En République démocratique du Congo (RDC), l’épidémie d’Ebola montre des signes encourageants de recul, tandis que les décisions judiciaires majeures se multiplient en Afrique du Nord et en Europe. Selon France 24, la situation sanitaire s’améliore progressivement dans les zones touchées, mais les autorités maintiennent l’état d’urgence sanitaire. Parallèlement, la Cour de cassation française a définitivement rejeté le pourvoi de l’ancienne infirmière française contaminée par Ebola en 2019, confirmant sa condamnation à cinq ans de prison avec sursis. En Tunisie, le leader islamiste Rached Ghannouchi a écopé d’une peine de prison à perpétuité dans le cadre d’un procès politique controversé.

Ce qu'il faut retenir

  • En RDC, l’épidémie d’Ebola recule, avec une baisse significative des nouveaux cas signalés ces dernières semaines.
  • Les autorités congolaises maintiennent cependant l’état d’urgence sanitaire dans les provinces concernées.
  • En France, la Cour de cassation a définitivement rejeté le pourvoi de Sophie Gleizes, ancienne infirmière condamnée pour avoir menti sur son exposition à Ebola.
  • Sophie Gleizes, contaminée en 2019 lors de son rapatriement depuis la Guinée, avait été condamnée en 2021 à cinq ans de prison avec sursis.
  • En Tunisie, Rached Ghannouchi, figure historique du parti Ennahdha, a été condamné à la prison à perpétuité dans une affaire de « complot contre la sécurité de l’État ».
  • Le procès de Ghannouchi, accusé de « complot contre la sécurité de l’État » et de « terrorisme », s’est tenu dans un climat politique tendu.

En RDC, Ebola en recul mais l’état d’urgence persiste

Les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo ont enregistré une nette diminution des cas d’Ebola ces dernières semaines. Selon les chiffres communiqués par le ministère de la Santé congolais et relayés par France 24, le nombre de nouveaux cas confirmés est passé de plusieurs dizaines par semaine en début d’année à moins de dix en mai 2026. Cette amélioration s’explique par la mobilisation accrue des équipes médicales sur le terrain, ainsi que par la campagne de vaccination ciblée dans les zones à risque.

Pourtant, malgré ce recul, le gouvernement congolais a décidé de maintenir l’état d’urgence sanitaire dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, épicentre de l’épidémie. « La vigilance reste de mise, car le virus circule encore à bas bruit », a précisé un porte-parole du ministère de la Santé lors d’une conférence de presse à Kinshasa. Les autorités rappellent également l’importance des gestes barrières et de la surveillance épidémiologique pour éviter une résurgence.

Sophie Gleizes : la justice française met un point final à son affaire

La Cour de cassation française a définitivement scellé le sort de Sophie Gleizes, ancienne infirmière de l’hôpital Bichat à Paris, contaminée par le virus Ebola en 2019 lors de son rapatriement depuis la Guinée. Dans un arrêt rendu public ce 3 juin 2026, la plus haute juridiction française a rejeté son pourvoi, confirmant ainsi sa condamnation à cinq ans de prison avec sursis prononcée en première instance en 2021. Sophie Gleizes avait été reconnue coupable d’avoir menti sur son exposition au virus, une omission qui avait retardé sa prise en charge médicale et exposé son entourage à un risque de contamination.

« La Cour a estimé que les mensonges de Sophie Gleizes avaient pu compromettre la lutte contre l’épidémie », a indiqué Me Jean-Luc Nkili, son avocat, avant d’ajouter que cette décision marquait « la fin d’un long calvaire judiciaire ». Sophie Gleizes, aujourd’hui retraitée de la fonction publique hospitalière, a toujours clamé son innocence, affirmant avoir agi par peur et méconnaissance des protocoles. Son avocat a annoncé qu’il étudiait la possibilité d’un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Tunisie : Rached Ghannouchi condamné à la prison à perpétuité

En Tunisie, la justice a rendu un verdict historique en condamnant Rached Ghannouchi, cofondateur et ancien chef du parti islamiste Ennahdha, à la prison à perpétuité. Le tribunal de première instance de Tunis l’a reconnu coupable de « complot contre la sécurité de l’État », de « terrorisme » et de « tentative de changement de la nature du régime » dans le cadre d’un procès groupé contre plusieurs figures de l’opposition. Selon France 24, le procès s’est tenu dans un climat politique particulièrement tendu, marqué par des accusations de partialité de la part de la défense et des organisations de défense des droits de l’homme.

« Ce verdict est une mascarade judiciaire et une atteinte aux principes démocratiques », a dénoncé Wahid Ferchichi, porte-parole d’Ennahdha, lors d’une conférence de presse improvisée. Ghannouchi, 80 ans, purge déjà une peine de trois ans de prison dans une autre affaire, liée à des soupçons de blanchiment d’argent. Ses partisans dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins politiques, alors que le président tunisien Kaïs Saïed multiplie les mesures autoritaires depuis 2021. La défense a annoncé qu’elle ferait appel du jugement.

Et maintenant ?

En RDC, les autorités sanitaires tablent sur une disparition progressive de l’épidémie d’ici la fin de l’année 2026, à condition que la vigilance reste de mise. Une mission d’évaluation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est prévue pour septembre 2026 afin de statuer sur la levée éventuelle de l’état d’urgence sanitaire. En France, la condamnation définitive de Sophie Gleizes pourrait servir de référence pour les prochains procès liés à la gestion de crises sanitaires. En Tunisie, le sort de Rached Ghannouchi devrait être scellé lors de l’appel, dont la date n’a pas encore été fixée par la justice.

Ces décisions judiciaires et cette amélioration sanitaire surviennent dans un contexte régional marqué par une instabilité politique persistante en Tunisie et une recrudescence des tensions dans la région du Sahel. Elles rappellent également l’importance de la transparence dans la gestion des crises sanitaires et la nécessité de garantir l’indépendance de la justice.

Les autorités congolaises justifient ce maintien par la persistance de cas sporadiques et la crainte d’une résurgence du virus. L’état d’urgence permet de renforcer les mesures de surveillance et d’intervention rapide en cas de nouveau foyer épidémique.