Un nouveau groupe d’opérations clandestines de la CIA, dédié exclusivement à Cuba, vient d’être révélé par le New York Times, jeudi 6 août 2026. Selon le quotidien américain, cette structure aurait pour mission de recruter des informateurs, d’analyser des renseignements et de mener des opérations cyber et d’influence. L’objectif affiché ? « Créer des fissures dans l’élite politique cubaine » pour pousser les dirigeants à remplacer les « partisans d’une ligne dure » par des figures plus pragmatiques, capables de collaborer avec l’administration américaine.

Ce qu'il faut retenir

  • Un groupe secret de la CIA dédié à Cuba a été révélé par le New York Times le 6 août 2026.
  • Ses missions incluent le recrutement d’espions, l’analyse de renseignements et des opérations cyber et d’influence.
  • La CIA cherche à favoriser l’émergence de leaders pragmatiques à Cuba, sur le modèle de la présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez.
  • La fuite de cette information dans la presse pourrait servir de pression psychologique sur les autorités cubaines.
  • Cette stratégie s’inscrit dans une campagne plus large menée par le secrétaire d’État américain Marco Rubio.

Comme le rapporte Courrier International, cette annonce confirme une rumeur persistante depuis le début de l’année 2026 : celle d’une volonté américaine de trouver à Cuba une figure similaire à Delcy Rodriguez, actuelle présidente du Venezuela. Cette dernière, ex-bras droit de Nicolás Maduro, a été capturée par les forces spéciales américaines à Caracas en janvier 2026. Depuis, elle a adopté une posture plus conciliante envers Washington, notamment sur les questions économiques.

Pour le site d’information cubain indépendant 14ymedio, cette révélation ne relève pas du hasard. « Plus qu’une nouveauté, cette information est la confirmation d’une idée qui court depuis le début de l’année : la recherche d’une ‘Delcy’ cubaine », écrit le média. L’objectif serait donc de promouvoir un dirigeant local prêt à négocier avec l’administration Trump, en échange d’allègements économiques ou d’autres concessions.

Selon 14ymedio, la fuite de cette information dans la presse pourrait aussi servir un double objectif. D’une part, elle exercerait une pression directe sur les personnalités visées. D’autre part, elle influencerait l’opinion publique, tant à Cuba qu’à l’international, en présentant cette stratégie comme une réponse à la « rigidité » du régime castriste. Cette approche s’inscrit dans une logique de communication plus large, pilotée par le secrétaire d’État américain Marco Rubio, dont les origines cubaines sont bien connues.

Une stratégie déjà testée au Venezuela

Le parallèle avec le Venezuela n’est pas anodin. Après la capture de Nicolás Maduro en janvier 2026, les États-Unis ont mis en place une politique de « réalignement » avec Delcy Rodriguez. Cette dernière, passée d’une ligne dure à une posture plus pragmatique, a accepté de rouvrir des négociations économiques avec Washington. Un scénario que les États-Unis espèrent reproduire à Cuba, où le régime de Miguel Díaz-Canel reste fermement ancré dans l’orbite de Moscou et de Pékin.

Cependant, la tâche s’annonce bien plus complexe. Contrairement au Venezuela, Cuba bénéficie d’un système politique et social particulièrement verrouillé. Le Parti communiste cubain (PCC) contrôle étroitement l’appareil d’État, l’armée et les médias. Toute tentative de déstabilisation interne nécessiterait donc une infiltration minutieuse des cercles du pouvoir, une tâche que la CIA qualifie elle-même de « délicate » dans ses rapports internes.

Les opérations cyber pourraient jouer un rôle clé dans cette stratégie. Selon des sources citées par le New York Times, Washington aurait déjà lancé des campagnes de désinformation ciblant les élites cubaines, en diffusant des informations compromettantes ou en exploitant les divisions au sein de l’appareil sécuritaire. Ces méthodes s’appuient sur des outils développés lors d’opérations similaires menées en Russie ou en Iran.

Une pression psychologique sur l’île

La publication de cette information intervient à un moment où les tensions entre Cuba et les États-Unis atteignent un pic. Depuis le début de l’année, Washington a multiplié les sanctions économiques contre La Havane, accusant le régime de soutenir des mouvements anti-américains en Amérique latine. En réponse, Cuba a renforcé ses liens avec Moscou et Pékin, qui lui fournissent une aide économique et militaire.

Pour 14ymedio, cette fuite orchestrée relève d’une « stratégie de communication agressive ». En révélant publiquement l’existence de ce groupe secret, les États-Unis envoient un signal clair : ils sont prêts à aller plus loin que les sanctions pour déstabiliser le régime. « Faire fuiter cette information dans la presse pourrait servir à faire pression sur les personnes concernées et influencer l’opinion publique », souligne le média indépendant.

Cette approche rappelle celle employée lors de l’opération « Venezuela Freedom-2 » en 2024, où des fuites ciblées avaient accéléré la chute de hauts responsables chavistes. À Cuba, où l’accès à une presse libre est quasi inexistant, une telle stratégie pourrait fragiliser la crédibilité des dirigeants, même au sein de l’élite.

Et maintenant ?

Si cette révélation confirme une intensification des actions américaines à Cuba, son impact réel reste à évaluer. D’ici la fin du mois, des réunions diplomatiques entre La Havane, Washington et leurs alliés régionaux sont attendues. Parallèlement, des observateurs s’interrogent sur la capacité de la CIA à infiltrer durablement l’élite cubaine, un système notoirement hermétique. La prochaine étape pourrait être une série de déclarations ou de gestes symboliques de part et d’autre, avant d’éventuelles mesures plus concrètes d’ici la fin de l’année.

Quoi qu’il en soit, cette annonce marque une nouvelle étape dans l’affrontement indirect entre les États-Unis et Cuba, un conflit qui s’étend désormais au-delà des sanctions économiques pour intégrer des opérations secrètes et des campagnes d’influence. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si cette stratégie portera ses fruits ou si, au contraire, elle renforcera la cohésion du régime cubain.

Marco Rubio, secrétaire d’État américain et d’origine cubaine, supervise directement la politique américaine envers l’île. Il a longtemps défendu une ligne dure contre le régime de La Havane et joue un rôle central dans la coordination des actions de la CIA et des autres agences de renseignement. Selon 14ymedio, il serait l’architecte de cette campagne visant à promouvoir une « Delcy cubaine », capable de négocier avec Washington.