À moins de trois mois des élections législatives israéliennes prévues le 27 octobre 2026, l'ancien chef d'état-major de l'armée israélienne, Gadi Eisenkot, émerge comme le principal challenger face au Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu. Selon France 24, ce dernier mise sur son passé militaire pour incarner une alternative crédible aux yeux de l'électorat, tout en promettant de tourner définitivement la page des années Netanyahu.

Ce qu'il faut retenir

  • Gadi Eisenkot, ancien chef d'état-major (2015-2019), s'impose comme le principal opposant à Benjamin Netanyahu en vue des législatives du 27 octobre 2026.
  • Les élections se tiendront dans un contexte de tensions politiques et sociales, trois ans après la fin du dernier mandat de Netanyahu.
  • Eisenkot capitalise sur son image d'"militaire intègre" pour séduire les électeurs lassés par les affaires judiciaires et les divisions politiques.

Le général à la retraite, aujourd'hui député du parti centriste National Unity, a quitté l'armée en 2019 après une carrière marquée par plusieurs conflits majeurs, dont les opérations contre le Hamas à Gaza. Son parcours militaire, souvent mis en avant par ses partisans, contraste avec les démêlés judiciaires de Netanyahu, actuellement jugé pour corruption et fraude. « Les Israéliens méritent mieux qu'un gouvernement affaibli par des scandales », a déclaré Eisenkot lors d'un meeting à Tel-Aviv le 5 août 2026, comme le rapporte France 24.

Avec 12 % d'intentions de vote dans les derniers sondages publiés début août, Eisenkot talonne le Likoud, parti de Netanyahu, qui recueille environ 25 % des intentions. Cette montée en puissance s'explique en partie par le mécontentement croissant face à la gestion des crises internes, notamment économiques et sécuritaires. Les récents heurts entre colons israéliens et forces de l'ordre en Cisjordanie, ainsi que l'inflation persistante, alimentent un climat de défiance envers le gouvernement sortant.

Pourtant, Eisenkot n'est pas le seul à défier Netanyahu. D'autres figures de l'opposition, comme Yair Lapid (Yesh Atid) ou Benny Gantz (National Unity), tentent également de capitaliser sur le rejet du Premier ministre. Mais c'est bien l'ancien chef d'état-major qui incarne aujourd'hui l'alternative la plus crédible, selon les analystes politiques interrogés par France 24. « Son profil de militaire respecté et son discours anti-corruption séduisent une partie de l'électorat modéré », explique une politologue de l'Université hébraïque de Jérusalem.

Et maintenant ?

La campagne électorale devrait s'intensifier d'ici la fin du mois de septembre, avec une série de débats télévisés prévus entre les principaux candidats. Si les sondages actuels se confirment, le scrutin pourrait se jouer à quelques points près, rendant toute prévision hasardeuse. Une victoire d'Eisenkot pourrait entraîner une refonte des alliances politiques, notamment avec les partis arabes et centristes, traditionnellement exclus des coalitions dominées par le Likoud.

Reste à savoir si son image de « soldat intègre » suffira à convaincre les Israéliens, alors que la sécurité et la stabilité économique restent les priorités absolues pour la majorité des électeurs. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si Netanyahu, en place depuis 2009 (avec une interruption en 2021-2022), parviendra à conserver le pouvoir ou si l'ère politique qui porte son nom touche à sa fin.

Outre le Likoud de Netanyahu et le parti National Unity d'Eisenkot, les autres formations majeures incluent Yesh Atid (centre), le Parti travailliste, ainsi que plusieurs formations religieuses et arabes. Les sondages créditent également le parti d'extrême droite Otzma Yehudit de scores significatifs.