Le gouvernement français a pris la décision d’expulser Xenia Fedorova, ancienne patronne de Russia Today France, comme l’a annoncé le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez le 29 juillet 2026. Selon un sondage YouGov pour le HuffPost, publié ce samedi 8 août par BFM - Faits Divers, 44 % des Français soutiennent cette mesure, tandis que 23 % s’y opposent. La question divise particulièrement selon les sensibilités politiques des sondés.
Ce qu'il faut retenir
- 44 % des Français approuvent l’expulsion de Xenia Fedorova, contre 23 % de rejet, selon un sondage YouGov pour le HuffPost publié le 8 août 2026.
- Les électeurs proches du Parti socialiste (55 %) sont les plus favorables à cette décision, tandis que ceux proches du Rassemblement national (31 %) y sont moins favorables, avec 38 % d’opposés.
- Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez justifie cette expulsion par le risque que Xenia Fedorova fait peser sur les « intérêts fondamentaux de la nation », l’accusant de relayer la propagande russe.
- Xenia Fedorova a dénoncé une « censure des opinions dissidentes » et une « pression politique » dans un communiqué du 31 juillet 2026.
- La diplomatie russe a qualifié cette décision d’« acharnement » et de « persécution politique », évoquant des « accusations fallacieuses ».
Une décision controversée au sein des médias français
L’annonce de l’arrêté ministériel d’expulsion a suscité un tollé au sein des groupes Canal+ et Lagardère, qui détiennent plusieurs médias français, dont CNews. Xenia Fedorova, désormais chroniqueuse sur ces plateformes, devient ainsi un symbole des tensions autour de la liberté éditoriale et de la ligne politique de ces groupes. Vincent Bolloré, milliardaire conservateur et actionnaire majoritaire de ces groupes, se retrouve au cœur des débats sur l’influence étrangère dans les médias.
Les accusations portées contre Xenia Fedorova ne sont pas nouvelles. Dès mai 2026, Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, l’avait qualifiée de « propagandiste patentée » du Kremlin. « Chacun est libre de sa ligne éditoriale, mais ouvrir à cette dame ses plateaux et ses colonnes, c’est tout simplement servir la soupe de Vladimir Poutine », avait-il ajouté, selon BFM - Faits Divers.
Un clivage politique marqué sur cette question
Les résultats du sondage révèlent des disparités selon les affiliations politiques. Les électeurs socialistes sont les plus nombreux à soutenir l’expulsion (55 %), suivis par ceux se déclarant proches de La République en Marche (50 %). En revanche, les sympathisants du Rassemblement national y sont moins favorables, avec seulement 31 % de soutien. Ils représentent également la catégorie où l’opposition à cette mesure est la plus forte (38 %).
Ce clivage reflète les divisions plus larges au sein de la société française sur la question de l’influence russe et de la liberté de la presse. Pour ses détracteurs, Xenia Fedorova incarne une menace pour le débat démocratique, tandis que ses défenseurs y voient une atteinte à la liberté d’expression. Laurent Nuñez, pour sa part, insiste sur le caractère exceptionnel de cette mesure : « Xenia Fedorova ne représente pas seulement une opinion divergente, mais une menace active contre les institutions françaises », a-t-il affirmé.
Une polémique qui dépasse les frontières
La Russie a réagi avec fermeté à cette décision. Le porte-parole adjoint du ministère russe des Affaires étrangères, Alexeï Fadeïev, a dénoncé le 6 août 2026 une « persécution politique » basée sur des « accusations infondées ». « Tout point de vue divergent est qualifié de propagande russe, ce qui s’accompagne de tentatives visant à évincer des journalistes et des médias entiers », a-t-il déclaré dans un communiqué. Moscou accuse la France de mener une « chasse aux sorcières » et de politiser le débat sur l’information.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de tensions accrues entre la France et la Russie, notamment depuis le début de la guerre en Ukraine. Plusieurs responsables politiques et médias français ont été pointés du doigt pour leur proximité supposée avec le Kremlin. Xenia Fedorova, qui a travaillé pendant des années pour Russia Today, une chaîne d’information russe, est devenue un symbole de cette lutte d’influence.
« Tout point de vue divergent est qualifié de propagande russe, ce qui s’accompagne de tentatives visant à évincer des journalistes et des médias entiers. »
Alexeï Fadeïev, porte-parole adjoint du ministère russe des Affaires étrangères, 6 août 2026
Cette affaire pose également la question de l’influence étrangère dans les médias français, un sujet qui pourrait être abordé lors des prochaines sessions parlementaires. Plusieurs députés ont déjà annoncé leur intention de déposer des propositions de loi visant à renforcer le contrôle sur les médias détenus par des actionnaires étrangers.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a justifié cette expulsion par le risque que Xenia Fedorova fait peser sur les « intérêts fondamentaux de la nation ». Il l’accuse de relayer la propagande russe en France, une activité qu’il juge dangereuse pour le fonctionnement démocratique du pays.