Un chercheur en cybersécurité a révélé qu’un simple document Microsoft Word malveillant peut servir de vecteur de propagation à une faille affectant Copilot, l’outil d’assistance par intelligence artificielle de Microsoft. Selon Numerama, cette vulnérabilité permet à un fichier corrompu de s’infiltrer dans les documents générés ultérieurement par l’IA, sans que l’utilisateur ne soit alerté ni n’ait besoin d’intervenir. Autant dire que le risque de contamination en cascade est bien réel.
Ce qu'il faut retenir
- Un document Word piégé peut infecter les fichiers générés par Copilot pendant 144 jours avant qu’une correction ne soit appliquée.
- La propagation se fait de document en document, sans nouvelle action de l’attaquant une fois le fichier initial modifié.
- Microsoft n’a pas encore publié de correctif définitif, limitant pour l’instant la solution à des contournements manuels.
Une faille exploitable depuis plus de quatre mois
Le problème, identifié par le chercheur en sécurité, repose sur une vulnérabilité dans la manière dont Copilot traite les documents Word. D’après les explications de Numerama, un fichier malveillant peut contenir un code caché qui, une fois ouvert, se réplique dans les fichiers suivants générés par l’outil d’IA. « C’est une propagation silencieuse », a déclaré le chercheur à Numerama, soulignant que « l’attaquant n’a besoin d’agir qu’une seule fois ». La faille a été signalée à Microsoft il y a 144 jours, mais aucune mise à jour complète n’a encore été déployée à ce jour.
Comment un seul fichier peut contaminer des centaines d’autres
Le mécanisme de contamination repose sur la façon dont Copilot intègre et génère du contenu à partir de documents existants. Lorsqu’un utilisateur demande à Copilot de produire un nouveau fichier à partir d’un document infecté, l’IA reproduit automatiquement le code malveillant dans le fichier de sortie. « Le problème est que Copilot ne vérifie pas l’intégrité des documents sources », a précisé l’expert en cybersécurité. Résultat : un seul document Word piégé peut, en théorie, contaminer des dizaines, voire des centaines de fichiers, créant ainsi une chaîne de propagation difficile à détecter et à interrompre.
Microsoft travaille sur une solution, mais les utilisateurs restent exposés
Face à cette faille, Microsoft a reconnu l’existence du problème et travaille sur un correctif. Dans un communiqué, la firme de Redmond a indiqué avoir « identifié la vulnérabilité et mis en place des mesures temporaires » pour limiter les risques. Cependant, ces mesures ne suffisent pas à éradiquer totalement la menace. Pour l’instant, les utilisateurs de Copilot sont invités à désactiver temporairement l’outil ou à vérifier manuellement les fichiers générés. Une solution pérenne est attendue, mais aucune date de déploiement n’a été communiquée par Microsoft.
Cette faille rappelle une fois de plus les risques associés à l’intégration croissante de l’intelligence artificielle dans les outils bureautiques. Si Copilot et ses concurrents offrent un gain de productivité indéniable, leur sécurité reste un chantier permanent. Le cas présent illustre notamment comment une faille initialement limitée peut, en l’absence de réaction rapide, devenir un problème systémique.
À ce jour, il n’existe pas de symptôme visible permettant d’identifier un fichier contaminé. La propagation se fait de manière silencieuse, sans altération apparente du contenu. La seule solution reste une vérification manuelle ou l’utilisation d’un outil d’analyse de sécurité dédié.