Selon RFI, les autorités chinoises ont ordonné aux raffineurs indépendants de pétrole de maximiser leur production de carburants afin de compenser les perturbations liées à la crise au Moyen-Orient et au blocage du détroit d'Ormuz. Cette mesure exceptionnelle vise à atténuer l’impact des tensions géopolitiques sur l’approvisionnement énergétique national, mais elle pourrait être assouplie en raison des pertes financières croissantes subies par ces entreprises.

Ce qu'il faut retenir

  • Blocage du détroit d'Ormuz : une crise qui perturbe les flux mondiaux de pétrole depuis plusieurs mois.
  • Pékin a exigé des raffineurs indépendants qu’ils produisent des carburants à tout prix pour sécuriser les stocks nationaux.
  • Ces raffineurs subissent désormais des pertes financières importantes en raison de la surproduction imposée.
  • Les autorités pourraient assouplir leur directive si la situation économique des entreprises continue de se dégrader.
  • La Chine cherche à stabiliser son approvisionnement énergétique malgré l’instabilité régionale.

Cette décision intervient dans un contexte où le détroit d’Ormuz, artère stratégique pour le transport maritime du pétrole, reste sous haute tension. Le passage d’environ un tiers du pétrole mondial transite par cette voie, selon les données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Depuis le début des hostilités en mer Rouge et les tensions accrues entre l’Iran et plusieurs pays occidentaux, les risques de blocage prolongé se sont multipliés. Pékin, qui dépend fortement des importations d’hydrocarbures, a donc pris des mesures radicales pour sécuriser ses réserves, malgré les coûts économiques associés.

Les raffineurs indépendants chinois, souvent moins protégés que les grandes entreprises d’État, ont été les premiers visés par cette directive. « Nous avons reçu l’instruction de fonctionner à plein régime, même si cela implique des pertes », a déclaré un responsable d’une raffinerie de Shandong, sous couvert d’anonymat. Selon RFI, ces entreprises auraient déjà enregistré une baisse de leurs marges de l’ordre de 15 à 20 % depuis le début de l’année, en raison de la hausse des coûts opérationnels et de la chute des prix à l’exportation.

Face à cette situation, les autorités chinoises pourraient bientôt revoir leur stratégie. « Si les pertes continuent, nous devrons ajuster nos exigences », a indiqué un haut fonctionnaire du ministère de l’Énergie, cité par RFI. Cette inflexion potentielle reflète la difficulté à concilier impératifs énergétiques et viabilité économique pour les acteurs locaux. Bref, la Chine marche sur une ligne de crête : sécuriser son approvisionnement sans étouffer son industrie.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront décisives pour évaluer l’impact réel de cette directive. Une réunion entre les autorités et les représentants des raffineurs indépendants est prévue d’ici la mi-juin 2026 pour discuter d’un possible assouplissement des mesures. Par ailleurs, Pékin pourrait accélérer la diversification de ses sources d’approvisionnement, notamment via des accords avec la Russie ou d’autres pays producteurs, afin de réduire sa dépendance au Moyen-Orient.

Cette stratégie s’inscrit dans une logique plus large de sécurisation des ressources, alors que les tensions en mer Rouge et au Yémen persistent. Les analystes s’interrogent cependant sur la capacité de la Chine à maintenir son rythme de production actuel sans subir de conséquences économiques durables. Reste à voir si cette politique de « carburants à tout prix » portera ses fruits, ou si elle finira par peser trop lourdement sur le secteur énergétique chinois.