Un nouveau rebondissement judiciaire secoue la Tunisie. Selon Le Monde, Rached Ghannouchi, figure emblématique de l’opposition et président historique du parti islamiste Ennahdha, a été condamné à la perpétuité ce mardi 2 juin 2026. Le tribunal tunisien a également prononcé des peines de prison à l’encontre de plusieurs cadres du parti, allant de dix ans à la réclusion criminelle à perpétuité. Ces condamnations interviennent dans le cadre d’un procès pour « terrorisme », une accusation que la formation politique et certains médias qualifient de « politique ».

Ce qu'il faut retenir

  • Rached Ghannouchi, 84 ans, condamné à la perpétuité pour « terrorisme » par la justice tunisienne.
  • Plusieurs cadres du parti Ennahdha écopent de peines allant de dix ans à la perpétuité.
  • Les verdicts ont été rendus mardi 2 juin 2026, selon des sources judiciaires et politiques citées par Le Monde.
  • Le parti Ennahdha dénonce des « accusations motivées politiquement » et annonce son intention de faire appel.
  • Ghannouchi était déjà incarcéré depuis plusieurs mois avant ce procès.

Un procès aux enjeux politiques majeurs

La condamnation de Rached Ghannouchi, déjà incarcéré depuis plusieurs mois, marque un nouveau tournant dans la crise politique qui secoue la Tunisie depuis plusieurs années. Agé de 84 ans, l’ancien président du Parlement tunisien et cofondateur d’Ennahdha était visé par des accusations de « terrorisme » et de « complot contre la sécurité de l’État ». Ces charges, largement contestées par ses partisans, avaient été initialement portées en 2023, mais le procès s’est tenu dans un climat politique particulièrement tendu. — Autant dire que ce verdict intervient à un moment où les tensions entre le pouvoir en place et l’opposition islamiste atteignent leur paroxysme.

Des peines lourdes pour les cadres du parti

Outre Ghannouchi, le tribunal a condamné plusieurs autres dirigeants d’Ennahdha. Parmi eux, Hamadi Jebali, ancien Premier ministre, a écopé de vingt ans de prison, tandis que Ali Larayedh, ex-ministre de l’Intérieur, a été condamné à quinze ans. D’autres cadres, dont des figures moins connues du grand public, ont reçu des peines allant de dix à quinze ans de détention. Ces condamnations s’appuient sur des chefs d’accusation liés à des « projets terroristes » et à des « menées subversives », selon les attendus du tribunal. — Des éléments que le parti Ennahdha qualifie de « montages judiciaires » destinés à l’affaiblir.

La réaction immédiate d’Ennahdha

Dès l’annonce des verdicts, le parti Ennahdha a réagi avec fermeté. Dans un communiqué diffusé mardi soir, ses dirigeants ont dénoncé une « mascarade judiciaire » et affirmé leur volonté de contester ces condamnations en appel. « Ces verdicts sont politiques et visent à éliminer toute opposition légitime », a déclaré un porte-parole du mouvement, cité par Le Monde. Ghannouchi lui-même, depuis sa cellule, aurait affirmé que cette décision ne ferait que renforcer la détermination de ses partisans. — Reste à voir si cette stratégie de résistance portera ses fruits dans un contexte judiciaire déjà très polarisé.

« Ces condamnations sont une tentative de museler l’opposition et de priver le peuple tunisien de ses droits démocratiques. Nous ferons appel et continuerons à lutter pour la justice. »
Communiqué d’Ennahdha, 2 juin 2026

Et maintenant ?

Les prochaines étapes judiciaires s’annoncent décisives. D’ici quelques semaines, les avocats d’Ennahdha devraient déposer leurs recours en appel, un processus qui pourrait s’étaler sur plusieurs mois, voire années. Par ailleurs, la situation politique en Tunisie reste extrêmement volatile : le pouvoir en place, accusé par l’opposition de dérive autoritaire, pourrait durcir sa position dans les semaines à venir. Enfin, la communauté internationale, notamment les organisations de défense des droits de l’homme, pourrait être amenée à réagir face à ce qu’elles qualifient déjà de « criminalisation de l’opposition ». — Une chose est sûre : ce verdict ne clôt pas le dossier, bien au contraire.

Cette condamnation s’inscrit dans une série de mesures judiciaires et politiques visant des figures de l’opposition en Tunisie. Depuis 2021, plusieurs leaders politiques, issus aussi bien des rangs islamistes que de la gauche laïque, ont été arrêtés ou jugés pour des motifs variés, souvent perçus comme des moyens de museler toute critique envers le gouvernement. — Reste à voir si ce procès marquera un tournant dans la gestion de l’opposition ou, au contraire, l’escalade d’un conflit politique sans issue.

Les dirigeants d’Ennahdha ont été condamnés pour « terrorisme », « complot contre la sécurité de l’État » et « menées subversives ». Selon les autorités judiciaires tunisiennes, ces accusations s’appuient sur des projets présumés de déstabilisation du pays. Le parti et ses soutiens dénoncent des « accusations fabriquées de toutes pièces » pour des raisons politiques.