Lors de la première visite d’un secrétaire général des Nations unies en Syrie depuis 2009, António Guterres a plaidé ce week-end pour une mobilisation internationale en faveur de ce pays en proie à une transition politique délicate, après plus d’une décennie de conflit armé. Dans un contexte marqué par des défis humanitaires majeurs et des besoins urgents, le chef de l’ONU a souligné, à l’issue de cette visite, l’impérieuse nécessité de renforcer l’assistance à la Syrie, tout en insistant sur le respect de sa souveraineté. Selon BMF - International, cette intervention survient alors que Damas tente de stabiliser une situation politique et sociale toujours fragile, malgré la fin officielle des combats majeurs.
Ce qu'il faut retenir
- Première visite d’un secrétaire général de l’ONU en Syrie depuis 2009, effectuée par António Guterres.
- Appel à une aide internationale renforcée pour soutenir la Syrie en transition après des années de guerre civile.
- Rappel de la nécessité de respecter la souveraineté du pays, dans un contexte de reconstruction et de réconciliation nationale.
- La Syrie reste confrontée à des défis humanitaires persistants, malgré l’apaisement relatif des combats.
- Cette visite s’inscrit dans un contexte régional complexe, marqué par les tensions liées au conflit israélo-palestinien et aux crises en Ukraine et au Liban.
Une visite historique sous le signe de la transition
Arrivé en Syrie ce samedi 9 août 2026, António Guterres a rencontré les autorités locales ainsi que des représentants de la société civile pour évaluer les besoins immédiats du pays. Selon BMF - International, cette visite marque un tournant symbolique, alors que la Syrie tente de se relever après des années de guerre civile ayant causé la mort de plus de 500 000 personnes et déplacé des millions de Syriens. « La Syrie est à un moment charnière », a déclaré Guterres lors d’une conférence de presse à Damas. « Sans une aide internationale massive et coordonnée, le pays risque de s’enliser dans une crise humanitaire durable, avec des conséquences régionales imprévisibles. »
Le secrétaire général a également rencontré des organisations non gouvernementales présentes sur place, dont le Croissant-Rouge syrien, pour discuter des priorités immédiates : accès à l’eau potable, reconstruction des infrastructures médicales et réhabilitation des réseaux électriques. « Les besoins sont immenses, et chaque jour compte », a-t-il insisté, rappelant que plus de 90 % de la population syrienne vit sous le seuil de pauvreté selon les dernières estimations de l’ONU.
Souveraineté et reconstruction : un équilibre délicat
Lors de ses échanges avec les dirigeants syriens, Guterres a insisté sur la nécessité de respecter la souveraineté du pays, un sujet sensible dans un contexte où plusieurs puissances régionales et internationales jouent un rôle clé dans la reconstruction. « La Syrie doit retrouver sa pleine souveraineté, y compris dans la gestion de ses ressources et de ses affaires intérieures », a-t-il déclaré. Selon BMF - International, cette position vise à éviter toute ingérence extérieure qui pourrait compromettre les efforts de réconciliation nationale.
Cependant, la question de la reconstruction divise. Plusieurs pays, dont la Russie et l’Iran, ont déjà signé des accords de coopération économique avec Damas, tandis que l’Occident maintient des sanctions économiques, limitant l’accès du pays aux financements internationaux. « Sans un allègement des sanctions, il sera impossible de mobiliser les fonds nécessaires », a souligné un diplomate onusien sous couvert d’anonymat. Guterres a appelé à une levée partielle de ces mesures, au moins pour les projets humanitaires, afin de permettre une reprise progressive de l’activité économique.
Un contexte régional sous haute tension
Cette visite intervient dans un environnement géopolitique particulièrement tendu. En effet, la Syrie reste un acteur clé dans les dynamiques régionales, notamment en raison de sa proximité avec Israël et le Liban, où les tensions persistent. Le week-end dernier, le Conseil de sécurité de l’ONU a de nouveau été saisi de la question des frappes israéliennes à Gaza, tandis que le Liban fait face à une crise politique et sécuritaire majeure, avec une présence des Casques bleus de l’ONU toujours contestée. « La stabilité de la Syrie est indissociable de celle de la région », a rappelé Guterres, soulignant les risques d’une nouvelle escalade des conflits si les crises ne sont pas résolues en profondeur.
Par ailleurs, la situation humanitaire en Syrie reste préoccupante. Selon les dernières données de l’ONU, près de 12 millions de personnes ont encore besoin d’une aide alimentaire, et plus de 6,8 millions sont déplacées à l’intérieur du pays. « Les besoins en nourriture, en médicaments et en abris sont critiques », a indiqué un responsable de l’UNICEF présent sur place. La sécheresse persistante et les pénuries d’eau aggravent encore la situation, notamment dans le nord-est du pays, où des millions de personnes dépendent de l’aide internationale.
Les défis de la réconciliation nationale
Au-delà de l’urgence humanitaire, la Syrie doit également faire face à un processus de réconciliation nationale toujours fragile. Les divisions entre factions armées, les tensions intercommunautaires et l’absence de représentation politique inclusive freinent la reconstruction du pays. Selon BMF - International, Guterres a plaidé pour la libération des prisonniers politiques et le retour des réfugiés, deux conditions essentielles à la stabilité. « Sans justice et sans inclusion, la paix restera illusoire », a-t-il martelé.
Sur le terrain, les ONG locales rapportent des avancées timides, comme la réouverture de certaines écoles ou la reprise partielle des services publics dans certaines régions. Cependant, les défis restent immenses : mines terrestres, infrastructures détruites, et une économie en ruine. « La route vers la normalisation sera longue et semée d’embûches », a reconnu un expert onusien. Pour l’heure, l’accent reste mis sur l’aide d’urgence, mais les discussions sur la reconstruction à long terme devraient s’intensifier dans les mois à venir.
Une mobilisation internationale nécessaire mais incertaine
Malgré les appels répétés de l’ONU, la mobilisation internationale pour la Syrie reste inégale. Plusieurs pays donateurs, notamment en Europe, ont réduit leurs budgets humanitaires, invoquant des priorités concurrentes comme la guerre en Ukraine ou la crise migratoire. « Nous avons besoin d’un engagement concret, pas seulement de déclarations », a déploré Guterres. Selon BMF - International, seulement 30 % des fonds nécessaires pour répondre aux besoins humanitaires en Syrie ont été collectés en 2026, un chiffre en baisse par rapport aux années précédentes.
Face à cette situation, le secrétaire général de l’ONU a appelé à une « coalition internationale élargie », incluant les pays du Golfe, la Chine et les États-Unis, pour financer la reconstruction. Cependant, les divergences politiques et les rivalités régionales rendent cette perspective incertaine. « Sans un effort collectif, la Syrie pourrait devenir un foyer de tensions permanentes », a averti Guterres, sans pour autant proposer de solution miracle.
Alors que la communauté internationale scrute les prochaines étapes, les Syriens, eux, continuent de vivre au jour le jour, entre espoirs de paix et réalités d’un quotidien toujours aussi difficile.
Cette visite est la première effectuée par un secrétaire général de l’ONU en Syrie depuis 2009. Elle intervient dans un contexte où le pays tente de se relever après plus de dix ans de guerre civile, avec des besoins humanitaires et une reconstruction toujours en cours. Selon BMF - International, elle symbolise à la fois un geste de soutien international et un rappel des défis qui restent à relever pour la stabilité de la région.
Les principaux obstacles incluent les sanctions économiques maintenues par plusieurs pays occidentaux, les divergences politiques entre acteurs régionaux (comme la Russie, l’Iran ou les pays du Golfe), et la fragilité du processus de réconciliation nationale. Par ailleurs, les destructions massives des infrastructures et la persistance des tensions communautaires compliquent une reprise rapide de l’activité économique, comme le souligne BMF - International.