Après une décennie d’absence discographique, le musicien Eric Lévi, fondateur du projet Era, revient avec un nouvel album intitulé « Era VIII », disponible depuis aujourd’hui, vendredi 29 mai 2026. Selon Franceinfo - Culture, cette sortie marque un tournant dans l’histoire du groupe, connu pour ses compositions mystiques et cinématographiques, et s’accompagne d’une grande tournée intitulée The Ameno Tour, dont la première date parisienne est prévue à l’Accor Arena le 4 mars 2028. Avec plus de 15 millions d’albums vendus depuis 1997 et des milliards d’écoutes à travers le monde, Era s’est imposé comme un phénomène musical intemporel.
Ce qu'il faut retenir
- « Era VIII », premier album studio d’Era depuis près de dix ans, sort aujourd’hui, 29 mai 2026.
- Eric Lévi, fondateur du projet, décrit ce retour comme « un nouveau départ », dans le même état d’esprit que lors de la création du premier album.
- La tournée The Ameno Tour débutera en mars 2028 à l’Accor Arena à Paris.
- Era a vendu plus de 15 millions d’albums depuis 1997 et cumule des milliards d’écoutes mondiales.
- Le projet Era est né d’une volonté de créer une musique « hors du temps », sans paroles, pour toucher les émotions directement.
Un nouveau départ, 30 ans après « Ameno »
Pour Eric Lévi, le créateur d’Era, ce nouvel album représente bien plus qu’un simple retour. « Je suis dans le même état d’esprit qu’au premier album », a-t-il confié à Franceinfo. « Je ne suis pas dans le confort, je me remets souvent en question. Pour moi, c’est tout neuf, c’est comme un nouveau départ. » Cette philosophie reflète une démarche artistique constante, où l’incertitude et l’innovation priment sur la facilité. Le succès planétaire d’Ameno, sorti en 1997, a souvent été présenté comme un coup de maître improbable : à l’époque, les maisons de disques avaient systématiquement fermé la porte au projet, jugé trop atypique et éloigné des tendances musicales.
Pourtant, le public a transformé Era en phénomène mondial. Le musicien explique cette réussite par une volonté initiale de créer une musique « basée uniquement sur les émotions », sans texte pour ne pas « polluer » la puissance des mélodies. « Pour moi, si la musique réussit à toucher et à ouvrir des émotions, il y a un côté mystique et spirituel aussi », souligne-t-il. Le langage inventé d’Era, ainsi que ses sonorités inspirées de la musique classique et du metal symphonique, ont forgé une identité sonore unique, où la voix humaine joue un rôle central dans l’expression des émotions.
Des racines classiques et un héritage rock
L’histoire d’Era ne commence pas avec le projet lui-même, mais bien avant, dans l’enfance et la jeunesse d’Eric Lévi. « Tous les week-ends, mon père écoutait du Bach, du Beethoven, tous les grands maîtres de l’époque », confie-t-il. Cette immersion précoce dans la musique classique a façonné son approche artistique, tout comme son admiration pour des groupes comme Led Zeppelin ou Black Sabbath. « Il y a une vraie passerelle entre la musique classique et le metal symphonique. Il y a cette même force avec un côté dramatique », explique-t-il. Avant Era, Eric Lévi a d’ailleurs connu une carrière dans le rock, notamment avec le groupe Shaking Street, ou en tant que musicien de tournée pour AC/DC et Black Sabbath.
Mais c’est en 1995 que l’idée d’Era prend forme dans son esprit. « J’ai vécu toutes ces années de groupes de hard rock et de tournées avec des personnalités très différentes », raconte-t-il. Décidé à créer un univers visuel et sonore à part, il opte pour un style médiéval et heroic fantasy, un choix alors jugé risqué par les labels. « Ce projet était totalement hors tendance, un peu intemporel. Toutes les maisons de disques m’ont fermé leurs portes avant que le public ne transforme Era en phénomène mondial », précise-t-il. Ironie du sort, l’essor du genre médiéval et fantastique, popularisé par le succès du Seigneur des Anneaux en 2003, a finalement confirmé la pertinence de son intuition.
Un titre historique pour les Journées mondiales de la jeunesse en 1997
Parmi les moments marquants de sa carrière, Eric Lévi cite la composition du titre I Believe, écrit pour les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de 1997 à Paris. Le morceau, interprété par Andrea Bocelli et Dee Dee Bridgewater devant près de 900 000 personnes, avait été commandé par le maestro coréen Myung-Whun Chung via un appel d’offres. « Ce qui m’a marqué, c’est la rencontre avec le cardinal Lustiger », raconte-t-il. Ce dernier, prêtre dans le 15ᵉ arrondissement de Paris pendant la Seconde Guerre mondiale, avait connu sa grand-mère, Madame Maurice. « Il m’a ramené à l’entrée de son appartement et, dans l’entrée, je lui ai demandé s’il connaissait Madame Maurice. Il a eu un choc en apprenant qu’il s’agissait de ma grand-mère », explique-t-il, amusé par cette coïncidence qui « boucle la boucle » selon ses propres termes.
Ce titre, comme bien d’autres dans le répertoire d’Era, illustre la dimension universelle et spirituelle que le musicien souhaite donner à sa musique. « Pour moi, la musique a ce pouvoir de toucher les gens et de leur ouvrir des émotions, comme une bande-son de film sans le film », résume-t-il. Une philosophie qui a guidé toute sa carrière, des groupes de rock aux musiques de film, en passant par les projets plus personnels comme Era.
Une tournée événement pour célébrer le retour d’Era
Avec la sortie de « Era VIII » et le lancement de The Ameno Tour, Eric Lévi et son équipe préparent une série de concerts événement, dont le premier est prévu à l’Accor Arena le 4 mars 2028. Cette tournée s’annonce comme un hommage à l’héritage du groupe tout en célébrant ce nouveau chapitre. Pour les fans, c’est l’occasion de retrouver une musique qui, depuis près de trente ans, continue de traverser les époques et les frontières.
Alors que le projet Era a souvent été associé à une certaine forme de mystère et de spiritualité, Eric Lévi rappelle que tout est né d’une volonté de créer quelque chose d’authentique et d’émotionnel. « Je ne pars jamais gagnant, chaque album est une nouvelle aventure », confie-t-il. Avec « Era VIII », il semble prêt à repartir sur cette voie, avec la même passion et la même remise en question que lors des débuts.
Pour Eric Lévi, ce nouvel album est avant tout une question de passion et d’émotion. « Je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve, mais une chose est sûre : je continuerai à créer de la musique avec la même intensité », conclut-il.
Selon Eric Lévi, « Era VIII » représente un retour aux sources, avec la même volonté de créer une musique émotionnelle et intemporelle que lors de la création du premier album. Il insiste sur le fait qu’il ne part pas « gagnant » et que chaque projet est une nouvelle aventure, sans chercher à reproduire le passé.