Selon nos confrères de RFI, le siège imposé par des colons israéliens à trois maisons palestiniennes de Qusra, en Cisjordanie occupée, se prolonge depuis plus de deux semaines. À l’intérieur, 13 personnes se retrouvent piégées, confrontées à une situation humanitaire de plus en plus intenable. Le rôle ambigu des soldats israéliens, présents pour « protéger » les résidents palestiniens, interroge alors que ces derniers doivent coordonner leurs moindres gestes avec l’armée pour survivre.
Ce qu'il faut retenir
- Trois maisons et 13 occupants assiégés à Qusra depuis plus de 15 jours par des colons israéliens.
- L’armée israélienne, présente sur place, n’intervient pas pour stopper les colons, se contentant de « protéger » les résidents palestiniens.
- Les assiégés doivent obtenir l’autorisation de l’armée pour les actes les plus anodins, rendant leur quotidien ingérable.
- La Cisjordanie est un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, où les tensions entre colons et Palestiniens sont récurrentes.
Un siège qui s’éternise sans solution en vue
À Qusra, petit village palestinien situé près de Naplouse, en Cisjordanie, le calme apparent cache une réalité explosive. Depuis le 18 août 2026, trois habitations sont encerclées par des colons israéliens, qui bloquent toute entrée ou sortie. À l’intérieur, 13 personnes, dont des enfants et des personnes âgées, survivent dans des conditions précaires. « On ne peut même plus aller chercher de la nourriture sans l’accord des soldats », a témoigné un habitant sous couvert d’anonymat, selon RFI.
L’armée israélienne, déployée dans la zone, se présente comme un acteur de stabilité. Pourtant, elle ne s’oppose pas aux colons, se limitant à une présence passive. Les Palestiniens assiégés doivent donc négocier chaque déplacement, chaque livraison de produits de première nécessité, avec les autorités militaires. « C’est un système absurde, où ceux qui sont censés nous protéger deviennent les complices de notre enfermement », a déploré un autre résident.
Cisjordanie : un territoire sous tension permanente
La Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, est le théâtre de violences récurrentes entre colons israéliens et Palestiniens. Ces derniers mois, les tensions se sont encore intensifiées, avec une augmentation des attaques de colons contre des villages palestiniens, souvent en représailles à des actions de résistance. Selon les ONG locales, plus de 500 incidents impliquant des colons ont été recensés depuis le début de l’année 2026, entraînant des déplacements forcés de populations et la destruction de biens.
Qusra, comme d’autres localités de Cisjordanie, est régulièrement ciblée. En 2023, le village avait déjà été le théâtre d’affrontements meurtriers après l’extension de colonies israéliennes. La communauté internationale, par la voix de l’ONU, a maintes fois dénoncé ces pratiques, sans que cela n’aboutisse à des mesures concrètes pour protéger les civils palestiniens.
« La situation à Qusra illustre le double discours israélien : une armée qui prétend maintenir l’ordre, mais qui laisse des civils être pris en otage par des extrémistes. » — Amnesty International, cité par RFI
Un quotidien rythmé par la survie et l’humiliation
Pour les familles assiégées, chaque journée est une épreuve. Les livraisons de nourriture sont rares, souvent retardées ou confisquées par les colons. Les coupures d’électricité et d’eau s’ajoutent à la liste des difficultés, transformant une situation déjà précaire en un calvaire. « On nous a dit que si on sortait, on serait arrêtés ou tués. Alors on reste enfermés, comme des prisonniers », a confié une mère de famille à RFI.
Les soldats, eux, justifient leur inaction par la « complexité de la situation » et la nécessité de « ne pas envenimer les choses ». Pourtant, cette passivité alimente un sentiment d’abandon chez les Palestiniens, qui voient dans cette stratégie une forme de complicité. « L’armée est là, mais elle ne fait rien. Elle est complice par son silence », a lancé un villageois lors d’un entretien téléphonique.
Ce siège, comme tant d’autres en Cisjordanie, pose une question plus large : jusqu’où la communauté internationale est-elle prête à fermer les yeux sur les violations des droits humains en territoire occupé ? Alors que les colons israéliens agissent en toute impunité, les Palestiniens n’ont d’autre choix que de subir, ou de résister – au risque d’aggraver encore les tensions.