Avec une dynamique positive et un soutien populaire inédit, la sélection américaine aborde son 16e de finale face à la Bosnie-Herzégovine dans l’espoir de réaliser un parcours historique à domicile, selon RMC Sport.

Ce qu'il faut retenir

  • Team USA a terminé en tête de son groupe lors de la phase de poules avec deux victoires (4-1 contre le Paraguay et 2-0 face à l’Australie).
  • Les audiences télévisuelles ont atteint près de 25 millions de téléspectateurs, un record pour le soccer américain.
  • Les joueurs et observateurs soulignent un engouement croissant pour le football aux États-Unis, porté par les performances de l’équipe.
  • L’affluence et l’ambiance lors des matchs de poule laissent présager un Levi’s Stadium plein à craquer pour le 16e de finale.
  • Les États-Unis pourraient affronter le vainqueur de Belgique-Sénégal en 8e de finale, puis potentiellement l’Espagne ou le Portugal en quart.
  • Les joueurs américains visent un quart de finale, une première depuis 2002, mais n’écartent pas une finale.

Dans leur camp de base d’Irvine, en Californie, l’ambiance reste sereine pour Team USA. À deux jours de leur 16e de finale contre la Bosnie-Herzégovine, les joueurs américains s’entraînent sur les installations d’une « petite ville » de 300 000 habitants, située à une heure de Los Angeles. Selon RMC Sport, seuls quelques dizaines de journalistes s’y pressent chaque jour, mais le calme relatif contraste avec l’effervescence attendue pour le match décisif.

Mercredi soir, à 17h (heure locale), le Levi’s Stadium de Santa Clara, situé dans la baie de San Francisco, devrait vibrer sous les acclamations. Les supporters américains, habituellement moins nombreux que pour les grands événements comme le Super Bowl, se mobilisent massivement pour soutenir leur équipe. « Les supporteurs sont fantastiques », s’enthousiasme Giovanni Reyna, milieu offensif de l’équipe. « C’est vraiment cool de voir le pays se rallier autour de ce sport plus qu’il ne l’a jamais fait. Ils vont encore se déplacer, venir de partout pour nous supporter. On ne peut pas les remercier assez. »

Cette mobilisation populaire s’explique en partie par les performances solides des États-Unis lors des matchs de poule. Deux victoires convaincantes – 4-1 face au Paraguay et 2-0 contre l’Australie – ont marqué le début du tournoi. Pour Tim Ream, capitaine de l’équipe, le match contre l’Australie au Lumen Field de Seattle a été un moment clé. « Ce succès a clairement été un moment spécial qu’on a vécu ensemble dans le stade », explique-t-il. « Je crois que tout le monde l’a ressenti. On a aussi vu les réactions dans les différentes fan-zones, partout où on regardait les matchs, que ce soit dans les médias ou sur les réseaux sociaux. C’est juste incroyable d’avoir autant les supporters et le pays derrière nous dans cette aventure. »

Elisabeth Campbell, journaliste pour CBS, confirme cette dynamique positive. « Le premier tour a vraiment été une très belle vitrine pour l’équipe nationale et pour le soccer », observe-t-elle. « Le fait qu’ils aient gagné leurs deux premiers matchs et fini en tête du groupe, c’est quelque chose qu’on n’avait jamais vu pour les États-Unis. La conséquence, c’est qu’on voit beaucoup de fans américains, qui suivent d’habitude un peu le soccer, se sentir d’un coup beaucoup plus concernés. L’Amérique aime ceux qui gagnent ! » Elle nuance toutefois son propos : « Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. »

Les chiffres d’audience reflètent cette popularité nouvelle. Près de 25 millions de téléspectateurs ont suivi les matchs des États-Unis, un record pour le soccer américain. Si ce chiffre reste loin des 120 millions enregistrés pour un Super Bowl, il dépasse largement l’audience moyenne des Finales NBA, comme celle qui a sacré les Knicks face aux Spurs en juin 2026 (20,6 millions). « Le soccer est clairement en train de grandir », analyse Elisabeth Campbell. « On voit de plus en plus d’enfants qui s’y intéressent, alors que la concurrence avec les autres sports est forte. Mon fils se balade avec un ballon de foot pour la première fois de sa vie », confie Tim Ream, âgé de 38 ans et sélectionné à 84 reprises. « Il l’emmène même au restaurant. Il veut aller dans le parc ou dans le jardin avec. Ma fille fait pareil, car elle voit tout le monde nous regarder. C’est vraiment un moment spécial, tout ce qui se passe en ce moment autour de nous. »

L’engouement dépasse les écrans et les stades. Les réseaux sociaux regorgent de vidéos de supporters américains célébrant les victoires de leur équipe, inspirés par l’ambiance des fan-zones écossaises, norvégiennes ou néerlandaises. « Les fans américains aiment ça et veulent en faire partie », souligne la journaliste. « L’engouement grandit, mais il faut encore du temps pour que le soccer s’impose pleinement dans le paysage sportif. »

Pour Team USA, l’enjeu est désormais de transformer cette dynamique en succès sportif. Les joueurs affichent une ambition claire : aller le plus loin possible dans la compétition. « Nous avons de très grands objectifs pour la suite du tournoi », déclare Giovanni Reyna. « On a tous de grandes attentes. La mentalité et l’ambiance restent les mêmes, même si on attaque les matchs à élimination directe. On ne se met pas trop de pression, et je pense que c’est bon signe. » Tim Ream renchérit : « Nous faisons tout pour avoir les meilleurs résultats possibles, afin de rendre le pays, les supporters, nos amis et nos familles fiers. »

Un quart de finale serait déjà un exploit pour les États-Unis, une performance qu’ils n’ont plus réalisée depuis 2002 (défaite 0-1 contre l’Allemagne). « Un quart de finale, on n’a pas vu ça depuis très longtemps », rappelle Elisabeth Campbell. « Mais si on écoute les joueurs, eux ne se fixent pas de limites et se disent : pourquoi pas nous ? » Les Américains visent désormais un objectif plus ambitieux. « Comment aimerions-nous qu’on se souvienne de nous ? La réponse facile serait de dire : en gagnant cette Coupe du monde. Si on pouvait faire ça et donner le meilleur de nous-mêmes, ce serait assurément le plus incroyable des résultats », confie Tim Ream.

Et maintenant ?

Le 16e de finale contre la Bosnie-Herzégovine s’annonce comme un test décisif pour Team USA. Si les Américains l’emportent, ils affronteront le vainqueur de Belgique-Sénégal en 8e de finale. Un quart de finale face à l’Espagne ou au Portugal serait alors envisageable, mais l’obstacle s’annonce de taille. La compétition reste ouverte, et chaque match pourrait rebattre les cartes. La prochaine échéance est fixée à mercredi soir, lorsque les États-Unis entreront sur le terrain du Levi’s Stadium.

Quel que soit l’issue de ce Mondial, une chose est sûre : le soccer américain a marqué un tournant en 2026. Les performances de Team USA, l’engouement populaire et l’intérêt médiatique dessinent un avenir prometteur pour le football aux États-Unis. « Le pays se prend de plus en plus au jeu », constate Elisabeth Campbell. « Et cela pourrait bien changer la donne pour les années à venir. »

En cas de qualification, les États-Unis affronteraient le vainqueur du match entre la Belgique et le Sénégal, prévu en 8e de finale.

Le record précédent datait de la Coupe du monde 2022, avec environ 16 millions de téléspectateurs pour les matchs des États-Unis. Les 25 millions enregistrés lors de cette édition marquent donc une progression significative.