Entre 30 000 et 80 000 Israéliens se rendent chaque année en Inde, principalement dans des stations balnéaires comme Goa ou dans le nord du pays, notamment dans l’Himachal Pradesh. Ces destinations, parfois surnommées le « mini Israël », ont été aménagées pour accueillir les soldats israéliens de retour de missions à l’étranger, rapporte RFI. Mais cette pratique, qui mêle tourisme et soutien psychologique, suscite désormais des critiques face aux exactions attribuées à l’armée israélienne à Gaza, au Liban et en Iran.

Ce qu'il faut retenir

  • Entre 30 000 et 80 000 Israéliens se rendent chaque année en Inde, selon RFI.
  • Certaines zones, comme Goa ou l’Himachal Pradesh, ont été spécialement aménagées pour eux.
  • Ces lieux sont perçus comme des espaces de détente et de soutien pour les vétérans israéliens.
  • Les opérations israéliennes à Gaza, au Liban et en Iran alimentent des critiques en Inde.
  • L’Inde, alliée proche d’Israël, réprime rapidement les voix dissidentes sur cette question.

Des destinations indiennes transformées en havres pour les soldats israéliens

Dans le nord de l’Inde, certains villages et stations balnéaires ont été entièrement repensés pour répondre aux besoins des soldats israéliens en permission. À Goa, par exemple, des hébergements, des restaurants et des lieux de détente ont été adaptés pour faciliter leur séjour. Dans l’Himachal Pradesh, des infrastructures ont été construites pour offrir un cadre apaisant après des missions opérationnelles. « Ces lieux sont conçus pour leur offrir un environnement familier, presque comme une extension d’Israël », explique un responsable local cité par RFI.

Ces aménagements répondent à une demande croissante : les soldats israéliens, souvent en quête de calme et de soutien psychologique, trouvent en Inde un exutoire après des périodes de tension. Le phénomène n’est pas nouveau, mais il s’est intensifié ces dernières années, avec une affluence estimée entre 30 000 et 80 000 visiteurs annuels.

Un tourisme controversé face aux exactions israéliennes à Gaza et au Liban

Cependant, cette pratique suscite désormais des débats en Inde, où les opérations militaires israéliennes à Gaza, au Liban et en Iran alimentent des critiques. Depuis octobre 2023, la guerre à Gaza, notamment, a provoqué une vague de condamnations internationales, y compris en Inde, où des associations et des intellectuels appellent à une prise de position plus ferme contre Israël. « Ces lieux en Inde deviennent des symboles de complicité avec une politique militaire controversée », déclare un militant des droits humains sous couvert d’anonymat.

Pourtant, New Delhi reste un allié proche d’Israël, tant sur le plan stratégique que diplomatique. Les autorités indiennes répriment rapidement toute forme de contestation publique sur ce sujet. Plusieurs voix critiques ont été réduites au silence, parfois par des arrestations ou des pressions administratives, selon des observateurs locaux. « En Inde, la critique d’Israël est souvent perçue comme une menace à l’ordre public », précise un analyste politique.

Un phénomène qui illustre les tensions entre tourisme et éthique

Le tourisme israélien en Inde illustre ainsi une contradiction : d’un côté, il répond à un besoin humain et économique, de l’autre, il s’inscrit dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu. Les autorités indiennes, qui encouragent ce flux de visiteurs, se retrouvent prises entre deux feux. D’un côté, elles bénéficient des retombées économiques, de l’autre, elles doivent gérer les répercussions diplomatiques et sociales de cette proximité avec Israël.

« Ces lieux ne sont pas neutres. Ils reflètent une alliance politique qui, aujourd’hui, est de plus en plus contestée », souligne un chercheur en relations internationales. Pour l’instant, aucune mesure n’a été prise pour restreindre ces voyages, mais la pression pourrait s’accentuer si les tensions à Gaza ou au Liban persistent.

Et maintenant ?

Dans les prochains mois, la situation pourrait évoluer si les critiques contre Israël s’amplifient en Inde. Les autorités pourraient être contraintes de revoir leur position, soit en limitant les aménagements dédiés aux soldats, soit en renforçant leur discours diplomatique pour justifier leur soutien à Israël. Une chose est sûre : le tourisme israélien en Inde restera un sujet sensible, tant que les opérations militaires à Gaza et au Liban ne connaîtront pas de tournant significatif.

En attendant, les soldats israéliens continueront de trouver en Inde un refuge, tandis que les débats sur l’éthique de ce tourisme se poursuivront, côté local comme international.

L’Inde offre des infrastructures adaptées, un climat favorable et une culture de détente qui rappellent Israël. De plus, les soldats y trouvent un environnement où ils peuvent se sentir en sécurité, loin des zones de conflit. Enfin, les coûts y sont souvent moins élevés qu’en Europe ou aux États-Unis.