Le tribunal administratif de Paris a rendu sa décision ce lundi 3 août 2026 : le recours en référé de la chroniqueuse pro-Kremlin Xenia Fedorova, visant à contester son expulsion du territoire français et le gel de ses avoirs, a été rejeté. Selon BFM - Faits Divers, cette décision s'appuie sur l'absence de démonstration d'une « extrême urgence » par la requérante.

Ce qu'il faut retenir

  • Le tribunal administratif de Paris a rejeté, le 3 août 2026, le recours en référé de Xenia Fedorova contre son expulsion et le gel de ses avoirs.
  • La chroniqueuse, âgée de 45 ans, n'a pas justifié d'une « extrême urgence » selon les magistrats, faute d'avoir démontré un besoin urgent de quitter le territoire parisien.
  • Assignée à résidence depuis le 30 juillet, elle a été accusée par les autorités françaises d'être un « relais des campagnes de désinformation » du Kremlin.
  • Le gel de ses avoirs vise à empêcher toute ingérence future, en bloquant l'accès à ses fonds ou ressources économiques.
  • Xenia Fedorova intervient régulièrement sur CNews, Europe 1 et dans l'hebdomadaire le JDNews, selon les informations rapportées par BFM - Faits Divers.

Le juge des référés a estimé que les arguments avancés par Xenia Fedorova ne remplissaient pas les critères nécessaires pour justifier une suspension immédiate des mesures prises à son encontre. Dans un communiqué, les magistrats ont précisé qu'elle n'avait « aucun besoin de sortir du territoire parisien », n'avait « sollicité aucune autorisation auprès du préfet de police » et s'était contentée d'évoquer, de manière vague, les « gênes » causées par l'obligation de pointage quotidienne. « Aucune précision » n'a été apportée sur l'impact personnel de ces décisions, ce qui a conduit le tribunal à écarter la notion d'urgence.

Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de tensions entre la France et la Russie, notamment sur la question de la désinformation. Xenia Fedorova, accusée d'être un « relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes », a été visée par des arrêtés d'expulsion et de gel de ses avoirs la semaine dernière. Ces mesures visent à « déstabiliser l'ordre public » en France, selon les autorités. « Elle reprend systématiquement la propagande du Kremlin sur l'engagement de la France, la situation en Ukraine ou encore les motivations de l'agression russe », avait déclaré le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez lors de l'annonce de ces décisions.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait quant à lui qualifié la chroniqueuse de « « agent d'influence » », une qualification reprise par le ministère de l'Économie et des Finances pour justifier le gel de ses avoirs. Ce dernier a expliqué que cette mesure visait à prévenir tout « acte d'ingérence » futur, en empêchant l'utilisation ou la mise à disposition de fonds ou ressources économiques au profit de Xenia Fedorova ou des entités qu'elle contrôle. Une interdiction qui s'étend à toute personne agissant « sciemment » pour son compte.

Xenia Fedorova a occupé le poste de directrice de la chaîne Russia Today (RT) en France, un média aujourd'hui interdit dans l'Union européenne depuis le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Son influence médiatique, notamment sur les plateformes de Vincent Bolloré, avait déjà suscité des inquiétudes quant à une possible manipulation du débat public, en particulier lors de la campagne pour l'élection présidentielle française de 2027. Plusieurs responsables politiques avaient alors pointé du doigt le risque de voir ses interventions servir les intérêts du Kremlin dans le paysage médiatique français.

Une procédure en référé jugée insuffisante

Pour tenter de bloquer son expulsion, Xenia Fedorova avait le choix entre deux procédures : le référé suspension, subordonné à la démonstration d'une urgence, ou le référé liberté, qui exige une « extrême urgence » justifiant une décision sous 48 heures. Elle a opté pour cette dernière option, mais selon les magistrats, sa requête n'a pas respecté les exigences légales. « Elle ne pouvait se limiter à invoquer des présomptions ne s'appliquant pas à sa situation », ont souligné les juges, ajoutant qu'elle aurait dû détailler « les graves incidences personnelles » résultant des décisions contestées. Or, sa requête s'est avérée insuffisante à cet égard.

Cette décision intervient alors que Xenia Fedorova est assignée à résidence depuis le 30 juillet 2026. Malgré ses interventions régulières dans les médias français, les autorités estiment que sa présence sur le sol français représente un risque pour la sécurité nationale. Le gel de ses avoirs, mesure exceptionnelle, illustre la fermeté de la position française face à ce qu'elle considère comme une menace à l'ordre public et à la souveraineté du pays.

Et maintenant ?

Xenia Fedorova dispose désormais d'un délai pour déposer un nouveau recours, cette fois sur le fond de l'affaire, afin de contester les arrêtés d'expulsion et de gel de ses avoirs. Une procédure classique, sans caractère d'urgence, pourrait être engagée dans les prochaines semaines. Les autorités françaises, de leur côté, devraient maintenir leur vigilance quant à d'éventuelles nouvelles tentatives d'ingérence, d'autant que la chroniqueuse conserve une visibilité médiatique malgré son assignation à résidence. La prochaine échéance politique majeure en France, l'élection présidentielle de 2027, pourrait également influencer l'évolution de ce dossier.

Cette affaire rappelle les tensions persistantes entre la France et la Russie en matière de désinformation et d'influence étrangère. Alors que le conflit en Ukraine se poursuit, les autorités françaises semblent déterminées à contrer toute tentative de déstabilisation, quitte à recourir à des mesures exceptionnelles comme l'expulsion ou le gel des avoirs. Le débat sur l'équilibre entre sécurité nationale et libertés individuelles risque de s'intensifier dans les mois à venir, notamment à l'approche des scrutins électoraux.

Selon les autorités françaises, Xenia Fedorova est accusée d'être un « relais des campagnes de désinformation » du Kremlin, visant à « déstabiliser l'ordre public » en France. Ses interventions médiatiques, jugées comme reprenant systématiquement la propagande russe sur l'Ukraine ou l'engagement de la France, ont conduit à son expulsion et au gel de ses avoirs pour prévenir toute nouvelle ingérence.