Selon Euronews FR, plus des deux tiers des enfants en Europe occidentale ont subi des températures extrêmes depuis le début de l’année, une situation trois fois plus fréquente qu’en 2025. Cette exposition, documentée par l’ONG Save the Children, couvre une période de six mois et demi, dépassant ainsi le niveau enregistré sur l’ensemble des années depuis 2003. Les vagues de chaleur et les incendies de forêt, intensifiés par le changement climatique, aggravent particulièrement les risques pour les plus jeunes.

Ce qu'il faut retenir

  • 66 % des enfants en Europe occidentale ont été exposés à des températures extrêmes depuis janvier 2026, un chiffre trois fois supérieur à celui de 2025.
  • En Allemagne, le nombre d’enfants touchés en six mois dépasse la somme des cinq années précédentes réunies.
  • Au Royaume-Uni, 10 millions d’enfants ont subi des chaleurs extrêmes, un record sur les 30 dernières années.
  • Les enfants, en plein développement physique, sont particulièrement vulnérables aux déséquilibres électrolytiques et aux maladies liées à la chaleur.
  • En juin, des fermetures d’écoles ont été décidées en France et au Royaume-Uni en raison des températures dangereuses.

Une exposition record, liée à l’aggravation du changement climatique

Selon les données compilées par Save the Children, la situation en 2026 marque un tournant. Les six premiers mois de l’année ont déjà enregistré une exposition aux températures extrêmes bien supérieure à celle de l’année précédente, où ce phénomène concernait l’ensemble de l’année. Les vagues de chaleur et les incendies de forêt, devenus plus fréquents et intenses, amplifient les risques pour les populations les plus fragiles, notamment les enfants. « Avec le changement climatique, tout ce qui touche l’ensemble de la population touche encore plus les enfants », a déclaré Matilde Angeltveit, conseillère principale et responsable mondiale du plaidoyer climat chez Save the Children.

Les chiffres nationaux confirment cette tendance alarmante. En Allemagne, le nombre d’enfants exposés aux chaleurs extrêmes en 2026 a déjà dépassé celui des cinq années précédentes réunies. Au Royaume-Uni, 10 millions d’enfants — soit plus que lors de n’importe quelle année isolée depuis trois décennies — ont été touchés par cette situation. Ces données, couvrant les mois d’hiver et de printemps, laissent présager une année encore plus préoccupante, alors que les mois d’été restent à venir.

Des conséquences sanitaires et éducatives préoccupantes

Les enfants sont particulièrement vulnérables aux températures élevées. Leur capacité à réguler leur température corporelle est moins développée que celle des adultes, ce qui les expose davantage aux risques de déshydratation, de fièvre, de maladies respiratoires ou encore d’atteintes rénales. Les enfants souffrant de problèmes de santé préexistants, de pauvreté ou d’autres difficultés sont encore plus affectés. « Le changement climatique agit comme un amplificateur d’inégalités », a souligné Matilde Angeltveit. « Les enfants les plus vulnérables subissent de plein fouet les conséquences de cette crise. »

Les répercussions ne se limitent pas à la santé. En juin, des écoles en France et au Royaume-Uni ont dû fermer leurs portes pour protéger les élèves des températures dangereuses. Ces fermetures, bien que nécessaires, perturbent le parcours éducatif des enfants et soulignent l’urgence d’adapter les infrastructures aux nouvelles réalités climatiques. Les données pour l’ensemble de l’année 2026 pourraient ainsi s’avérer encore plus alarmantes, alors que les résultats actuels ne couvrent que la première moitié de l’année.

Un appel à l’action climatique pour protéger les générations futures

Face à cette situation, Save the Children exhorte les gouvernements à accélérer leur transition vers les énergies renouvelables. « Abandonner les énergies fossiles au profit des renouvelables devrait aller de soi pour mettre en œuvre une action climatique plus rapide, plus urgente et plus déterminée », a affirmé Matilde Angeltveit. Une telle transition permettrait, selon l’ONG, de réduire drastiquement l’exposition des enfants aux dangers liés au changement climatique. « Chaque jour de retard aggrave la crise », a-t-elle ajouté.

Un rapport publié l’an dernier par Save the Children et la Vrije Universiteit Brussel révèle que près d’un tiers des enfants nés en 2020 — soit environ 38 millions dans le monde — pourraient être épargnés d’une exposition « sans précédent » à des chaleurs extrêmes tout au long de leur vie si l’objectif de limitation du réchauffement à 1,5 °C d’ici 2100 était respecté. Cet objectif, fixé par l’Accord de Paris, reste un pilier pour contenir les effets du changement climatique.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’ampleur réelle de l’exposition des enfants aux températures extrêmes en 2026. Les gouvernements européens pourraient être amenés à renforcer leurs mesures de protection, notamment dans les domaines de la santé publique et de l’éducation. Une réunion internationale sur le climat, prévue en décembre 2026, pourrait relancer les engagements en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Reste à voir si ces actions seront suffisantes pour inverser la tendance actuelle.

Cette crise met en lumière l’urgence d’une réponse globale, combinant politiques climatiques ambitieuses et adaptation des infrastructures pour protéger les populations les plus vulnérables. Les prochaines années s’annoncent décisives pour préserver l’avenir des générations futures.

Les enfants sont plus vulnérables car leur système de régulation thermique est moins développé que celui des adultes. Leur métabolisme, encore en développement, les expose davantage aux risques de déshydratation, de fièvre, de maladies respiratoires ou d’atteintes rénales. De plus, leur dépendance aux adultes pour s’hydrater ou se protéger limite leur capacité à réagir face aux chaleurs extrêmes.