Selon Euronews FR, la présence de galères portugaises – des organismes marins aux tentacules venimeux – s’est fortement intensifiée cet été dans le nord de l’Espagne. La Cantabrie et le Pays basque, des régions prisées pour leurs plages, sont particulièrement touchés, où les autorités sanitaires ont dû prendre des mesures exceptionnelles après avoir recensé plus d’une centaine de piqûres en une seule journée.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 100 piqûres enregistrées en une seule journée sur les plages basques et cantabriques.
  • Plusieurs plages temporairement fermées ou soumises à des restrictions de baignade.
  • La galère portugaise (Physalia physalis), souvent confondue avec une méduse, est un organisme colonial aux cellules urticantes très douloureuses.
  • Les autorités rappellent les gestes à éviter et ceux à adopter en cas de contact avec ces animaux.
  • La plupart des cas signalés ont présenté des lésions légères, malgré l’affluence estivale.

La situation a conduit les mairies à restreindre l’accès à certaines zones balnéaires. À Saint-Sébastien, la mairie a indiqué que la majorité des interventions ont concerné des lésions bénignes, même si le nombre d’incidents reste significatif au regard du flux de baigneurs. Ces mesures visent à limiter les risques pour les vacanciers, alors que les températures estivales attirent chaque année des milliers de touristes sur ces côtes.

Une espèce souvent confondue avec la méduse, mais bien plus dangereuse

La galère portugaise (Physalia physalis) n’est pas une méduse, mais un organisme colonial composé de plusieurs polypes spécialisés. Ses tentacules, pouvant atteindre plusieurs mètres de long, renferment des cellules urticantes capables de libérer un venin provoquant des douleurs intenses, voire des réactions systémiques chez les personnes sensibles. C’est pourquoi les autorités rappellent que tout contact doit être évité, même lorsque l’animal est échoué sur le sable ou semble inerte.

Sa présence estivale sur les côtes cantabriques s’explique en partie par les courants marins et les variations de température de l’eau. Les experts s’attendent à une recrudescence des signalements dans les prochaines semaines, comme cela a été observé lors des étés précédents. Pour l’heure, aucune explication définitive n’a été avancée quant à cette prolifération inhabituelle.

Des restrictions de baignade imposées par les autorités locales

Face à l’augmentation des cas de piqûres, plusieurs municipalités du Pays basque et de Cantabrie ont pris des mesures immédiates. Certaines plages ont été fermées temporairement, tandis que d’autres ont instauré des restrictions horaires ou des zones interdites à la baignade. Ces décisions, prises en concertation avec les services de secours et les autorités sanitaires, visent à protéger la population sans pour autant interdire l’accès aux espaces de loisirs.

À Saint-Sébastien, où les signalements ont été particulièrement nombreux, la mairie a souligné que le nombre de cas graves restait limité, malgré l’affluence estivale. Les services de secours ont assuré une présence renforcée sur les plages concernées pour intervenir rapidement en cas d’incident.

Que faire en cas de piqûre ? Les recommandations officielles

Le département de la Santé du gouvernement basque a publié un guide des bonnes pratiques à suivre en cas de contact avec une galère portugaise. Voici les étapes à respecter :

  • Sortir immédiatement de l’eau et se rendre au poste de secours le plus proche ou consulter un médecin si les symptômes sont sévères.
  • Nettoyer la zone touchée uniquement avec de l’eau de mer ou du sérum physiologique. L’eau douce est à proscrire, car elle peut aggraver la libération de venin.
  • Retirer les résidus de tentacules avec une pince ou un objet rigide, jamais à mains nues pour éviter une nouvelle injection de venin.
  • Appliquer du froid sur la zone affectée à l’aide d’une poche de glace enveloppée dans un linge.

Les autorités sanitaires insistent sur la nécessité de consulter un professionnel de santé en cas de vertiges, nausées, difficultés respiratoires ou douleur intense. Ces symptômes peuvent indiquer une réaction allergique ou une intoxication plus grave, nécessitant une prise en charge médicale urgente.

« La galère portugaise est un organisme dont il faut se méfier, même lorsqu’elle semble inoffensive sur le sable. Ses tentacules conservent leur pouvoir urticant pendant plusieurs heures après sa mort. »
– Département de la Santé du gouvernement basque

Un phénomène qui interroge les scientifiques

Si les autorités sanitaires gèrent l’urgence, les scientifiques cherchent à comprendre les causes de cette prolifération. Plusieurs hypothèses sont avancées : réchauffement des eaux, modifications des courants marins ou encore réduction des prédateurs naturels. Ces questions restent pour l’instant sans réponse définitive, mais des études sont en cours pour évaluer l’impact du changement climatique sur la présence de ces organismes.p>

Les associations de protection de l’environnement appellent à la prudence, tout en rappelant que la galère portugaise fait partie intégrante de l’écosystème marin. Leur présence accrue ne signifie pas nécessairement un déséquilibre écologique, mais elle rappelle l’importance de surveiller les espèces invasives et leur impact sur les activités humaines.

Et maintenant ?

Les autorités sanitaires du Pays basque et de Cantabrie maintiennent une surveillance renforcée sur les plages concernées, avec des contrôles quotidiens pour détecter la présence de galères portugaises. Aucune date n’a encore été fixée pour la levée des restrictions, qui dépendront de l’évolution de la situation. Par ailleurs, des campagnes de sensibilisation sont prévues dans les prochains jours pour informer les vacanciers sur les risques et les gestes à adopter.

Côté scientifique, une réunion est organisée la semaine prochaine entre experts et représentants des collectivités locales pour discuter des mesures à mettre en place à plus long terme. L’objectif est d’anticiper d’éventuelles nouvelles vagues de prolifération, tout en préservant l’attractivité touristique de la région.

Pour l’heure, les autorités appellent à la vigilance. Si la galère portugaise n’est pas une espèce nouvelle sur ces côtes, son abondance actuelle reste inhabituelle. Une question se pose alors : cette prolifération est-elle un phénomène ponctuel ou le signe d’un changement plus profond dans l’écosystème marin cantabrique ?

L’eau douce provoque l’éclatement des cellules urticantes restantes sur la peau, ce qui libère davantage de venin et intensifie la douleur. C’est pourquoi les autorités recommandent d’utiliser uniquement de l’eau de mer ou du sérum physiologique pour nettoyer la zone touchée.

Les décisions de réouverture dépendront de l’évolution de la situation sanitaire. Aucune date n’a encore été annoncée, mais les autorités tablent sur une amélioration progressive dans les prochaines semaines, sous réserve de l’absence de nouveaux signalements graves.