L’inflation en Espagne a connu un léger ralentissement en avril 2026, s’établissant à 3,2 %, contre 3,4 % enregistré en mars, selon une estimation provisoire publiée ce 29 avril par l’Institut national des statistiques (INE).

Cette baisse s’explique principalement par la diminution des prix de l’électricité, qui ont reculé davantage qu’en avril 2025, a précisé l’INE dans un communiqué. Les carburants, en revanche, continuent de peser sur le pouvoir d’achat des ménages, malgré les mesures gouvernementales mises en place pour en limiter l’impact.

Ce qu’il faut retenir

  • L’inflation espagnole s’établit à 3,2 % en avril 2026, en baisse par rapport à 3,4 % en mars.
  • La diminution des prix de l’électricité est le principal facteur de ce ralentissement.
  • Les carburants et lubrifiants restent en hausse, malgré un plan d’aides de cinq milliards d’euros.
  • En mars, l’inflation avait bondi à 3,4 %, contre 2,3 % en février.
  • La croissance économique espagnole a atteint 2,8 % en 2025, un rythme presque deux fois supérieur à celui de la zone euro.
  • La Banque d’Espagne anticipe un ralentissement à 2,3 % en 2026, avec des craintes de « ralentissement significatif » liées au conflit au Moyen-Orient.

Une inflation en demi-teinte, entre baisse des prix de l’énergie et tensions sur les carburants

Selon l’INE, la baisse des prix de l’électricité a joué un rôle central dans le ralentissement de l’inflation en avril. « Cette évolution est due principalement aux prix de l’électricité, qui diminuent davantage qu’en avril 2025 », a souligné l’institut dans son communiqué. Cette tendance contraste avec la hausse persistante des carburants, qui continuent de progresser malgré les efforts du gouvernement pour en atténuer l’impact.

En mars, l’inflation avait enregistré une nette accélération, passant de 2,3 % en février à 3,4 %, un bond qui reflétait déjà les tensions sur les marchés énergétiques mondiaux. Ces derniers mois, la fermeture du détroit d’Ormuz — une voie maritime stratégique pour les exportations de pétrole et de gaz en provenance du Golfe — a provoqué une onde de choc sur les prix de l’énergie. Les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran ont en effet exacerbé l’instabilité régionale, perturbant l’approvisionnement mondial.

Un plan d’aides de cinq milliards d’euros pour limiter la casse

Pour protéger le pouvoir d’achat des Espagnols, le Parlement a adopté en urgence, en mars 2026, un plan de soutien de cinq milliards d’euros. Celui-ci inclut notamment une baisse de la TVA sur le gaz et les carburants, passée de 21 % à 10 %. Malgré cette mesure, les prix à la pompe restent élevés, sous l’effet des tensions géopolitiques persistantes.

Les ménages espagnols restent particulièrement sensibles à l’inflation, notamment en raison du coût du logement, qui pèse lourdement dans leur budget. Selon les dernières enquêtes, c’est la principale préoccupation des Espagnols, devant l’alimentation et les dépenses énergétiques. Pourtant, malgré ce contexte économique tendu, le pays affiche une croissance robuste : en 2025, le PIB espagnol a progressé de 2,8 %, un rythme presque deux fois supérieur à la moyenne de la zone euro.

Une croissance solide, mais des craintes de ralentissement à venir

La Banque d’Espagne, qui table sur une croissance de 2,3 % en 2026, a cependant émis des réserves quant à l’évolution de l’économie. Dans un rapport publié fin mars, elle a mis en garde contre un « ralentissement significatif » de la quatrième économie de la zone euro, en raison de l’instabilité géopolitique et de ses répercussions sur les prix de l’énergie.

Cette prévision s’inscrit dans un contexte où les marchés restent sous haute tension. La fermeture du détroit d’Ormuz, bien que partiellement levée, continue de peser sur les approvisionnements, tandis que les sanctions internationales et les représailles entre puissances régionales alimentent une incertitude durable. Pour l’Espagne, dont l’économie reste très dépendante des importations d’énergie, cette situation représente un défi majeur.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’efficacité des mesures gouvernementales face à la hausse des carburants. Une révision de la baisse de la TVA sur les produits pétroliers pourrait être envisagée si les prix ne se stabilisent pas d’ici l’été. Par ailleurs, l’évolution du conflit au Moyen-Orient restera un facteur clé : une escalade supplémentaire pourrait entraîner de nouvelles pressions inflationnistes, tandis qu’une désescalade permettrait un apaisement des marchés énergétiques. Enfin, la Banque d’Espagne devrait publier de nouvelles projections macroéconomiques d’ici la mi-mai, qui pourraient confirmer — ou infirmer — les craintes de ralentissement.

Reste à voir si cette accalmie temporaire de l’inflation se confirmera dans les mois à venir, ou si les tensions persistantes sur les carburants ne viendront pas, une fois encore, alimenter les craintes des ménages et des entreprises.

Le plan d’aides, qui inclut une baisse de la TVA sur les carburants, ne couvre pas l’intégralité de la hausse des prix à la pompe. Les tensions géopolitiques — notamment la fermeture du détroit d’Ormuz et les sanctions contre l’Iran — maintiennent une pression à la hausse sur les cours mondiaux du pétrole. Tant que ces facteurs ne seront pas résolus, les prix des carburants devraient rester élevés, malgré les mesures de soutien.

La Banque d’Espagne doit publier de nouvelles projections macroéconomiques d’ici la mi-mai 2026. Ces prévisions seront cruciales pour évaluer l’impact du conflit au Moyen-Orient et des politiques anti-inflation sur la croissance. Par ailleurs, le gouvernement pourrait ajuster son plan d’aides aux carburants si la situation ne s’améliore pas d’ici l’été.