D’après Libération, Pékin a demandé mardi 25 août à ses ressortissants de quitter « dès que possible » l’Eswatini, un petit État d’Afrique australe, invoquant une « situation sécuritaire complexe ». Cette mise en garde s’inscrit dans un contexte de tensions accrues entre la Chine et Taïwan, alors que le président taïwanais a effectué une visite officielle à Mbabane, la capitale de l’Eswatini, en mai 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Pékin a ordonné l’évacuation de ses ressortissants de l’Eswatini le 25 août 2026, évoquant une « situation sécuritaire complexe » ;
- Cette mesure intervient dans un contexte de rivalité persistante entre la Chine et Taïwan pour l’influence en Afrique ;
- L’Eswatini est le dernier pays africain à maintenir des relations diplomatiques avec Taïwan, reconnaissant Taipei plutôt que Pékin ;
- Le président taïwanais s’est rendu en visite officielle à Mbabane en mai 2026, un geste perçu comme une provocation par Pékin.
Un État africain sous pression diplomatique
L’Eswatini, également connu sous le nom de Swaziland jusqu’en 2018, est le dernier État africain à entretenir des relations diplomatiques avec Taïwan, une situation qui irrite fortement Pékin. Depuis des décennies, la Chine mène une politique d’isolement international de Taïwan, qu’elle considère comme une province rebelle. En 2026, cette stratégie s’est intensifiée, notamment en Afrique, où plusieurs pays ont basculé leur reconnaissance vers Pékin ces dernières années.
L’appel à l’évacuation lancé par Pékin survient alors que la rivalité entre les deux entités chinoises s’exacerbe. « Les ressortissants chinois sont invités à quitter l’Eswatini dans les plus brefs délais en raison de la dégradation de la situation sécuritaire », a indiqué le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué diffusé le 25 août. Aucune précision n’a été apportée sur les raisons exactes de cette alerte, mais les tensions diplomatiques entre Mbabane et Pékin sont palpables depuis des mois.
Taïwan en première ligne dans la stratégie d’influence chinoise
Le geste de Pékin intervient quelques mois après la visite officielle du président taïwanais à Mbabane en mai 2026. Une telle initiative a été interprétée comme un défi direct à l’autorité de Pékin, qui considère Taïwan comme faisant partie intégrante de son territoire. L’Eswatini, dirigé par le roi Mswati III, est l’un des rares pays à encore reconnaître Taipei, malgré les pressions économiques et diplomatiques exercées par la Chine.
Selon des analystes cités par Libération, cette visite présidentielle taïwanaise avait pour but de réaffirmer le soutien de Taipei à ses alliés africains, dans un contexte où plusieurs nations du continent ont basculé vers Pékin ces dernières années. « La Chine ne tolérera pas que des pays africains servent de base à des activités qui sapent son unité nationale », a souligné un chercheur spécialiste des relations sino-africaines à l’université de Pretoria, sous couvert d’anonymat.
« La Chine considère l’Afrique comme un terrain d’influence essentiel pour isoler Taïwan. Chaque pays qui reconnaît Taipei est perçu comme une menace stratégique. »
La situation reste donc hautement volatile, avec un risque de basculement imminent. Pour l’heure, les autorités eswatinies n’ont pas réagi publiquement à l’appel à l’évacuation chinois, mais la communauté internationale observe avec attention les prochaines évolutions.
L’Eswatini (ex-Swaziland) maintient des relations diplomatiques avec Taïwan depuis 1968, en raison de liens historiques et de l’absence de relations avec la Chine communiste à l’époque. Depuis, plusieurs pays africains ont basculé vers Pékin, notamment sous l’effet de promesses économiques, mais Mbabane a toujours résisté à ces pressions.