Niño avait déjà causé le déplacement de 1,2 million de personnes en Somalie.
El Niño se caractérise par un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique, perturbant les régimes météorologiques à l’échelle planétaire. Ce cycle, qui survient en moyenne tous les deux à sept ans, peut durer entre neuf et douze mois. Le changement climatique, en exacerbant ces phénomènes, en amplifie les conséquences négatives, soulignent les experts. C’est précisément ce qui inquiète les observateurs : un « super El Niño », tel que décrit par le cabinet Oxford Economics, pourrait multiplier les risques de sécheresses prolongées, d’inondations ou de cyclones dans certaines régions africaines.
Les projections de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) indiquent que certaines zones d’Afrique de l’Est – de la Somalie à la Tanzanie – devraient connaître des précipitations excessives d’ici la fin de l’année. Un scénario qui rappelle les inondations dévastatrices de 2023 et 2024, lorsque plus d’un million de personnes avaient été déplacées en Somalie. « Les risques d’inondations seront particulièrement élevés entre octobre et décembre 2026 », a prévenu la FAO, qui craint une aggravation des crises humanitaires dans une région déjà fragilisée par l’insécurité alimentaire et les conflits armés.
Cette menace climatique intervient dans un contexte déjà tendu sur le continent. Les tensions géopolitiques, les prix élevés des denrées alimentaires et les défis logistiques risquent de s’aggraver sous l’effet des perturbations météorologiques. « El Niño ne fait qu’amplifier des crises déjà existantes », a expliqué un analyste de la FAO. En Somalie, par exemple, les récoltes pourraient être ravagées par les pluies diluviennes, tandis que les routes d’approvisionnement pourraient être coupées par les inondations, aggravant ainsi les pénuries.
Les autorités locales et les organisations internationales commencent à tirer la sonnette d’alarme. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a déjà prévu de renforcer ses stocks de secours dans les régions les plus exposées. « Nous devons anticiper les besoins avant que la situation ne devienne ingérable », a déclaré un porte-parole du PAM. De son côté, l’Union africaine a appelé à une coordination renforcée entre les États pour faire face aux défis à venir.
Selon les climatologues, l’intensité de cet épisode El Niño dépendra en grande partie de l’évolution des températures océaniques dans les prochaines semaines. Si les modèles actuels se confirment, les conséquences pour l’Afrique pourraient être bien plus graves que lors des précédents cycles, en raison de la hausse globale des températures mondiales. « Ce que nous vivons en 2026 n’est pas un simple épisode climatique, mais un signal d’alarme pour l’avenir », a résumé un expert de l’OMM.
Dans l’immédiat, les populations les plus exposées – notamment dans les zones rurales d’Afrique de l’Est – devront composer avec des conditions de plus en plus difficiles. Les agriculteurs, déjà fragilisés par des années de sécheresse, pourraient voir leurs terres inondées, tandis que les déplacements de populations risquent de s’accélérer. « La communauté internationale doit agir rapidement pour éviter une crise humanitaire de grande ampleur », a plaidé un responsable de l’Union européenne, en référence aux leçons tirées des catastrophes passées.
Selon l’OMM, ce phénomène est aggravé par le changement climatique, qui intensifie ses effets. Les températures océaniques plus élevées et la fréquence accrue des épisodes extrêmes expliquent cette dangerosité accrue. En 2026, les modèles climatiques suggèrent un « super El Niño » comparable à celui de 1997-1998, l’un des plus puissants jamais enregistrés.
Les zones les plus exposées se situent en Afrique de l’Est, notamment en Somalie, en Tanzanie et au Kenya. L’ONU a déjà identifié un risque élevé d’inondations entre octobre et décembre 2026, en raison des pluies exceptionnelles attendues.