Dans le village ivoirien de Ziglo, une femme s’est lancée dans une démarche inédite pour tourner la page des divisions issues de la guerre civile qui a secoué le pays entre 2002 et 2011. Joël Akafou, cinéaste installé en Côte d’Ivoire, a choisi d’immortaliser cette initiative à travers son objectif. D’après Le Monde, ce projet, tourné en images, vise à rassembler les communautés locales divisées par des années de conflit.

Ce qu'il faut retenir

  • Une femme du village de Ziglo organise des rencontres entre communautés pour favoriser la réconciliation après la guerre civile ivoirienne.
  • Joël Akafou, cinéaste, documente cette initiative à travers un film tourné sur place.
  • La démarche s’inscrit dans un contexte de reconstruction nationale après des années de tensions ethniques et politiques.

L’objectif affiché par cette initiative locale est simple : « Loin de moi la colère », déclare la principale organisatrice, dont le nom n’a pas été révélé par Le Monde. Bref, il s’agit de dépasser les rancœurs héritées d’un conflit qui a fait plus de 3 000 morts et des dizaines de milliers de déplacés. Ziglo, un village situé dans le centre du pays, est souvent cité comme un exemple de cohabitation entre groupes ethniques autrefois en opposition.

Selon Le Monde, cette initiative s’appuie sur des méthodes traditionnelles de résolution de conflits, combinées à une approche moderne de médiation. Les réunions organisées par cette femme anonyme rassemblent des représentants de différentes communautés, qu’elles soient issues des anciennes forces en présence ou de simples civils. Autant dire que l’enjeu est de taille : éviter une répétition des violences qui ont marqué l’histoire récente du pays.

« Ce que nous faisons ici, c’est montrer que la paix n’est pas une utopie. Elle se construit, jour après jour, avec patience et persévérance », a expliqué la coordinatrice de l’initiative, dont les propos ont été rapportés par Le Monde.

Le projet, qui s’inscrit dans une dynamique plus large de réconciliation nationale, a attiré l’attention de plusieurs observateurs. En effet, malgré les efforts des autorités ivoiriennes pour tourner la page, les tensions persistent dans certaines régions. La démarche de Ziglo pourrait donc servir de modèle pour d’autres communautés du pays. Pour Joël Akafou, le cinéaste, ce travail documentaire représente une opportunité de montrer une autre facette de la Côte d’Ivoire, bien loin des clichés de la guerre.

Côté contexte, la guerre civile ivoirienne, qui a débuté en septembre 2002 avec une tentative de coup d’État, s’est officiellement terminée en 2011 après une crise post-électorale particulièrement meurtrière. Depuis, le pays a connu une relative stabilité, mais les divisions ethniques et politiques restent prégnantes. Les élections de 2025, bien que jugées globalement pacifiques, ont rappelé la fragilité de la paix sociale.

Et maintenant ?

Si cette initiative de Ziglo devait essaimer, elle pourrait inspirer d’autres villages à adopter des méthodes similaires de médiation communautaire. Les prochaines élections locales, prévues pour 2027, seront un test pour évaluer l’impact de ces efforts de réconciliation. Les autorités ivoiriennes, qui ont jusqu’ici privilégié une approche sécuritaire, pourraient être amenées à soutenir davantage ces dynamiques locales. Reste à voir si cette démarche parviendra à convaincre l’ensemble des acteurs politiques et sociaux.

Ce projet, qui mêle tradition et modernité, soulève une question plus large : comment garantir une réconciliation durable dans un pays encore marqué par des décennies de conflits ? La réponse ne réside peut-être pas dans les grands discours, mais dans des actions concrètes, comme celle menée à Ziglo. Une chose est sûre : l’initiative mérite d’être suivie, ne serait-ce que pour son audace et son humanité.

Les principaux défis incluent la persistance des tensions ethniques et politiques, la méfiance entre les communautés, et la nécessité de reconstruire un tissu social solide. Les inégalités économiques et l’accès inégal aux ressources aggravent également les divisions.