Selon Euronews FR, une enquête récente révèle que près de la moitié des adultes résidant en France, en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni envisagent de s’installer à l’étranger à un moment donné de leur vie. Réalisée pour le compte de la compagnie d’assurance numérique Feather, cette étude met en lumière les motivations derrière ce projet, ainsi que les destinations privilégiées par les candidats à l’expatriation.
Ce qu'il faut retenir
- 47 % des adultes interrogés dans ces quatre pays estiment qu’ils vivront un jour dans un autre pays, selon l’enquête Feather.
- La crise du coût de la vie est la principale raison évoquée, citée par 53 % des Britanniques, 48 % des Français, 43 % des Allemands et 32 % des Italiens.
- L’Espagne s’impose comme la destination favorite des candidats à l’expatriation, notamment pour les Britanniques et les Italiens.
- Seulement 10 % des personnes interrogées dans chaque pays déclarent ne « jamais » envisager de partir.
- Les Britanniques sont les plus ouverts aux destinations lointaines, avec 19 % souhaitant s’installer en Australie et 15 % au Canada.
Des motivations économiques derrière un projet d’expatriation
La crise du coût de la vie apparaît comme le principal moteur de cette envie de partir. Selon les données recueillies par Feather, 53 % des Britanniques citent ce facteur, suivis par 48 % des Français, 43 % des Allemands et 32 % des Italiens. Cette tendance reflète une recherche de conditions de vie plus abordables, un enjeu particulièrement prégnant dans un contexte inflationniste.
Les résultats de l’enquête, menée auprès de 500 adultes par pays, montrent également que seul un Européen sur dix dans chaque pays interrogé affirme ne « jamais » envisager de s’expatrier. Un chiffre qui souligne une volonté généralisée de mobilité, même si les motivations varient selon les profils et les pays.
L’Espagne, destination reine des candidats à l’expatriation
Si les préférences en matière de destination diffèrent selon les nationalités, l’Espagne s’impose comme le choix le plus consensuel. Pour les Britanniques et les Italiens, elle arrive en tête des destinations souhaitées, avec respectivement 24 % et 20 % des personnes interrogées la désignant comme leur future résidence. En France et en Allemagne, elle se classe en deuxième position, avec 16 % et 12 % des voix.
Côté français, le Canada devance l’Espagne avec 17 % des citations, suivi par l’Italie à 14 %. Les Allemands, eux, privilégient des destinations plus proches : l’Autriche arrive en tête avec 17 %, devant l’Espagne et la Suisse, toutes deux à 12 %.
Les Britanniques, champions de l’expatriation lointaine
Les ressortissants du Royaume-Uni se distinguent par leur attirance pour des destinations plus éloignées. Ainsi, 19 % d’entre eux envisagent de s’installer en Australie, 15 % au Canada et 10 % en Nouvelle-Zélande. Une tendance qui contraste avec les choix des autres pays européens, où les destinations restent majoritairement continentales ou nord-américaines.
Pourtant, Dubaï, souvent perçue comme une plaque tournante de l’expatriation, n’attire que 3 % des Britanniques. Les auteurs de l’étude soulignent que ce chiffre pourrait avoir été influencé par le contexte géopolitique de l’époque. En effet, l’enquête a été réalisée fin juin 2026, quelques mois après les frappes iraniennes contre les Émirats arabes unis, un événement susceptible d’avoir tempéré l’enthousiasme pour cette destination.
Vers une nouvelle forme d’expatriation : les « semi-pats »
Au-delà des chiffres, Feather a sollicité l’avis de Holly Rubenstein, animatrice du podcast The Travel Diaries, pour éclairer les évolutions du phénomène migratoire. Selon elle, la traditionnelle expatriation, où l’on s’installe définitivement dans un pays, est en déclin. À la place, une nouvelle tendance émerge : celle des « semi-pats », ces expatriés qui privilégient un mode de vie plus flexible.
« La nouvelle forme est beaucoup plus fluide : passer six mois quelque part, travailler à distance, tester un mode de vie et tisser des liens dans plusieurs endroits », explique-t-elle. Cette approche, qui se généralise avec la digitalisation du travail, pourrait redéfinir les attentes des futures générations. « La génération Alpha grandira en considérant les connexions à distance comme la norme », souligne Holly Rubenstein. « Pour elle, la carrière, les amitiés et l’identité n’auront pas besoin d’être ancrées dans un seul endroit ».
Reste à observer si les gouvernements européens sauront adapter leurs politiques migratoires et fiscales pour attirer – ou retenir – ces nouveaux candidats à l’expatriation. Une chose est sûre : la donne a changé, et l’Europe n’a plus le monopole des rêves d’ailleurs.
Un « semi-pat » est un expatrié qui adopte un mode de vie flexible, alternant entre plusieurs pays sur des périodes de quelques mois. Ce concept reflète une nouvelle tendance où l’on privilégie l’expérience nomade plutôt que l’installation définitive dans un seul pays, comme l’explique Holly Rubenstein dans l’enquête Feather.