Selon RFI, le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme (BCNUDH) en République démocratique du Congo (RDC) alerte sur la situation des membres de partis politiques actuellement incarcérés après des arrestations menées par des services de renseignements. Dans son dernier rapport mensuel, l’instance onusienne recense au moins 42 personnalités politiques détenues, une situation qui illustre les tensions persistantes autour de la liberté d’expression et de l’opposition politique dans le pays.
Le BCNUDH, qui suit de près les violations des droits humains en RDC, souligne que ces arrestations ciblent principalement des militants issus de formations politiques opposées au pouvoir en place. Ces détentions, souvent réalisées sans base légale claire, s’inscrivent dans un contexte où les autorités congolaises sont régulièrement pointées du doigt par la communauté internationale pour leurs méthodes répressives.
Ce qu'il faut retenir
- 42 membres de partis politiques sont actuellement détenus en RDC, selon le dernier rapport du BCNUDH.
- Ces arrestations ont été effectuées par des services de renseignements, précise l’institution onusienne.
- La plupart des détenus appartiennent à des partis d’opposition, indique le rapport.
- Le BCNUDH dénonce des pratiques contraires aux droits humains et à l’État de droit.
- Cette situation s’inscrit dans un contexte de tensions politiques persistantes en RDC.
Des arrestations ciblées et controversées
Le BCNUDH, qui dispose d’une équipe sur le terrain en RDC, précise que ces détentions surviennent après des interpellations menées par des structures comme l’Agence nationale de renseignements (ANR) ou d’autres services de sécurité. Ces arrestations, souvent réalisées sans mandat judiciaire, sont régulièrement dénoncées par les organisations de défense des droits humains comme des outils de musellement de l’opposition.
Dans son rapport, l’instance onusienne rappelle que la liberté d’expression et le droit à la participation politique sont des piliers essentiels d’un État démocratique. « Ces détentions arbitraires sapent la confiance dans les institutions et alimentent les tensions sociales », a souligné un porte-parole du BCNUDH, cité par RFI. Les autorités congolaises, de leur côté, justifient ces arrestations par des raisons de sécurité nationale, sans pour autant fournir de preuves tangibles.
Un rapport qui confirme des tendances inquiétantes
Ce dernier bilan mensuel du BCNUDH s’ajoute à une série de rapports alarmants publiés ces dernières années sur la situation des droits humains en RDC. Depuis 2023, l’institution onusienne a régulièrement alerté sur l’augmentation des cas de détentions arbitraires, de violences policières et de restrictions imposées aux médias indépendants. En 2025, pas moins de 156 cas de violations des droits politiques avaient été recensés, selon les données du BCNUDH.
Parmi les partis les plus touchés par ces arrestations figurent l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) et d’autres formations de l’opposition. Des sources locales rapportent que certains détenus ont été placés en détention préventive pendant des mois sans être présentés à un juge, une pratique contraire au droit congolais et international.
Sur place, les organisations locales de défense des droits humains préparent des recours devant les tribunaux congolais, tout en appelant la communauté internationale à maintenir la pression sur le gouvernement de Félix Tshisekedi. Pour l’instant, aucune date n’a été avancée pour une éventuelle libération des détenus, laissant planer une incertitude sur leur sort.
D’après le rapport du BCNUDH, les partis les plus touchés incluent l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) et d’autres formations de l’opposition. Les militants de ces partis sont régulièrement ciblés par les services de sécurité, souvent sans base légale claire.
