Une récente enquête révèle qu'Aircraft Industries, un constructeur aéronautique européen, a fourni en toute discrétion au moins quatre avions à la dictature militaire birmane entre septembre 2024 et octobre 2025, en violation des sanctions de l'Union européenne. Ces avions polyvalents de type Let 410 peuvent être utilisés pour le transport de passagers, des missions d'ambulance, mais aussi pour des besoins militaires, y compris des opérations de surveillance.
Malgré l'interdiction de vendre des armes à la Birmanie et des biens à double usage, Aircraft Industries n'a pas rendu publiques ces transactions et a même dissimulé les données de vol d'un des avions. L'entreprise affirme pourtant que ces avions sont exclusivement dédiés à un usage civil en Birmanie, se conformant ainsi aux réglementations européennes. Cependant, des preuves recueillies par Le Monde et Myanmar Witness démontrent que ces avions ont bien été utilisés par l'armée de l'air birmane.
Ce qu'il faut retenir
- Aircraft Industries a livré au moins quatre avions à la junte birmane entre septembre 2024 et octobre 2025.
- Les avions Let 410 vendus sont polyvalents, adaptés à des usages civils et militaires.
- L'entreprise tchèque a dissimulé les données de vol d'un des avions, malgré les régulations européennes.
Suspicion de violation des sanctions européennes
L'Union européenne a imposé des sanctions interdisant la vente d'armes et de biens à double usage à la Birmanie. En ne respectant pas ces directives, Aircraft Industries risque de contrevenir aux régulations européennes en vigueur. Les autorités compétentes pourraient être amenées à enquêter sur ces transactions et prendre des mesures appropriées.
Position de l'entreprise et investigations en cours
Aircraft Industries a confirmé les livraisons, mais insiste sur l'aspect civil de leur utilisation en Birmanie. Cependant, les investigations en cours suggèrent une implication directe de ces avions dans les opérations de l'armée de l'air birmane. Il est essentiel que la lumière soit faite sur ces pratiques et que les responsabilités soient établies.
En conclusion, cette affaire soulève des questions importantes sur le respect des embargos et des régulations internationales, mettant en lumière les défis liés au contrôle des exportations sensibles vers des régimes autoritaires.
