Avec moins de quinze jours avant la finale de l’Eurovision 2026, programmée le 16 mai à Vienne, en Autriche, les parieurs et observateurs du plus grand télé-crochet musical européen s’accordent sur un top cinq des favoris. Selon Franceinfo - Culture, la Finlande arrive en tête des pronostics, suivie par la Grèce, le Danemark, la France et l’Australie. Retour sur les atouts de ces cinq représentants, qui pourraient bien décrocher le trophée cette année.

Ce qu'il faut retenir

  • La Finlande, représentée par le duo Linda Lampenius (violoniste) et Pete Parkkonen (chanteur), est donnée favorite par les bookmakers pour remporter l’Eurovision 2026.
  • La Grèce mise sur Akylas Mytilineos, un artiste queer dont la chanson Ferto (« Ramène ça ! ») aborde le thème de la réussite matérielle et sociale.
  • Le Danemark compte sur Søren Torpegaard Lund, dont le titre pop-électro Før vi går hjem (« Avant de rentrer ») pourrait bénéficier d’un regain d’intérêt géopolitique.
  • La France présente Monroe, 17 ans, jeune chanteuse lyrique franco-américaine, avec le titre Regarde !, mêlant pop et airs d’opéra.
  • L’Australie mise sur Delta Goodrem, 41 ans, pour offrir une power ballade avec Eclipse et décrocher sa première victoire.

La Finlande, favorite malgré une seule victoire historique en 2006

Parmi les 35 participants à l’Eurovision 2026, c’est la Finlande qui cristallise toutes les attentions. Le duo formé par la violoniste Linda Lampenius, 56 ans, et le chanteur pop Pete Parkkonen, 36 ans, séduit par son titre Liekinheitin (« Lance-flamme »), interprété en finnois. Leur prestation allie danse et qualité musicale, comme l’explique auprès de l’AFP Anna Muurinen, experte finlandaise du concours : « Leur performance offre trois minutes de pure dramaturgie, mêlant passion et rigueur technique. »

La mise en scène, marquée par un rideau de feu et des costumes étincelants, renforce l’impact visuel, tandis que le texte, qui évoque un amour non partagé, touche un public large sans recourir à l’anglais. La Finlande, qui n’a remporté l’Eurovision qu’une seule fois en 2006, espère ainsi toucher une audience internationale tout en restant fidèle à ses racines linguistiques.

La Grèce mise sur Akylas Mytilineos et son identité queer

Avec Ferto (« Ramène ça ! »), le représentant grec Akylas Mytilineos, 27 ans, propose une chanson dynamique et mordante, portée par un son typiquement méditerranéen. Né sur des bateaux de croisière, ce chanteur autodéclaré queer a vu sa carrière décoller grâce aux réseaux sociaux après sa participation à la version grecque de The Voice en 2022.

Son clip, où il arbore lunettes de soleil et bonnet caractéristique, met en avant des thèmes d’expression de soi et d’acceptation, dans un pays où les droits LGBTQ+ restent un sujet sensible. La Grèce, déjà victorieuse en 2005, mise sur cette approche moderne pour séduire les jurys et le public. « Sa musique porte un message fort, autant qu’elle est entraînante », souligne un observateur du concours.

Le Danemark pourrait profiter d’un effet géopolitique inattendu

Représenté par Søren Torpegaard Lund, 27 ans, le Danemark mise sur Før vi går hjem (« Avant de rentrer »), une chanson pop-électro aux accents clubbing. Selon Lisanne Wilken, spécialiste du concours et maître de conférences à l’Université d’Aarhus, ce titre profite d’un contexte géopolitique favorable : « La situation autour du Groenland et des relations avec l’administration Trump a placé le Danemark sous les projecteurs d’une manière inédite. »

Ce regain d’intérêt, couplé à une performance visuelle soignée, pourrait permettre au royaume de remporter l’Eurovision pour la quatrième fois, la dernière en date remontant à 2013. Une victoire serait également symbolique pour le chanteur, victime de harcèlement homophobe sur les réseaux sociaux. « C’est une occasion de répondre par la culture à ceux qui veulent le faire taire », confie-t-il.

Monroe, la benjamine française, incarne l’espoir d’un renouveau musical

Avec Monroe, 17 ans, la France présente la plus jeune candidate de cette édition 2026. Cette chanteuse lyrique franco-américaine, découverte dans l’émission Prodiges sur France 2, interprétera Regarde !, un titre mêlant pop, opéra et références aux comédies musicales. Son double héritage culturel, entre Whitney Houston et Cecilia Bartoli, promet une performance aussi technique que captivante.

« Ça me donne envie de travailler ma voix pour porter les couleurs de la France et de notre belle culture », a-t-elle déclaré après sa sélection. La France, qui compte cinq victoires historiques (la dernière en 1977), mise sur son charisme et sa maîtrise vocale pour séduire un public international.

Delta Goodrem, l’Australie et l’espoir d’une première victoire

L’Australie, pays où l’Eurovision est très suivi, compte sur Delta Goodrem, 41 ans, pour décrocher sa première victoire. Avec Eclipse, une power ballade où le piano se mêle à des crescendos vocaux impressionnants, l’artiste met en avant sa maîtrise technique et son expérience. Née à Sydney, elle a signé son premier contrat à 15 ans et vendu plus de neuf millions d’albums.

Coach dans The Voice Australia, auteure-compositrice, musicienne et actrice, Goodrem représente une valeur sûre pour le pays océanien. « Sa performance est à la fois intime et puissante, exactement ce qu’il faut pour marquer les esprits », estime un critique musical australien.

Et maintenant ?

Les répétitions générales à Vienne débuteront dans quelques jours, offrant aux cinq favoris l’opportunité de peaufiner leurs prestations avant la retransmission en direct du 16 mai. Les jurys professionnels et le télévote du public auront alors le dernier mot. Une victoire finlandaise ou australienne marquerait une première pour ces pays, tandis qu’une performance grecque ou danoise pourrait redéfinir les rapports de force en Europe du Nord. Quant à Monroe, son entrée en scène à seulement 17 ans pourrait bien symboliser l’avenir d’un concours en constante évolution.

Reste à voir si l’un de ces cinq pays parviendra à briser la tendance et à ajouter son nom au palmarès déjà riche de l’Eurovision. Une chose est sûre : le spectacle s’annonce déjà comme l’un des plus disputés de ces dernières années.

Outre les cinq favoris, les observateurs surveillent de près l’Italie avec Angelina Mango et son titre La Noia, ainsi que le Royaume-Uni, représenté par Olly Alexander, qui pourrait profiter de son statut de célébrité internationale. L’Ukraine, avec son groupe Tvorchi, et la Suède, avec Loreen (vainqueure en 2012 et 2023), sont également cités comme outsiders sérieux.