Samvel Karapetyan, figure controversée de la scène politique arménienne et milliardaire d’origine russo-arménienne, se présente ce dimanche 7 juin 2026 aux élections législatives en Arménie. Selon Le Monde, il a accordé un entretien exclusif à ses journalistes alors qu’il est assigné à résidence à Erevan depuis juin 2025, date de son arrestation. Son objectif affiché : restaurer des « bonnes relations » avec la Russie, tout en s’opposant frontalement au Premier ministre sortant, Nikol Pachinian.

Ce qu'il faut retenir

  • Samvel Karapetyan, oligarque russo-arménien, se présente aux élections législatives arméniennes du 7 juin 2026.
  • Il est assigné à résidence à Erevan depuis son arrestation en juin 2025, selon Le Monde.
  • Karapetyan souhaite rétablir des relations étroites avec la Russie, rompues sous le gouvernement de Nikol Pachinian.
  • Il s’affiche comme un opposant farouche au Premier ministre actuel, Nikol Pachinian.
  • L’entretien avec Le Monde a eu lieu dans sa résidence d’Erevan, où il vit sous surveillance.

Un candidat controversé, sous le feu des projecteurs

Samvel Karapetyan, 52 ans, est une figure complexe du paysage politique arménien. Né en Russie de parents arméniens, il a bâti un empire économique avant de se lancer en politique. Son arrestation en juin 2025, suivie de son assignation à résidence, a marqué un tournant dans sa carrière. Selon Le Monde, ces mesures restrictives n’ont pas entamé sa détermination à se présenter aux législatives de 2026, où il espère incarner une alternative à Nikol Pachinian.

Un projet politique centré sur Moscou

Sur le plan diplomatique, Karapetyan mise sur un rapprochement avec la Russie, partenaire historique de l’Arménie, mais dont les relations se sont tendues sous le mandat de Pachinian. « Nous devons restaurer de bonnes relations avec Moscou, car elles sont essentielles pour la stabilité et la prospérité de l’Arménie », a-t-il déclaré à Le Monde. Une position qui contraste avec la politique actuelle du gouvernement, perçue comme distanciée envers le Kremlin. Son discours trouve un écho dans une partie de la population, lasse des tensions régionales et en quête de sécurité.

« L’Arménie a besoin de stabilité, et cela passe par un équilibre dans nos relations avec tous nos voisins, y compris la Russie. »
— Samvel Karapetyan, selon Le Monde

Erevan sous haute tension politique

La capitale arménienne, Erevan, est le théâtre d’une campagne électorale particulièrement tendue. Les meetings de Karapetyan, bien que suivis par ses partisans, sont scrutés de près par les autorités. Son assignation à résidence, décidée après des accusations de fraude et de corruption, n’a pas empêché sa candidature. « Je me bats pour une Arménie forte et indépendante, où chaque citoyen a sa place », a-t-il ajouté lors de l’entretien. Une déclaration qui résonne comme un défi lancé à Nikol Pachinian, dont le gouvernement est critiqué pour sa gestion économique et sociale.

Les enjeux de ces législatives

Les élections du 7 juin 2026 sont cruciales pour l’Arménie. Elles pourraient redéfinir l’équilibre politique du pays, déjà fragilisé par des années de tensions avec l’Azerbaïdjan et une dépendance accrue envers les partenariats occidentaux. Pour Karapetyan, il s’agit de proposer une voie alternative, fondée sur un ancrage régional réaffirmé. « L’Arménie doit redevenir un acteur clé dans le Caucase, et cela passe par des alliances solides », a-t-il souligné. Un discours qui séduit une frange de l’électorat, mais qui inquiète aussi ceux qui redoutent un isolement international.

Et maintenant ?

Si Samvel Karapetyan parvient à mobiliser suffisamment d’électeurs, son score pourrait influencer la composition du prochain Parlement arménien. Une entrée significative de ses partisans pourrait contraindre Nikol Pachinian à composer avec une opposition renforcée, voire à engager des réformes en matière de politique étrangère. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact de sa campagne. Reste à voir si les Arméniens, dans un contexte de précarité économique, privilégieront le statu quo ou un changement radical de cap.

Quel que soit l’issue du scrutin, ces législatives marqueront un tournant dans l’histoire politique récente de l’Arménie, avec en toile de fond la question des relations avec Moscou et l’Occident.

Selon Le Monde, Samvel Karapetyan est assigné à résidence depuis juin 2025 en raison d’accusations de fraude et de corruption portées à son encontre. Ces charges n’ont pas empêché sa candidature aux législatives de 2026.

Son principal adversaire est le Premier ministre sortant, Nikol Pachinian, dont il conteste la politique, notamment en matière de relations internationales. Pachinian est également le chef du parti au pouvoir, le Contrat civil.