D'après Le Monde, le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a annoncé, en pleine campagne pour les élections législatives en Cisjordanie occupée, son intention d'accélérer l'installation de nouvelles colonies. Cette déclaration s'inscrit dans la continuité d'une politique déjà marquée par une hausse significative des constructions depuis son retour au pouvoir en 2022.

Ce qu'il faut retenir

  • Près de 300 nouvelles constructions, dont des avant-postes agricoles, ont été recensées en Cisjordanie occupée depuis 2022
  • Benyamin Nétanyahou, au pouvoir depuis fin 2022, fait de cette expansion un argument central de sa campagne électorale
  • La Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967, reste au cœur des tensions entre Israël et la communauté internationale
  • L'annonce intervient alors que les élections législatives israéliennes approchent, prévues pour le 2 novembre 2026

Une politique d'expansion coloniale en hausse

Depuis son retour à la tête du gouvernement israélien fin 2022, Benyamin Nétanyahou a relancé une politique d'expansion des colonies en Cisjordanie, malgré les condamnations internationales. Selon les données compilées par Le Monde, près de 300 nouvelles constructions, incluant des logements, des infrastructures et des avant-postes agricoles, ont été autorisées ou mises en chantier. Cette accélération contraste avec les périodes précédentes, où les constructions étaient plus sporadiques et limitées.

Parmi ces projets, certains sont situés dans des zones considérées comme stratégiques par Israël, notamment autour de Jérusalem-Est et dans la vallée du Jourdain. Ces territoires, annexés *de facto* par Israël, sont considérés comme illégaux par une grande partie de la communauté internationale, qui y voit un obstacle majeur à la paix.

Un argument électoral pour Nétanyahou

Alors que les élections législatives israéliennes sont prévues pour le 2 novembre 2026, Benyamin Nétanyahou mise sur sa politique coloniale pour mobiliser son électorat de droite et d'extrême droite. Lors d'un discours prononcé en Cisjordanie, il a réaffirmé son engagement en faveur de « l'implantation juive dans tous les territoires stratégiques ». Il a également promis des « mesures concrètes pour faciliter la vie des colons et encourager de nouveaux arrivages ».

Cette stratégie s'inscrit dans une logique électorale claire : séduire les électeurs nationalistes et religieux, tout en marginalisant les voix modérées au sein de sa coalition. Selon des analystes cités par Le Monde, cette approche pourrait lui permettre de renforcer sa base, mais elle risque aussi d'aggraver les tensions avec les Palestiniens et les partenaires internationaux.

« Ces projets ne sont pas négociables. Nous devons assurer la sécurité d'Israël en consolidant notre présence dans ces territoires », a déclaré Benyamin Nétanyahou lors d'une visite à Maalé Adoumim, une colonie majeure située près de Jérusalem.

Une réponse internationale attendue

La communauté internationale a déjà réagi avec fermeté à ces annonces. L'Union européenne, par la voix de son haut représentant pour les Affaires étrangères, a rappelé que « toutes les colonies israéliennes en territoire palestinien occupé sont illégales au regard du droit international ». De son côté, l'administration américaine, traditionnellement plus réservée sous l'administration Biden, pourrait durcir le ton dans les semaines à venir.

Les Nations unies, quant à elles, ont rappelé que la poursuite de ces constructions « sape les efforts de paix » et risque d'alimenter un cycle de violence. En 2023, le Conseil de sécurité de l'ONU avait adopté une résolution exigeant l'arrêt immédiat de l'expansion coloniale, sans succès. Depuis, les tensions se sont encore aggravées, notamment après les attaques du Hamas en octobre 2023 et la riposte israélienne à Gaza.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une intensification des constructions en Cisjordanie, à quelques semaines des élections israéliennes. Les observateurs s'attendent à ce que Nétanyahou multiplie les annonces symboliques pour mobiliser son électorat, tandis que les partenaires internationaux pourraient renforcer leurs pressions diplomatiques. Reste à savoir si cette stratégie portera ses fruits ou si elle contribuera à isoler davantage Israël sur la scène internationale.

Les élections du 2 novembre 2026 s'annoncent donc comme un tournant pour la politique coloniale israélienne. Selon des sources proches du dossier, les résultats pourraient déterminer si cette expansion se poursuit ou si un nouveau gouvernement modère ses ambitions en la matière. Dans tous les cas, la question des colonies restera au cœur des débats, tant en Israël qu'à l'étranger.

La Cisjordanie est un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, lors de la guerre des Six Jours. Israël y a construit des colonies, considérées comme illégales par le droit international, qui abritent aujourd'hui plus de 700 000 colons. Ce territoire est revendiqué par les Palestiniens pour la création d'un futur État, ce qui en fait l'un des principaux sujets de négociation dans le conflit.