Selon RFI, les élections législatives prévues le 1er juin 2026 en Éthiopie s’annoncent dans un climat particulièrement tendu. La campagne, marquée par des violences récurrentes, n’a pas permis d’apaiser les tensions, tandis que des affrontements persistent entre milices locales et l’armée fédérale dans les deux régions les plus peuplées du pays.

Comme le rapporte RFI, la dégradation de la situation au Tigré, où les combats reprennent de plus belle, a conduit plusieurs partis d’opposition à remettre en cause la crédibilité du scrutin. Ces derniers estiment que les conditions ne sont pas réunies pour garantir un vote serein et appellent soit à son report, soit à des garanties internationales pour son organisation.

Ce qu'il faut retenir

  • Les législatives éthiopiennes sont prévues pour le 1er juin 2026, mais leur organisation suscite de vives critiques.
  • Des affrontements entre milices locales et l’armée fédérale persistent dans les régions d’Oromia et d’Amhara, les plus peuplées du pays.
  • La situation au Tigré, théâtre de violences récurrentes, s’aggrave à nouveau, selon les observateurs.
  • Plusieurs partis d’opposition jugent le cadre électoral incompatible avec des élections libres et transparentes.

Un scrutin sous haute tension

La campagne électorale qui s’achève ce mardi 26 mai 2026 a été marquée par une escalade des violences dans plusieurs régions. Dans l’État du Tigré, où le conflit n’a jamais vraiment cessé depuis 2020, les combats entre forces fédérales et groupes armés locaux se sont intensifiés ces dernières semaines. Selon des sources locales citées par RFI, des affrontements ont également éclaté dans les régions d’Oromia et d’Amhara, où l’armée fédérale tente de contenir des milices régionales hostiles au gouvernement central.

Ces tensions ont déjà perturbé plusieurs meetings politiques et poussé certains partis à annuler leurs rassemblements. Les observateurs soulignent que la sécurité des électeurs et des candidats reste une préoccupation majeure, alors que des menaces de boycott se multiplient parmi l’opposition.

Le Tigré, épicentre d’une crise persistante

Le conflit au Tigré, qui a opposé pendant deux ans le gouvernement fédéral au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), avait officiellement pris fin avec un accord de paix signé en novembre 2022. Pourtant, les violences sporadiques ont repris depuis le début de l’année 2026, alimentées par des rivalités locales et des luttes pour le contrôle des ressources.

Des rapports locaux évoquent des pertes civiles et militaires dans les combats récents, bien que les chiffres exacts restent difficiles à vérifier en raison du black-out médiatique imposé dans certaines zones. Les autorités fédérales attribuent ces affrontements à des « éléments criminels », tandis que les responsables tigréens dénoncent une politique de répression systématique.

L’opposition dénonce un manque de garanties démocratiques

Plusieurs formations politiques, dont le Parti démocratique des peuples éthiopiens (PDPE) et le Mouvement national d’Amhara (MNA), ont tiré la sonnette d’alarme. Dans un communiqué diffusé ce week-end, le PDPE a affirmé que « le processus électoral actuel ne répond pas aux standards démocratiques minimaux », citant notamment l’absence de liberté de la presse et les restrictions imposées aux observateurs internationaux.

Ces partis demandent un report du scrutin ou, à défaut, une médiation internationale pour superviser son déroulement. Le gouvernement, de son côté, rejette ces critiques et assure que « toutes les dispositions seront prises pour assurer la sécurité des électeurs », selon les déclarations du ministre de l’Intérieur, Abdol Ismail Omar, rapportées par RFI.

Et maintenant ?

Si les violences persistent d’ici au 1er juin, le risque d’un scrutin boycotté par une partie de l’opposition ou marqué par des incidents majeurs pourrait compromettre sa légitimité. Les organisations de la société civile éthiopienne appellent déjà à une mobilisation pour surveiller le déroulement du vote, tandis que la communauté internationale, notamment l’Union africaine, pourrait jouer un rôle de médiateur pour désamorcer la crise.

Reste à voir si le gouvernement parviendra à rétablir un climat de confiance dans les prochains jours. Une chose est sûre : l’enjeu dépasse largement les élections elles-mêmes, car c’est la stabilité à long terme du pays qui est en jeu.

Parmi les principaux partis d’opposition figurent le Parti démocratique des peuples éthiopiens (PDPE), le Mouvement national d’Amhara (MNA), le Front uni démocratique des peuples éthiopiens (FUDPE) et le Parti de la renaissance. Ces formations critiquent ouvertement la politique du gouvernement actuel et demandent des garanties pour des élections libres.

L’Union africaine et certains pays partenaires, comme les États-Unis et l’Union européenne, ont appelé à un processus électoral transparent. Aucune mission d’observation internationale n’a encore été officiellement déployée, mais des discussions sont en cours pour évaluer la faisabilité d’un déploiement avant le 1er juin.