Dès cet été, les automobilistes espagnols pourraient découvrir de nouveaux équipements de contrôle routier d’un genre inédit. Des radars LiDAR 3D, intégrant l’intelligence artificielle, devraient être déployés sur certaines portions du réseau routier espagnol. Leur particularité ? Leur capacité à détecter des infractions en temps réel, bien avant que les conducteurs ne perçoivent le moindre danger. « Quand vous les voyez, il est déjà trop tard », résume José Eugenio Naranjo, docteur en informatique et spécialiste des systèmes de transport intelligents, qui a participé au développement de cette technologie.
Selon Journal du Geek, ces dispositifs représentent une évolution majeure dans la lutte contre les excès de vitesse et les comportements dangereux au volant. Contrairement aux radars classiques, souvent limités à une mesure ponctuelle de la vitesse, ces nouveaux systèmes analysent en continu l’environnement routier. Ils sont capables de repérer plusieurs types d’infractions simultanément : excès de vitesse, franchissement de ligne continue, non-respect des distances de sécurité, voire même l’usage du téléphone au volant.
Ce qu'il faut retenir
- Des radars LiDAR 3D équipés d’IA seront déployés en Espagne dès l’été 2026.
- Ces dispositifs détectent plusieurs infractions en temps réel : vitesse, franchissement de ligne, distance de sécurité, usage du téléphone.
- Ils permettent une détection précoce des comportements dangereux, avant même que le conducteur ne les perçoive.
- José Eugenio Naranjo, expert en systèmes de transport intelligents, souligne que « quand vous les voyez, il est déjà trop tard ».
- Cette technologie marque une avancée par rapport aux radars traditionnels, limités à des mesures ponctuelles.
Une technologie inspirée des véhicules autonomes
Les radars LiDAR 3D s’inspirent directement des capteurs utilisés dans les voitures autonomes. Grâce à des lasers haute précision, ils cartographient en trois dimensions l’environnement immédiat du véhicule contrôlé. L’intelligence artificielle intégrée analyse ensuite ces données pour identifier les comportements à risque. « Ces systèmes ne se contentent pas de mesurer une vitesse à un instant T. Ils reconstruisent une scène routière en temps réel et évaluent en continu les risques », explique José Eugenio Naranjo. Une telle approche permet d’anticiper les situations dangereuses bien avant qu’elles ne deviennent critiques.
Le déploiement de ces radars s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus large visant à réduire le nombre d’accidents sur les routes espagnoles. En 2025, l’Espagne a enregistré plus de 1 800 morts sur ses routes, selon les dernières statistiques de la Direction générale de la circulation (DGT). Les autorités espèrent que ces nouveaux dispositifs contribueront à inverser cette tendance en sanctionnant plus efficacement les comportements dangereux.
Un déploiement progressif sur les axes les plus dangereux
Les premiers radars LiDAR 3D devraient être installés sur des portions du réseau routier réputées pour leur dangerosité. Selon les informations rapportées par Journal du Geek, les axes concernés incluent notamment l’autoroute AP-7, souvent citée pour ses sections sinueuses et son trafic dense. D’autres routes secondaires, où les excès de vitesse et les franchissements de ligne continue sont fréquents, pourraient également être équipées.
Le calendrier précis du déploiement n’a pas encore été rendu public, mais les autorités espagnoles ont confirmé que les premiers essais devraient commencer dès le mois de juillet 2026. « Nous allons cibler les zones où le risque d’accident est le plus élevé », a indiqué un porte-parole du ministère des Transports espagnol. L’objectif affiché est de couvrir progressivement l’ensemble du réseau d’ici la fin de l’année prochaine.
Un débat sur l’efficacité et l’acceptation par les usagers
Si la technologie suscite l’enthousiasme des autorités, elle pourrait aussi alimenter des discussions parmi les automobilistes. Certains pourraient s’interroger sur la fiabilité des systèmes LiDAR 3D, notamment en cas de conditions météorologiques défavorables. « La pluie ou le brouillard peuvent altérer la précision des lasers », reconnaît José Eugenio Naranjo. Cependant, les concepteurs affirment que leurs algorithmes sont capables de s’adapter à ces contraintes, même si des tests supplémentaires seront nécessaires pour valider ces affirmations.
Un autre point de vigilance concerne l’acceptation de ces nouveaux radars par les conducteurs. En Espagne, comme dans de nombreux pays européens, les radars automatiques font régulièrement l’objet de controverses, certains automobilistes estimant que leur multiplication relève davantage d’une logique de recettes fiscales que de sécurité routière. « L’enjeu sera de démontrer que ces dispositifs visent avant tout à sauver des vies, et non à sanctionner », souligne un représentant d’une association de défense des automobilistes.
Quoi qu’il en soit, ces radars LiDAR 3D incarnent une rupture technologique dans la lutte contre l’insécurité routière. Leur capacité à anticiper les dangers plutôt qu’à constater des infractions a posteriori ouvre une nouvelle ère pour les systèmes de contrôle. Reste à voir si les conducteurs espagnols sauront s’adapter à cette surveillance accrue — et si d’autres pays suivront leur exemple.
Non, contrairement aux radars classiques, ces dispositifs ne sont pas conçus pour être visibles. Ils sont intégrés à des infrastructures existantes ou camouflés pour éviter toute tentative de contournement. Leur détection repose sur leur technologie, et non sur leur visibilité.