D’après RFI, le médicament anti-obésité Mounjaro a enregistré plus de 1,5 million de prescriptions en seulement dix mois en Corée du Sud. Ce chiffre, qui illustre l’engouement massif pour ce traitement, s’accompagne d’une inquiétude croissante parmi les professionnels de santé. Depuis son autorisation à la prescription médicale, le Mounjaro est en effet de plus en plus détourné par des jeunes pour un usage minceur, alors que le pays affiche un taux d’obésité parmi les plus bas au monde.

Ce qu'il faut retenir

  • 1,5 million de prescriptions du médicament Mounjaro en dix mois en Corée du Sud, selon RFI.
  • Ce traitement, initialement destiné aux personnes souffrant d’obésité, est massivement détourné pour un usage minceur.
  • La Corée du Sud compte seulement 4 % de personnes obèses, mais la pression sociale sur l’apparence et le poids reste très forte.
  • Une partie du corps médical s’alarme de cette tendance et des risques sanitaires associés.
  • Le médicament Mounjaro, commercialisé par le laboratoire américain Eli Lilly, est au cœur de ce phénomène.

Un engouement sans précédent pour un médicament détourné

Le succès du Mounjaro en Corée du Sud dépasse toutes les attentes. En à peine dix mois, plus de 1,5 million de prescriptions ont été enregistrées, comme le rapporte RFI. Ce chiffre, qui reflète une adoption massive, s’explique par l’effet recherché du traitement : une perte de poids significative. Pourtant, le Mounjaro n’a été initialement conçu que pour les patients souffrant d’obésité, une pathologie qui ne touche que 4 % de la population sud-coréenne.

Cette utilisation détournée du médicament révèle une obsession croissante pour la minceur dans la société sud-coréenne, où l’apparence physique joue un rôle central dans les interactions sociales et professionnelles. Les pharmacies et cliniques du pays font état d’une demande exponentielle, souvent motivée par des critères esthétiques plutôt que médicaux.

Une société minée par la pression sociale sur le poids

Malgré un taux d’obésité parmi les plus bas des pays développés, la Corée du Sud reste marquée par une culture de la minceur. Les standards de beauté y sont particulièrement exigeants, et les réseaux sociaux amplifient encore cette tendance. Les jeunes, en particulier, sont les plus touchés par cette quête de perfection physique, au point de recourir à des solutions radicales, comme le détournement de médicaments.

Selon les observateurs, cette pratique s’inscrit dans un phénomène plus large, où l’accès à des traitements coûteux et innovants est facilité par une médecine libérale et une publicité agressive. Les influenceurs et célébrités sud-coréennes, souvent cités en exemple, contribuent à normaliser l’utilisation de ces produits, même en dehors des indications thérapeutiques.

L’alerte des professionnels de santé

Face à cette dérive, une partie du corps médical sud-coréen tire la sonnette d’alarme. « L’utilisation du Mounjaro sans besoin médical expose à des risques sérieux », a averti le Dr. Kim Jae-ho, endocrinologue à Séoul. Les effets secondaires potentiels, tels que des troubles digestifs ou des carences nutritionnelles, sont souvent minimisés par les patients, qui privilégient les résultats rapides.

Les autorités sanitaires ont commencé à réagir. Le ministère de la Santé sud-coréen a annoncé l’étude de mesures pour encadrer la prescription de ces médicaments, notamment en renforçant les contrôles sur les indications thérapeutiques. Pour l’instant, aucune décision concrète n’a été prise, mais le débat est lancé dans la sphère publique.

Et maintenant ?

Le gouvernement sud-coréen devrait présenter, d’ici la fin de l’année 2026, un plan pour réguler l’usage du Mounjaro et des autres traitements similaires. Une consultation publique est prévue en septembre, afin de recueillir l’avis des professionnels de santé et des associations de patients. Dans l’immédiat, les experts appellent à une prise de conscience collective, notamment parmi les jeunes, sur les dangers d’une utilisation non encadrée de ces médicaments.

Cette situation interroge également l’industrie pharmaceutique, dont les laboratoires pourraient être incités à adapter leurs campagnes publicitaires. Pour l’heure, aucune restriction n’a été imposée aux entreprises, mais la pression des autorités pourrait s’accentuer dans les mois à venir.

Une chose est sûre : en Corée du Sud, la quête de minceur a pris le pas sur les recommandations médicales, et les autorités devront agir rapidement pour éviter une crise sanitaire.

Le Mounjaro est apprécié pour ses résultats rapides en matière de perte de poids. Son efficacité, couplée à une pression sociale forte sur l’apparence en Corée du Sud, explique son engouement massif. Cependant, il n’est indiqué que pour les personnes obèses, un critère souvent ignoré par les utilisateurs.