Pour la première fois depuis plus d’un siècle, l’Espagne continentale sera témoin d’une éclipse solaire totale le 12 août 2026. Selon Euronews FR, ce phénomène rare s’étendra également à l’Islande et au Groenland, offrant un spectacle céleste exceptionnel. La dernière éclipse solaire totale observée en Espagne continentale remonte à 1912, deux jours avant le naufrage du Titanic, ce qui en fait un événement astronomique d’autant plus marquant.

Ce qu’il faut retenir

  • Une éclipse solaire totale traversera l’Espagne continentale, l’Islande et le Groenland le 12 août 2026, un phénomène inédit depuis 1912.
  • La durée maximale de totalité sera de 2 minutes et 18 secondes, observée au large de la côte ouest de l’Islande.
  • Une éclipse partielle sera visible depuis l’Alaska, la Sibérie, le Canada, le nord des États-Unis, une grande partie de l’Europe et de l’Afrique de l’Ouest.
  • La journée sera marquée par un défilé de six planètes avant l’aube et le pic de la pluie de météores des Perséides après la tombée de la nuit.
  • L’Agence spatiale européenne (ESA) et la NASA organiseront des retransmissions en direct et des événements publics pour observer l’éclipse.
  • Plus de 60 ballons stratosphériques seront lancés depuis l’Espagne et l’Islande pour étudier les changements atmosphériques pendant l’éclipse.

Un phénomène astronomique historique pour l’Espagne

L’Espagne n’avait pas connu d’éclipse solaire totale depuis 1912, date à laquelle celle-ci s’était produite deux jours avant le naufrage du Titanic. Selon Euronews FR, cette éclipse hybride de 1912, à la fois annulaire et totale, n’avait offert qu’une totalité de quelques secondes pour l’Espagne. Certains historiens de l’astronomie estiment donc que la dernière éclipse solaire véritablement spectaculaire remonte à 1905. Le 12 août 2026, l’alignement parfait du Soleil, de la Lune et de la Terre plongera une partie de la péninsule Ibérique dans l’obscurité pendant quelques minutes, un spectacle qui ne s’était plus produit depuis plus d’un siècle.

L’ombre lunaire, ou ombre centrale, traversera 8 260 kilomètres en une heure et demie, principalement au-dessus de l’Atlantique. Le phénomène débutera près du pôle Nord avant de descendre vers le sud. La durée maximale de totalité, soit 2 minutes et 18 secondes, sera observable au large de la côte ouest de l’Islande. L’éclipse s’achèvera au-dessus de la Méditerranée, après avoir traversé l’Espagne continentale, l’Islande et le Groenland.

Un spectacle céleste à 360 degrés

Outre l’éclipse solaire, le 12 août 2026 sera marqué par une série d’événements astronomiques simultanés. Selon Euronews FR, six planètes seront visibles en arc dans le ciel avant l’aube, formant un alignement rare. La journée se terminera par le pic de la pluie de météores des Perséides, sous une nouvelle Lune qui favorisera une observation optimale. Cet enchaînement de phénomènes en fait une journée exceptionnelle pour les astronomes amateurs et professionnels.

Pour les observateurs situés en périphérie de la bande de totalité, une éclipse partielle sera visible. À Dublin, jusqu’à 94 % du disque solaire sera masqué, tandis qu’à Oslo, ce sera 83 %. À Montréal, l’éclipse grignotera 18 % du Soleil, contre 9 % à New York et seulement 2 % à Norfolk, en Virginie. Les spécialistes rappellent l’importance d’utiliser des lunettes adaptées pour observer l’éclipse en toute sécurité, même en cas d’éclipse partielle.

Des événements organisés pour le grand public et la science

Pour célébrer cet événement exceptionnel, plusieurs organismes spatiaux et scientifiques ont prévu des retransmissions en direct et des soirées d’observation. L’Agence spatiale européenne (ESA) diffusera des images en temps réel depuis l’Observatoire astrophysique de Javalambre, en Espagne, et organisera un événement public à León. De son côté, la NASA assurera une couverture médiatique complète, tout comme le Virtual Telescope Project, basé en Italie. Ces initiatives permettront au public du monde entier de suivre l’éclipse en direct.

Par ailleurs, des équipes de recherche, notamment américaines, lanceront plus de 60 ballons stratosphériques depuis l’Espagne et l’Islande. Ces ballons, financés par la NASA, mesureront les changements atmosphériques pendant l’éclipse, lorsque la température chute brièvement. Angela Des Jardins, de l’université de l’État du Montana et responsable du projet, souligne que « quelques minutes suffisent pour affecter l’atmosphère et projeter sur la Terre cette ombre froide et sombre de la Lune ». Il s’agit d’un effort scientifique dix fois supérieur à celui déployé lors de l’éclipse totale de 2024 en Amérique du Nord.

« Pour moi, ce n’est pas seulement un moment scientifique. Ce n’est pas seulement un alignement incroyable des corps célestes. C’est aussi un moment profondément humain. C’est un véritable lien humain entre nous, les pieds posés sur Terre, et le cosmos. »
Carole Mundell, directrice scientifique de l’ESA

Un rendez-vous astronomique exceptionnel à l’horizon 2027 et 2028

Le 2 août 2027, une éclipse solaire totale encore plus longue est attendue. Selon Euronews FR, l’extrême sud de l’Espagne sera au premier plan, avec une totalité pouvant durer jusqu’à 6 minutes et 23 secondes. L’ombre de l’éclipse traversera ensuite le Maroc, l’Algérie, la Libye, l’Égypte, l’Arabie saoudite, le Yémen et la Somalie. Ce phénomène offrira près de trois fois plus de temps d’observation que celui de 2026.

Puis, le 26 janvier 2028, une éclipse annulaire viendra compléter ce triptyque céleste. Carole Mundell, de l’ESA, qualifie cette succession d’événements d’« heureuse coïncidence ». Andreï Zhukov, de l’Observatoire royal de Belgique, se dit quant à lui enthousiaste à l’idée d’étudier ces phénomènes, qu’ils soient naturels ou artificiels. Sa mission scientifique Proba-3 a déjà généré plus de 60 éclipses solaires totales simulées ces deux dernières années, la plus longue durant cinq heures et 38 minutes grâce à deux satellites volant en formation.

Et maintenant ?

Alors que l’Espagne et une partie de l’Europe se préparent à vivre cet événement astronomique rare, les scientifiques et les agences spatiales mobilisent leurs ressources pour en tirer le meilleur parti. Les données recueillies lors de cette éclipse, notamment via les ballons stratosphériques, pourraient offrir de nouvelles perspectives sur l’atmosphère terrestre et les interactions entre la Terre et la Lune. Les prochaines éclipses, en 2027 et 2028, promettent déjà d’être tout aussi spectaculaires, avec des durées de totalité records.

Pour les observateurs, l’enjeu sera de se munir du matériel adapté et de choisir un lieu d’observation dégagé, loin des zones urbaines polluées par la lumière. Les prévisions météorologiques locales, disponibles dans les jours précédant l’éclipse, seront déterminantes pour garantir une observation optimale.

Cet alignement exceptionnel rappelle aussi l’importance de protéger les instruments d’observation et les satellites en orbite. En Espagne, où des satellites espagnols bénéficient déjà d’un « bouclier invisible » contre les pannes irréparables, la vigilance reste de mise pour éviter toute interférence lors de cet événement.

Il est impératif d’utiliser des lunettes spéciales pour éclipse, conformes à la norme ISO 12312-2. Les lunettes de soleil classiques, même très foncées, ne suffisent pas à protéger la rétine des rayons solaires intenses. Il est également déconseillé d’observer l’éclipse à travers un appareil photo, des jumelles ou un télescope sans filtre adapté. En cas d’éclipse partielle, la protection reste nécessaire même si seule une fine portion du Soleil est visible.