Une équipe d’archéologues franco-saoudiens mène depuis plusieurs années des fouilles dans l’oasis de Khaybar, située entre Médine et Al-Ula en Arabie saoudite. Selon Le Figaro, ces recherches visent à mettre au jour les vestiges d’un peuplement hébraïque ayant existé avant l’avènement de l’islam, bien qu’aucune trace matérielle directe des tribus juives n’ait encore été découverte.
Ce qu'il faut retenir
- Une mission archéologique franco-saoudienne explore l’oasis de Khaybar, entre Médine et Al-Ula, pour y étudier les traces d’un passé juif préislamique.
- Aucun vestige matériel direct des tribus juives n’a encore été identifié, mais leur présence historique est attestée par des sources indirectes.
- Le site se distingue géologiquement par son sol volcanique noir, contrastant avec d’autres oasis comme Hégra, marquée par des roches orangées.
- Les fouilles s’inscrivent dans une dynamique plus large de coopération archéologique entre la France et l’Arabie saoudite.
Un paysage géologique contrasté entre deux sites emblématiques
Le trajet vers Khaybar, depuis Hégra et Al-Ula, offre un spectacle géologique saisissant. Hégra, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, se dresse dans une roche orangée et friable, héritage de la civilisation nabatéenne disparue, autrefois liée à Pétra en Jordanie. À l’inverse, Khaybar s’enfonce au cœur d’un vaste tapis de roches basaltiques noires, éjectées il y a des millénaires par un ancien volcan.
Ce contraste minéral souligne la diversité des écosystèmes de la région du Hedjaz, couverte de buissons épars et de cailloux aux tons sableux. Les trois dromadaires qui broutent au milieu de la route asphaltée rappellent d’ailleurs l’isolement de cette zone, peu fréquentée par les voyageurs, comme le note Le Figaro.
Des fouilles à la recherche d’un héritage oublié
L’équipe d’archéologues franco-saoudienne, qui a récemment intensifié ses recherches, cherche à documenter la présence de communautés juives dans cette région avant l’arrivée de l’islam. Si aucune trace matérielle directe – inscriptions, artefacts ou structures – n’a encore été exhumée, les spécialistes s’appuient sur des indices indirects pour confirmer cette hypothèse historique.
« Les sources écrites, notamment les récits médiévaux et les traditions orales, évoquent clairement l’existence de peuplements hébraïques dans l’oasis de Khaybar avant le VIIe siècle », a précisé un membre de l’équipe, cité par Le Figaro. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre d’une coopération scientifique renforcée entre Riyad et Paris, visant à éclairer des périodes mal documentées de l’histoire de la péninsule Arabique.
Khaybar, entre histoire religieuse et enjeux archéologiques modernes
Khaybar n’est pas seulement un site archéologique : c’est aussi un lieu chargé de symboles pour l’islam, connu pour avoir été le théâtre de conflits entre les premiers musulmans et les tribus juives locales au VIIe siècle. Ces événements sont mentionnés dans les textes sacrés et les chroniques islamiques, bien que les fouilles actuelles se concentrent sur une période antérieure.
« Notre objectif n’est pas de rouvrir des querelles historiques, mais de reconstituer le puzzle d’une société pluriculturelle disparue », a souligné un chercheur français impliqué dans le projet. Les résultats pourraient ainsi contribuer à une meilleure compréhension des dynamiques sociales et religieuses de la péninsule avant l’unification islamique.
Selon les spécialistes, les résultats pourraient être publiés d’ici 2027, sous réserve de découvertes majeures. Ces travaux s’ajoutent à d’autres initiatives similaires en Arabie saoudite, où les autorités encouragent désormais l’exploration archéologique, longtemps restreinte pour des raisons idéologiques.
Pour l’instant, l’oasis de Khaybar reste un terrain de mystère, où chaque pierre basaltique pourrait receler un fragment d’histoire oubliée. Une chose est sûre : chaque campagne de fouilles rapproche un peu plus les chercheurs d’une vérité encore enfouie sous les sables du Hedjaz.
Depuis quelques années, l’Arabie saoudite a ouvert ses sites archéologiques à des missions internationales, dans le cadre d’une volonté de diversification économique et culturelle. Les autorités cherchent à valoriser le patrimoine préislamique pour attirer les touristes et renforcer l’image du pays sur la scène mondiale.