La réforme des parcours d’accès spécifique santé (PASS) et licence accès santé (L.AS), introduite en 2020, touche à sa fin pour la première année de santé. « On se retrouve à jouer son avenir sur des matières qui n’ont rien à voir avec la médecine », soulignait récemment un étudiant en L.AS, résumant l’un des principaux reproches adressés à ces dispositifs.

Selon Le Monde, les premiers résultats de Parcoursup pour l’année universitaire 2026-2027 tomberont ce mardi 3 juin, marquant un tournant pour les quelque 80 000 candidats ayant postulé à une première année en études de santé. Cette année, les candidats seront les derniers à expérimenter les modalités actuelles de sélection, avant une refonte attendue pour la rentrée 2027.

Ce qu'il faut retenir

  • 80 000 candidats en première année d’études de santé via Parcoursup pour 2026-2027, selon les estimations du ministère.
  • Les réformes PASS et L.AS, lancées en 2020, seront remplacées par un nouveau dispositif à partir de la rentrée 2027.
  • Les premiers résultats de Parcoursup pour les filières santé tombent le 3 juin 2026, date clé pour les futurs étudiants.
  • Les critiques portent sur la sélection partielle en L.AS, où l’admission dépend à 50 % des notes en mineure disciplinaire, souvent éloignée des matières médicales.

Une réforme contestée depuis son lancement

Introduites en 2020 pour remplacer la première année commune aux études de santé (PACES), les filières PASS et L.AS devaient simplifier l’accès aux études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et maïeutiques. Pourtant, dès leur mise en œuvre, ces parcours ont suscité des débats. Le principal grief porte sur le système de double sélection : les candidats sont évalués à la fois sur leur mineure disciplinaire (souvent en droit, économie ou sciences humaines) et sur les matières scientifiques de leur majeure. « Cela revient à faire dépendre l’accès aux études de santé de compétences qui ne préparent pas au métier de médecin », a dénoncé un syndicat étudiant auprès du Monde.

Pour les détracteurs de la réforme, ce système favorise une logique de « filtre » plutôt que de formation, au détriment des étudiants issus de milieux moins favorisés, souvent moins préparés aux attentes académiques des filières non scientifiques. Les données du ministère de l’Enseignement supérieur indiquent que, en 2024, seulement 18 % des admis en deuxième année de médecine étaient issus d’un L.AS, contre près de 40 % via PASS.

Un calendrier contraint par les résultats de Parcoursup

La publication des résultats de Parcoursup ce 3 juin 2026 intervient dans un contexte de tension persistante. Les candidats retenus devront confirmer leur vœu d’ici le 17 juillet, avant les épreuves anticipées du baccalauréat. « Cette année charnière », explique un responsable d’université interrogé par Le Monde, « illustre les limites d’un système qui n’a jamais fait consensus ».

Les établissements d’enseignement supérieur, eux, doivent déjà préparer l’accueil de ces étudiants, dans des amphithéâtres souvent saturés. En 2025, le numerus clausus avait été supprimé au profit d’un numerus apertus, permettant aux facultés de médecine d’ajuster le nombre de places en fonction des besoins régionaux. Pourtant, cette flexibilité n’a pas résolu les déséquilibres géographiques, avec des écarts persistants entre les académies en termes de densité médicale.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année 2026, le gouvernement devrait présenter les grandes lignes de la nouvelle mouture des études de santé, prévue pour une entrée en vigueur à la rentrée 2027. Les discussions, déjà engagées avec les facultés et les ordres professionnels, pourraient aboutir à un recentrage sur les compétences scientifiques, tout en maintenant une ouverture pluridisciplinaire. Reste à voir si ce nouveau dispositif parviendra à concilier équité et excellence, dans un secteur sous haute tension.

Pour les étudiants et leurs familles, la période reste marquée par une incertitude palpable. Les résultats de Parcoursup ne détermineront pas seulement leur avenir immédiat, mais aussi leur capacité à s’adapter aux futures règles du jeu, dans un domaine où les réformes successives ont souvent généré plus de confusion que de stabilité.

Le PASS (Parcours Accès Santé Spécifique) est une licence dédiée à 100 % à la santé, avec une mineure dans une autre discipline (droit, économie, etc.). La L.AS (Licence Accès Santé) est une licence classique (sciences, lettres, etc.) avec une mineure santé. Dans les deux cas, l’admission en deuxième année dépend à 50 % des résultats en mineure et 50 % en majeure.