Les autorités espagnoles ont annoncé, mardi 31 mars 2026, l’arrestation d’une vingtaine de personnes et la saisie de plusieurs tonnes de haschich après la découverte d’un vaste réseau souterrain destiné à acheminer des stupéfiants entre l’enclave espagnole de Ceuta et le Maroc. Selon Libération, cette infrastructure, qualifiée de « très très puissante » par les enquêteurs, reliait directement les deux rives de la Méditerranée sous des installations de service public.

Ce qu'il faut retenir

  • Arrestation de plus de 20 personnes par les autorités espagnoles le 31 mars 2026.
  • Saisie de plusieurs tonnes de haschich dans le cadre de l’opération.
  • Mise au jour d’un narco-tunnel reliant Ceuta (Espagne) au Maroc, traversant des infrastructures critiques.
  • Le réseau était décrit comme étant géré par une « organisation très très puissante » par les enquêteurs.
  • L’enclave de Ceuta, située en territoire marocain mais sous souveraineté espagnole, est un point stratégique pour les trafics.

Un tunnel clandestin exploitant les réseaux publics

Les investigations menées par les forces de l’ordre espagnoles ont révélé l’existence d’un tunnel creusé sous des infrastructures essentielles, notamment le réseau électrique et un système d’insonorisation, afin de dissimuler le passage de stupéfiants. D’après Libération, ce dispositif, long de plusieurs centaines de mètres, permettait de relier directement Ceuta à des zones contrôlées par des réseaux criminels au Maroc. Les autorités ont précisé que la construction de ce tunnel avait nécessité des moyens techniques et logistiques importants, signe d’une organisation criminelle bien structurée.

Ceuta, enclavée entre le Maroc et la mer Méditerranée, constitue depuis des années un point de transit majeur pour les trafics de drogue en direction de l’Europe. Le gouverneur civil de la ville, cité par les médias locaux, a souligné que cette découverte illustrait « l’ingéniosité croissante des réseaux criminels, prêts à investir dans des infrastructures clandestines pour contourner les contrôles ».

Une opération coordonnée contre un trafic transfrontalier

L’enquête, baptisée « Opération Tunnel », a mobilisé plusieurs services de police et de gendarmerie espagnols, ainsi que des experts en criminalistique. Les perquisitions menées dans la région de Ceuta ont permis de saisir non seulement des quantités importantes de haschich, mais aussi du matériel de forage et des documents financiers. Comme le rapporte Libération, les autorités estiment que ce réseau était actif depuis au moins deux ans, avec des livraisons régulières de drogue vers l’Europe.

Les personnes interpellées, dont certaines seraient des figures connues des services de police, sont mises en examen pour « trafic international de stupéfiants » et « association de malfaiteurs ». Les enquêteurs n’excluent pas que d’autres arrestations puissent intervenir dans les prochaines semaines, alors que l’enquête se poursuit pour démanteler l’ensemble de l’organisation.

Ceuta, un territoire sous haute tension

L’enclave espagnole de Ceuta, située à seulement 14 kilomètres des côtes marocaines, est depuis longtemps un territoire sous surveillance accrue en raison de sa position géographique. Selon des sources sécuritaires, ce trafic souterrain s’ajoute à d’autres formes de contrebande, comme les produits alimentaires ou les carburants, qui alimentent les réseaux criminels de part et d’autre de la frontière. Les autorités marocaines, contactées par les enquêteurs espagnols, ont confirmé leur collaboration dans cette affaire.

Le ministre espagnol de l’Intérieur a déclaré, lors d’une conférence de presse, que cette opération marquait « un coup dur porté aux organisations criminelles exploitant les failles des infrastructures publiques ». Il a également rappelé que l’Espagne restait « déterminée à lutter contre le trafic de drogue, quel que soit le niveau de sophistication des réseaux ».

Et maintenant ?

Les autorités espagnoles ont annoncé qu’elles allaient renforcer les contrôles aux frontières de Ceuta et de Melilla, une autre enclave espagnole au Maroc, afin d’éviter la réapparition de tels dispositifs. Une réunion entre les ministres de l’Intérieur espagnol et marocain est prévue d’ici la fin du mois d’avril pour coordonner les actions futures. Reste à voir si cette affaire entraînera des modifications législatives en Espagne, notamment sur la surveillance des infrastructures publiques.

Cette découverte rappelle également les défis posés par les narco-tunnels, dont plusieurs exemples ont déjà été signalés en Europe, notamment en Italie et en France. Les enquêtes pourraient révéler des liens avec d’autres réseaux criminels opérant en Méditerranée.

Les autorités espagnoles ont indiqué qu’elles allaient poursuivre les investigations pour identifier l’ensemble des membres du réseau et démanteler les autres infrastructures clandestines. Une réunion entre l’Espagne et le Maroc est prévue d’ici la fin avril pour renforcer la coopération transfrontalière.