Les chefs d’entreprise français traversent une période de profonde inquiétude, marquée à la fois par un climat économique jugé défavorable et une montée des violences urbaines qui pèsent sur leur moral. Selon nos confrères de BFM Business, les entrepreneurs réclament désormais des réponses concrètes de la part des candidats à la présidentielle de 2026, alors que les signaux d’alerte se multiplient.
Ce qu'il faut retenir
- 20 000 participants à la Rencontre des entrepreneurs (REF) en 2026, un chiffre qui reflète l’ampleur de la mobilisation.
- Les chefs d’entreprise dénoncent une « politique de l’offre » jugée inefficace, selon Sophie Taillé-Polian, députée écologiste et sociale.
- Un restaurateur, Stéphane Manigold, alerte sur un « climat délétère d’angoisse » alimenté par une partie de la classe politique.
- Michel Picon, président de l’Union des entreprises de proximité, exige un débat approfondi sur le modèle économique.
- L’interpellation ce mardi 26 août 2026 de l’auteur du poignardage d’un cycliste à Paris, dont le pronostic vital n’est plus engagé, illustre les tensions sociales actuelles.
Un malaise économique palpable avant la présidentielle
Alors que la campagne pour l’élection présidentielle de 2026 s’engage, les patrons français expriment leur frustration face à l’absence de mesures tangibles. D’après BFM Business, les entrepreneurs attendent des propositions claires, notamment sur la fiscalité et la simplification administrative. « On a besoin de concret, pas de discours », résume un dirigeant du secteur industriel interrogé hors antenne.
La Rencontre des entrepreneurs (REF), qui a réuni plus de 20 000 participants en 2026, s’est tenue dans un climat de défiance. Michel Picon, président de l’Union des entreprises de proximité (U2P), a appelé à un « gros débat sur notre modèle économique ». Pour lui, la crise actuelle dépasse les clivages politiques et interroge la compétitivité française à long terme.
La violence urbaine, un nouveau front pour les entrepreneurs
Le contexte économique n’est pas le seul sujet de préoccupation. Les violences urbaines, symbolisées par l’agression d’un cycliste à Paris mardi 26 août 2026, alimentent un sentiment d’insécurité chez les chefs d’entreprise. L’auteur des faits a été interpellé en fin de journée, mais le choc reste intact. Pierre Chasseray, secrétaire général de l’association 40 millions d’automobilistes, a dénoncé une « montée de la violence [qui] devient inadmissible ».
Cette affaire s’ajoute à une série d’incidents qui touchent aussi bien les commerçants que les usagers des transports. Dan Lert, adjoint au maire de Paris chargé des Transports, a indiqué être « consterné et horrifié » par cette tendance. Un avis partagé par Stéphane Manigold, restaurateur parisien, qui juge qu’une « partie de la classe politique crée un climat délétère d’angoisse » en entretenant des discours anxiogènes.
Des solutions émergent, mais restent insuffisantes
Face à cette double crise, certains acteurs tentent de proposer des pistes. Bruno Le Maire a récemment publié un manifeste dans lequel il défend une relance par l’offre, mais les critiques restent vives. Sophie Taillé-Polian, députée écologiste et sociale, a ainsi affirmé que « la politique de l’offre qui est mise en œuvre est un échec ». Pour elle, les mesures actuelles privilégient les grands groupes au détriment des TPE et PME, fragilisées par la hausse des coûts et les contraintes réglementaires.
Dans ce contexte, des initiatives locales émergent. Des entrepreneurs parisiens, par exemple, testent des modèles innovants comme la fabrication de cookies à base de déchets plastiques, une démarche à la fois écologique et économique. Pourtant, ces exemples restent marginaux face à l’ampleur des défis.
L’enjeu est double : éviter une fuite des talents et des investissements, tout en garantissant la sécurité des acteurs économiques. La balle est désormais dans le camp des décideurs politiques, dont les propositions devront être évaluées à l’aune de leur capacité à restaurer la confiance.
Selon BFM Business, les patrons attendent des mesures concrètes sur la fiscalité, la simplification administrative et la sécurité. Ils réclament également un débat sur le modèle économique français, jugé trop favorable aux grands groupes au détriment des TPE et PME.