Depuis le 17 avril 2026, l’Équateur fait face à une crise sans précédent dans le secteur de l’élevage de petits ruminants. Une interdiction temporaire a été décidée par l’Agence de contrôle phytosanitaire et zoosanitaire (Agrocalidad), l’autorité nationale en charge de la sécurité alimentaire, interdisant la commercialisation des cochons d’Inde dans plusieurs régions du pays. Cette mesure, justifiée par une alerte sanitaire liée à une irrégularité non encore formellement identifiée, menace directement les moyens de subsistance de milliers d’éleveurs, notamment dans la province d’Azuay, située dans le sud du pays. Selon Courrier International, cette décision a été prise après la détection de morts inhabituelles chez des lapins dans la région de Tungurahua, le 15 avril, sans que des chiffres précis ne soient communiqués.

Ce qu'il faut retenir

  • Une interdiction temporaire de commercialisation des cochons d’Inde a été instaurée en Équateur le 17 avril 2026 par l’Agence Agrocalidad, en raison d’une alerte sanitaire non encore élucidée.
  • La province d’Azuay, dans le sud du pays, est l’une des plus touchées par cette mesure, qui menace directement les éleveurs locaux.
  • L’alerte initiale concernait des morts inhabituelles chez des lapins dans la région de Tungurahua, détectées dès le 15 avril, avant que l’interdiction ne s’étende aux cochons d’Inde.
  • En Équateur, le cochon d’Inde n’est pas seulement un animal de compagnie, mais aussi une source importante de protéines pour de nombreuses familles des hauts plateaux andins.
  • Irlanda Chuni, éleveuse depuis cinq ans, craint de voir ses revenus anéantis par cette décision, alors qu’elle compte sur cette activité pour nourrir sa famille.

Une interdiction qui frappe au cœur d’une tradition alimentaire

En Équateur, le cochon d’Inde, ou cuy, occupe une place centrale dans l’alimentation des populations des hauts plateaux andins. Considéré comme un mets raffiné, riche en protéines et relativement simple à élever dans les petites exploitations familiales, il représente une ressource économique majeure pour des milliers de foyers. « Cela fait cinq ans qu’Irlanda Chuni a décidé de se consacrer à l’élevage et à la vente de cochons d’Inde pour subvenir aux besoins de sa famille », explique Courrier International. Pourtant, depuis le 17 avril, ses efforts pourraient être réduits à néant. L’interdiction temporaire frappant la commercialisation de ces animaux la prive d’un revenu essentiel, alors que l’origine exacte de l’alerte sanitaire reste indéterminée.

La province d’Azuay, située au sud du pays, est particulièrement concernée par cette décision. Les éleveurs locaux, comme Chuni, se retrouvent dans une situation précaire, sans visibilité sur la durée de l’interdiction. « Aujourd’hui, je crains de voir tous mes efforts anéantis », confie-t-elle, alors que ses animaux, autrefois vendus sur les marchés locaux, ne peuvent plus être commercialisés légalement. Les autorités sanitaires n’ont pas encore précisé la nature exacte de l’irrégularité détectée, ni les délais nécessaires pour lever cette restriction.

Une alerte sanitaire qui a commencé par les lapins avant de s’étendre

L’origine de cette crise sanitaire remonte au 15 avril 2026, lorsque la gouverneure de la région montagneuse de Tungurahua a signalé des « morts inhabituelles » chez des lapins. Sans communiquer de chiffres précis, elle a émis une alerte sanitaire locale, suivie deux jours plus tard par une décision similaire dans la province d’Azuay. Cette mesure a ensuite été étendue à l’ensemble du pays par l’Agence Agrocalidad, par précaution, alors que les investigations se poursuivent pour identifier la cause exacte de ces mortalités.

Si l’alerte initiale visait les lapins, la décision finale a finalement concerné les cochons d’Inde, soulignant l’ampleur des craintes sanitaires. Les autorités n’ont pas précisé si les deux espèces étaient liées par un même pathogène ou si la mesure répondait à un principe de précaution. « Une alerte sanitaire liée à la présence d’une irrégularité qui n’est pas encore formellement identifiée », précise Courrier International, citant le quotidien équatorien El Mercurio. Dans ce contexte, la méfiance des consommateurs et des éleveurs pourrait s’accentuer, pesant davantage sur un secteur déjà fragilisé.

Un impact économique et social immédiat

Les répercussions de cette interdiction dépassent le cadre sanitaire. Pour des familles comme celle d’Irlanda Chuni, l’élevage de cochons d’Inde représente une source de revenus stable et accessible. « Le cochon d’Inde est facile à élever dans les petites granges des hauts plateaux andins », rappelle Courrier International, soulignant son rôle dans la sécurité alimentaire des populations locales. Avec l’interdiction, ces foyers se retrouvent privés d’un complément de revenus souvent vital, dans une région où les alternatives économiques sont limitées.

Les marchés locaux, où ces animaux étaient traditionnellement vendus, connaissent déjà un ralentissement. Les éleveurs, contraints de garder leurs bêtes sans possibilité de vente, doivent faire face à des coûts supplémentaires liés à leur entretien. « Aujourd’hui, je ne sais pas combien de temps cela va durer », confie Chuni, illustrant l’incertitude qui pèse sur l’ensemble du secteur. Les autorités n’ont pas encore annoncé de mesures d’accompagnement pour les éleveurs affectés, laissant planer le risque d’une crise sociale dans les semaines à venir.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des résultats des enquêtes sanitaires menées par l’Agence Agrocalidad. Si la cause des morts inhabituelles est identifiée et jugée non transmissible à l’homme ou aux autres animaux, l’interdiction pourrait être levée dans les prochaines semaines. En revanche, si le risque sanitaire persiste, la crise pourrait s’aggraver, avec des conséquences économiques et sociales durables pour les éleveurs de la région. Une réunion d’urgence est prévue le 5 mai 2026 entre les autorités provinciales et les représentants des éleveurs pour faire un point sur la situation et évaluer les besoins d’accompagnement.

En attendant, les éleveurs comme Irlanda Chuni restent dans l’expectative, espérant que cette alerte sanitaire ne se transforme pas en catastrophe économique pour des milliers de familles équatoriennes. Pour l’instant, la prudence reste de mise, alors que les investigations se poursuivent dans un climat d’incertitude.

L’interdiction s’étend aux cochons d’Inde par principe de précaution, alors que les autorités sanitaires équatoriennes n’ont pas encore identifié la cause exacte des mortalités chez les lapins. L’Agence Agrocalidad a choisi d’élargir la mesure à d’autres espèces d’élevage pour éviter tout risque de propagation, en attendant les résultats des analyses.

Pour l’instant, les autorités n’ont pas annoncé de mesures d’accompagnement spécifiques. Les éleveurs pourraient se tourner vers d’autres activités d’élevage ou de vente, mais ces solutions restent limitées dans les régions montagneuses où les ressources sont rares. Une réunion d’urgence est prévue le 5 mai 2026 pour discuter des aides possibles.