Le groupe minier Eramet a connu une année difficile en 2025, marquée par des pertes financières importantes et une crise de gouvernance. Le titre a chuté de 23,6% à la Bourse de Paris le 19 février, accusant sa plus importante baisse depuis décembre 2018.
Les résultats du groupe minier ont été très faibles en 2025, avec un chiffre d'affaires ajusté reculant de 7% en glissement annuel, pour atteindre 3,155 milliards d'euros. Le résultat brut d'exploitation (Ebitda) ajusté a également chuté de 54% à 372 millions d'euros, pénalisé par des effets prix et des change défavorables.
Les pertes financières et la crise de gouvernance
Eramet a publié des résultats extrêmement faibles pour l'année écoulée, selon l'analyste Varun Sikka de AlphaValue. La société a également traversé une grave crise de gouvernance, avec des divergences avec son capitaine et la suspension des fonctions de son directeur financier.
Le groupe minier a également présenté un bilan financier peu flatteur, avec une dette nette proche des 2 milliards d'euros à fin décembre 2025. Eramet a donc dévoilé une série de mesures destinées à muscler son bilan, à savoir des cessions d'actifs et un renforcement des fonds propres de 500 millions d'euros en 2026.
La recapitalisation et ses implications
Eramet a annoncé un projet de recapitalisation pour renforcer son bilan, qui pourrait être lancé après l'Assemblée générale de mai. Cette opération pourrait être fortement dilutive pour les actionnaires existants, selon l'analyste Maxime Kogge d'Oddo BHF.
Le gouvernement français pourrait également soutenir cette opération, compte tenu des enjeux de souveraineté (approvisionnement en métaux critiques). Cependant, la seule raison possible pour laquelle Eramet pourrait rester à flot dans cette situation chaotique est en grande partie due au soutien indéfectible de l'État français.
Le futur de Eramet
Eramet aborde l'année 2026 englué dans une grave crise de gouvernance et dans une situation financière précaire. Le groupe minier doit encore trouver un nouveau dirigeant, Christel Bories n'exerçant cette fonction qu'à titre intérimaire. Cette période de flou devrait entraîner une forte volatilité sur le titre tant que les modalités de l'augmentation de capital ne sont pas connues.
Questions en suspens
La recapitalisation pourrait être fortement dilutive pour les actionnaires existants, selon l'analyste Maxime Kogge d'Oddo BHF.
Le gouvernement français pourrait soutenir la recapitalisation de Eramet compte tenu des enjeux de souveraineté (approvisionnement en métaux critiques).
Ces questions laissent en suspens le futur de Eramet et la capacité du groupe minier à se relever de cette crise de gouvernance et financière. La surveillance des évolutions de la situation est donc essentielle pour comprendre les implications de cette opération pour les actionnaires et les investisseurs.
