Une université chinoise a lancé une enquête approfondie après la révélation, par des médias internationaux, d’un décès non signalé lors d’un essai clinique de thérapie génique sur une fillette de six ans. Mei, c’est le pseudonyme utilisé pour protéger son identité, est décédée environ une semaine après avoir reçu une perfusion intraspinale contenant des milliards de vecteurs viraux conçus pour pénétrer son cerveau à des fins thérapeutiques.

Selon BMF - International, cet essai clinique visait à corriger une maladie génétique rare responsable d’un retard de développement cognitif. Les faits ont été rapportés par Science et Retraction Watch, deux publications spécialisées dans l’analyse des recherches scientifiques. L’université Jiao Tong de Shanghai, où l’essai était mené, a confirmé la mise en place d’un groupe de travail dédié pour examiner les circonstances de ce décès.

Ce qu'il faut retenir

  • Une fillette de six ans, désignée sous le pseudonyme Mei, est décédée en 2025 après avoir reçu une thérapie génique expérimentale au cerveau.
  • Le décès n’a pas été mentionné dans une étude publiée par le chercheur principal, le neuroscientifique Zilong Qiu.
  • Les parents de Mei ont financé l’expérience à hauteur de plus de 800 000 dollars, sans avoir été pleinement informés des risques encourus.
  • L’université Jiao Tong de Shanghai a ouvert une enquête et promet des mesures sévères en cas de manquement.
  • Ce décès survient dans un contexte de rivalité accrue entre la Chine et les États-Unis dans le domaine biomédical.

Un essai clinique aux ambitions scientifiques majeures

La thérapie génique expérimentale administrée à Mei visait à corriger une mutation génétique responsable d’un retard de développement cognitif. D’après BMF - International, l’objectif était de réécrire le gène mutant dans les neurones de la fillette pour lui permettre de produire une protéine essentielle à son développement. Zilong Qiu, neuroscientifique et chercheur principal du projet, avait initialement publié dans la revue Nature des études animales liées à cette recherche, mais sans mentionner Mei ou son décès.

Cet essai représentait une première mondiale : une tentative de thérapie d’édition génétique ciblant directement le cerveau humain. Les vecteurs viraux utilisés, au nombre de plusieurs milliers de milliards, devaient pénétrer le système nerveux central via une injection intraspinale. Cependant, la jeune patiente n’a pas survécu à cette intervention, un fait qui n’a été révélé que bien plus tard.

Des manquements éthiques et un décès non signalé

L’un des aspects les plus controversés de cette affaire concerne l’absence d’information des parents sur les risques encourus. Selon le rapport de Science et Retraction Watch, ces derniers avaient investi plus de 800 000 dollars pour financer l’expérience, sans être pleinement avertis des dangers potentiels. Ce manque de transparence soulève des questions sur le respect des protocoles éthiques en vigueur dans les essais cliniques.

Par ailleurs, le décès de Mei n’a pas été intégré dans les publications scientifiques ultérieures, notamment dans l’article de Zilong Qiu publié dans Nature. Cette omission interroge sur l’intégrité de la recherche menée et sur les procédures de contrôle mises en place par l’institution. L’université Jiao Tong de Shanghai a reconnu l’importance de l’affaire et a annoncé la création d’un groupe de travail pour faire la lumière sur ces manquements.

« La faculté de médecine accorde une grande importance à l’intégrité de la recherche scientifique ainsi qu’aux normes éthiques. Elle s’oppose fermement à toute conduite de recherches médicales ou scientifiques en violation de l’éthique. »

— Communiqué de l’université Jiao Tong de Shanghai, 26 juillet 2026

Un précédent fâcheux dans la course biomédicale chinoise

Ce décès non divulgué intervient dans un contexte où la Chine cherche à s’imposer comme une puissance majeure dans le domaine de la biotechnologie. En 2018, le biophysicien He Jiankui avait suscité un tollé international après avoir annoncé la naissance de bébés génétiquement modifiés, une expérience menée en secret et condamnée par la communauté scientifique.

L’affaire Mei pourrait donc porter un nouveau coup à la crédibilité de la Chine dans ce secteur. Les ambitions affichées par Pékin pour rivaliser avec les États-Unis en matière d’innovation biomédicale se heurtent désormais à des questions persistantes sur la rigueur des protocoles de recherche et le respect des normes éthiques. Les autorités chinoises, conscientes du risque, ont multiplié les déclarations pour réaffirmer leur engagement en faveur d’une recherche transparente et éthique.

Et maintenant ?

L’enquête ouverte par l’université Jiao Tong de Shanghai devrait rendre ses conclusions d’ici la fin de l’été 2026. Selon les informations disponibles, des mesures sévères pourraient être prises à l’encontre des responsables, en fonction des manquements identifiés. Parallèlement, la communauté scientifique internationale attend des clarifications sur les protocoles de sécurité mis en place lors de cet essai clinique.

Ce décès rappelle également l’importance de renforcer les mécanismes de contrôle et de transparence dans les essais cliniques, notamment lorsqu’ils impliquent des patients mineurs ou des traitements expérimentaux à haut risque.

Pour l’instant, les parents de Mei n’ont pas fait de déclaration publique. Leur avocat, contacté par Retraction Watch, n’a pas répondu aux sollicitations. Quant à Zilong Qiu, il n’a pas réagi aux accusations de manque de transparence, se contentant de publier des travaux complémentaires sur des modèles animaux.

Mei souffrait d’une maladie génétique rare responsable d’un retard de développement cognitif. L’essai de thérapie génique visait à corriger la mutation génétique responsable de ce trouble en réécrivant le gène mutant dans ses neurones pour lui permettre de produire une protéine essentielle.

L’université Jiao Tong de Shanghai a annoncé que des mesures sévères seraient prises en fonction des conclusions de l’enquête. Ces mesures pourraient inclure des sanctions disciplinaires à l’encontre des chercheurs impliqués, ainsi que des poursuites pénales si des manquements graves à l’éthique ou à la réglementation sont avérés. La famille de Mei pourrait également engager des poursuites civiles pour obtenir réparation.