Selon Le Figaro, la chroniqueuse Eugénie Bastié revient dans une tribune publiée ce 28 mai 2026 sur l’essai intitulé Sans eux, rédigé par trois experts du laboratoire d’idées Terra Nova. L’ouvrage, qualifié de « délirant » par la journaliste, imagine une dystopie où la droite accéderait au pouvoir et où la France, privée de sa population immigrée, sombrerait dans le chaos et la décadence. Ce scénario catastrophe s’inspire notamment de La Ville sans Juifs, roman d’Hugo Bettauer publié en 1922, qui décrivait une ville en ruine après l’expulsion de sa communauté juive.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois experts de Terra Nova, dont Guillaume Hannezo, Hakim El Karoui et Thierry Pech, publient Sans eux, un essai dystopique sur l’impact d’une arrivée de la droite au pouvoir en France.
  • L’ouvrage s’inspire de La Ville sans Juifs (1922), un roman d’Hugo Bettauer évoquant l’expulsion d’une communauté et ses conséquences.
  • Selon Eugénie Bastié, cette fiction reflète une gauche « sans peuple et sans idées », qui mise sur les peurs en promettant un avenir apocalyptique.
  • La droiteisation de l’opinion publique est présentée comme un « fait établi », réduisant selon elle les marges de manœuvre de la social-démocratie.

Un scénario catastrophe pour dénoncer la droite

Dans Sans eux, Guillaume Hannezo, Hakim El Karoui et Thierry Pech, trois figures du laboratoire d’idées Terra Nova, développent une fiction où l’accession de la droite au pouvoir entraînerait une France privée de sa population immigrée, puis plongée dans le déclin. Le livre, qui s’appuie sur une analogie historique audacieuse, est présenté comme un avertissement contre les dérives d’une politique migratoire restrictive. « Deux méthodes s’offrent à la gauche : plonger dans la brocante de l’histoire du malheur pour restaurer l’antifascisme comme réflexe moral, ou imaginer l’avenir dystopique qui nous attendrait si la droite arrivait un jour au pouvoir », résume Le Figaro.

Une gauche accusée de jouer sur les peurs

Eugénie Bastié critique vivement cette approche, qu’elle juge symptomatique d’une gauche « sans projet » et réduite à instrumentaliser la peur. Selon elle, ce recours à la dystopie illustre une impuissance politique croissante, marquée par l’incapacité à proposer une alternative crédible face à la montée des idées conservatrices. « Il n’y a plus de grain à moudre, plus d’argent à redistribuer, donc plus de projet pour la social-démocratie », souligne-t-elle dans sa chronique. Pour Bastié, cette stratégie relève d’un « naufrage intellectuel » et d’un aveu d’échec politique.

— La journaliste pointe également du doigt l’usage répété du « point Godwin » par les auteurs, une comparaison jugée excessive avec le nazisme, notamment dans la description de Bruno Retailleau, figure de la droite française.

Un débat qui s’inscrit dans un contexte politique tendu

Le débat soulevé par Sans eux intervient alors que la France traverse une période de polarisation accrue entre gauche et droite radicales. Avec l’écart qui se resserre entre Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe en vue du premier tour de la présidentielle de 2027, l’opposition entre ces deux courants politiques devient un scénario crédible. Cette polarisation s’ajoute à une situation internationale et nationale déjà fragile, où les questions économiques, sécuritaires et sociétales alimentent les tensions.

Les auteurs de l’essai, en imaginant un scénario catastrophe, semblent vouloir alerter sur les risques d’un virage à droite. Mais pour leurs détracteurs, comme Eugénie Bastié, cette approche relève davantage d’une stratégie de communication désespérée que d’une réflexion politique constructive.

Et maintenant ?

La sortie de Sans eux pourrait alimenter les débats dans les semaines à venir, notamment parmi les intellectuels et les responsables politiques de gauche. Reste à voir si cet essai influencera les orientations du Parti socialiste ou de La France insoumise, ou s’il sera rapidement éclipsé par d’autres sujets d’actualité. Les prochaines échéances électorales de 2027 devraient également clarifier la stratégie des différents camps face à la montée des idées conservatrices.

Dans ce contexte, la polémique autour de ce livre illustre une fois de plus les divisions persistantes au sein de la gauche, entre ceux qui prônent une alliance avec les forces progressistes et ceux qui, comme les auteurs de Sans eux, misent sur une stratégie d’alerte maximale.

La chronique d’Eugénie Bastié, publiée dans Le Figaro, s’inscrit donc dans un débat plus large sur l’avenir de la gauche française et sa capacité à proposer une vision mobilisatrice, plutôt que de se contenter de dénoncer les risques supposés d’un basculement à droite.

Les auteurs de Sans eux sont Guillaume Hannezo, Hakim El Karoui et Thierry Pech, trois experts affiliés au laboratoire d’idées Terra Nova. Ce dernier est un think tank progressiste français, souvent associé à des propositions politiques de gauche.