Un député russe de la région de Briansk a proposé de couper l’accès à Internet entre 23 heures et 2 heures du matin pour les jeunes couples sans enfant, afin de les inciter à « communiquer davantage ». Selon Courrier International, cette idée s’inscrit dans une série de mesures imaginées par les responsables politiques russes pour tenter de relancer une natalité en chute libre.

Ce qu'il faut retenir

  • L’indice de fécondité en Russie atteint 1,36 enfant par femme en 2026, un niveau proche de celui de 2006.
  • Au premier trimestre 2026, seulement 272 000 naissances ont été enregistrées, soit 6 % de moins qu’en 2025.
  • Le Kremlin a lancé en 2024 une politique nataliste baptisée « année de la famille », sans succès pour l’instant.
  • Un fonds de 17 900 milliards de roubles (217,2 milliards d’euros) doit être mobilisé entre 2025 et 2030 pour soutenir les familles.
  • L’objectif est d’atteindre un indice de fécondité de 1,6 en 2030, puis de 1,8 en 2036.

Le constat est sans appel : la Russie fait face à un effondrement démographique. Alexeï Rakcha, démographe cité par le média indépendant Pole Zrenie, souligne que l’indice de fécondité du pays, à 1,36 enfant par femme, ramène la Russie à une situation proche de celle de 2006. « Concernant la démographie, le constat n’est pas seulement mauvais, il est pire que ce que nous pensions », a-t-il déclaré. Selon ses calculs, seuls 272 000 bébés seraient nés au premier trimestre 2026, soit une baisse de 6 % par rapport à la même période en 2025.

Les autorités russes tentent pourtant de réagir. Depuis 2024, Moscou mise sur une politique nataliste ambitieuse, avec une année dédiée à la famille et des appels publics à « avoir le plus d’enfants possible ». Pourtant, malgré les restrictions imposées à l’avortement et la promotion des « valeurs traditionnelles », les résultats se font attendre. Comme le souligne The Moscow Times, la Russie continue de s’enfoncer dans un « trou démographique ». Depuis le printemps 2025, les statistiques officielles ne sont plus publiées, rendant toute analyse plus difficile.

Des mesures radicales pour tenter de changer la tendance

Face à cette situation, les propositions les plus originales émergent. Outre la coupure nocturne d’Internet, d’autres idées ont été avancées pour inciter les couples à fonder une famille. Selon Courrier International, certains responsables locaux suggèrent des avantages fiscaux ou des aides financières ciblées. Cependant, aucune de ces mesures n’a encore prouvé son efficacité.

Le Kremlin mise surtout sur un plan financier colossal. Comme le rapporte Vedomosti, le projet national Famille prévoit de mobiliser 17 900 milliards de roubles (217,2 milliards d’euros) entre 2025 et 2030. L’objectif affiché est d’atteindre un indice de fécondité de 1,6 en 2030, puis de 1,8 en 2036. Un pari ambitieux, mais dont les effets ne se feront sentir qu’à long terme.

Un contexte démographique alarmant

Cette crise démographique s’inscrit dans un contexte plus large. La Russie, comme de nombreux pays européens, voit sa population vieillir et son taux de natalité s’effriter. Les raisons sont multiples : coût de la vie élevé, difficulté à concilier vie professionnelle et familiale, ou encore manque de perspectives pour les jeunes générations. Les restrictions sur l’avortement, entrées en vigueur ces dernières années, n’ont pas suffi à inverser la tendance.

Le démographe Alexeï Rakcha rappelle que la situation est « pire que prévu ». Les chiffres du premier trimestre 2026 confirment cette inquiétude : avec seulement 272 000 naissances, la Russie enregistre un recul de 6 % par rapport à 2025. Une baisse d’autant plus préoccupante que les statistiques officielles ne sont plus publiées depuis le printemps 2025, limitant l’accès à des données fiables.

Et maintenant ?

Les prochaines années seront déterminantes pour évaluer l’efficacité des mesures mises en place. D’ici 2030, le Kremlin devra faire la preuve que les milliards investis dans le projet Famille portent leurs fruits. Si les résultats ne sont pas au rendez-vous, Moscou pourrait être contraint de revoir sa stratégie, peut-être en combinant incitations financières et politiques sociales plus larges.

Une chose est sûre : la Russie ne peut plus se permettre de laisser sa démographie continuer à décliner. Avec un indice de fécondité à 1,36, le pays reste loin de l’objectif de 2,1 enfants par femme, seuil nécessaire au renouvellement des générations. Les prochaines années diront si les efforts actuels suffiront à inverser la tendance.