Dans la province d’Ávila, au centre de l’Espagne, les feux de forêt ont ravagé plus de 77 000 hectares ces dernières semaines. Selon RFI, ces incendies figurent parmi les plus graves des dernières années dans le pays, laissant derrière eux des paysages calcinés et des écosystèmes dévastés.

Ce qu'il faut retenir

  • 77 000 hectares de forêt partis en fumée en Espagne lors des récents incendies, parmi les pires des dernières années.
  • Dans la commune d’El Tiemblo, les habitants ont sauvé une forêt de châtaigniers centenaires, dont un spécimen de plus de 500 ans surnommé « le Grand-père ».
  • Cette réserve naturelle, située près de Madrid, est un site reconnu pour son patrimoine végétal historique.
  • Les habitants ont agi rapidement et de manière improvisée pour protéger l’arbre emblématique.
  • Les feux ont particulièrement touché la province d’Ávila, dans le centre du pays.

C’est une victoire locale dans un bilan national lourd. Dans le centre de l’Espagne, la province d’Ávila porte encore les stigmates des flammes qui ont réduit en cendres des milliers d’hectares de forêt. Pourtant, dans la commune d’El Tiemblo, à moins de 100 kilomètres de Madrid, un symbole de résistance a été préservé. Grâce à l’intervention rapide de ses habitants, une forêt de châtaigniers centenaires a été sauvée des flammes — et avec elle, un arbre mythique de plus de cinq siècles.

Ce châtaignier, surnommé « le Grand-père » par les habitants, incarne à lui seul l’histoire de cette réserve naturelle. Selon les estimations locales, il aurait plus de 500 ans, un âge qui en fait l’un des plus anciens spécimens de la région. Sa survie n’a rien d’anodin : les pompiers et les autorités espagnoles peinent souvent à contenir la progression des incendies, surtout en période de sécheresse et de vents violents.

« Sans l’intervention des habitants, ‘le Grand-père’ aurait probablement succombé aux flammes. Ils ont formé une chaîne humaine, arrosé les alentours et creusé des tranchées pour stopper l’avancée du feu. Leur réaction a été décisive. »

— Un porte-parole de la mairie d’El Tiemblo, cité par RFI

Cette mobilisation improvisée illustre l’attachement des riverains à leur patrimoine naturel. La forêt de châtaigniers d’El Tiemblo n’est pas seulement un poumon vert pour la région : elle est aussi un site touristique et culturel, fréquenté pour ses paysages et son histoire. La réserve, située en bordure de la sierra de Gredos, attire chaque année des visiteurs venus admirer ses arbres bicentenaires ou plus.

Les incendies en Espagne ont pris une ampleur particulière cette année, en raison des conditions météorologiques extrêmes. Après un hiver sec et un printemps marqué par des températures précocement élevées, les forêts du centre du pays sont devenues particulièrement vulnérables. Selon les données du ministère espagnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation, plus de 77 000 hectares ont déjà été détruits depuis le début de la saison estivale — un chiffre qui pourrait encore augmenter avec les vagues de chaleur annoncées pour août.

Et maintenant ?

Les autorités espagnoles devraient prochainement présenter un bilan définitif des incendies, incluant les superficies touchées par département et les pertes économiques estimées. Une réunion du comité de crise est prévue pour le 15 août 2026 afin de coordonner les moyens de prévention pour la fin de l’été. Dans le même temps, des associations locales demandent un renforcement des patrouilles préventives dans les zones à risque, comme la sierra de Gredos.

À El Tiemblo, la priorité reste la surveillance accrue des massifs forestiers. Les habitants, bien que soulagés, restent sur le qui-vive. « On a gagné une bataille, mais pas la guerre », a déclaré un membre de l’association des amis de la réserve. Reste à savoir si cette expérience incitera les pouvoirs publics à mieux protéger les sites naturels emblématiques face à l’aggravation des risques climatiques.

Selon les experts, la combinaison d’un hiver sec, de températures précocement élevées et de vents forts a créé des conditions idéales pour la propagation des feux. Le bilan provisoire de 77 000 hectares détruits en fait l’une des pires saisons depuis plusieurs années.