La famille de Théo Sahna, un détenu mort un mois après son incarcération à la prison de Fresnes en janvier 2022, a saisi cette semaine le tribunal administratif de Melun. Elle demande la condamnation de l'État, qu'elle accuse de négligence ayant directement contribué à son décès, selon Franceinfo – Faits divers.

Ce qu'il faut retenir

  • Théo Sahna, 28 ans, est décédé un mois après son incarcération à la prison de Fresnes en décembre 2021.
  • Sa famille accuse l'administration pénitentiaire d'avoir laissé son état se dégrader malgré des troubles psychiques sévères.
  • L'autopsie a écarté la thèse du suicide, et l'inspection générale de la justice a conclu à une succession de négligences en mars 2022.
  • L'avocat de la famille dénonce l'inaction de l'administration, malgré des comportements alarmants signalés.
  • Une information judiciaire est toujours en cours sur les circonstances de sa mort.

Théo Sahna a été écroué à la prison de Fresnes (Val-de-Marne) en décembre 2021. Un mois plus tard, en janvier 2022, il était retrouvé mort dans sa cellule. Son décès a depuis donné lieu à une procédure judiciaire et à une mobilisation familiale qui accuse l'État de responsabilité dans sa disparition. Comme le rapporte Franceinfo – Faits divers, ses proches ont décidé de saisir la justice pour obtenir la condamnation de l'administration pénitentiaire, qu'ils estiment avoir failli à ses obligations.

La famille dénonce une lente agonie. Selon elle, Théo Sahna a été abandonné à son sort malgré des signes évidents de détresse psychique. « Il refusait de manger, il vivait tout nu en plein mois de décembre, fenêtres ouvertes dans sa cellule. Il faisait des bruits d'animaux quasiment H24 », témoigne son frère David Sahna. Pour lui, « l'administration l'a regardé dépérir semaine après semaine. Et ça, ce n'est pas normal ». Ces conditions de détention, qualifiées d'extrêmes par la famille, auraient précipité son état de santé, sans que l'administration n'intervienne efficacement.

L'autopsie réalisée après sa mort a écarté l'hypothèse d'un suicide. Pourtant, l'administration pénitentiaire avait été alertée à plusieurs reprises. Lors de son incarcération, un psychiatre avait conclu à des « troubles factices pour obtenir une sortie de détention ». Une conclusion que son frère conteste : « À quel moment on simule la folie jusqu'à en mourir ? ». L'inspection générale de la justice, dans un rapport rendu en mars 2022, avait elle-même pointé une « succession de négligences aboutissant à l'abandon du détenu ».

« L'administration pénitentiaire savait qu'il dormait dans son urine, et qu'il poussait des cris de bêtes toute la nuit. Et pour autant, l'administration n'a pas agi. »
— Antoine Ory, avocat de la famille de Théo Sahna

Le rapport annuel 2025 de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, publié ce jeudi 28 mai 2026, alerte une nouvelle fois sur la dégradation des conditions de détention en France. La surpopulation carcérale et la vétusté de certaines prisons sont pointées du doigt, dans un contexte où les établissements peinent à faire face à l'afflux de détenus. Ce rapport intervient alors que la famille Sahna engage une procédure pour faire reconnaître la responsabilité de l'État dans la mort de leur proche.

Contactée par Franceinfo – Faits divers, l'administration pénitentiaire n'a pas souhaité réagir à ces accusations. Une information judiciaire, ouverte sur les circonstances de la mort de Théo Sahna, est toujours en cours. Ses résultats pourraient apporter des éléments supplémentaires sur les responsabilités en jeu.

Et maintenant ?

La procédure engagée par la famille devant le tribunal administratif de Melun pourrait aboutir à une condamnation de l'État, si les négligences sont établies. Les conclusions de l'information judiciaire, dont l'échéance n'est pas précisée, pourraient également influencer l'issue de l'affaire. Par ailleurs, le rapport de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, publié ce 28 mai 2026, pourrait alimenter le débat public sur les conditions de détention en France et les dysfonctionnements persistants du système pénitentiaire.

Cette affaire survient dans un contexte où les prisons françaises, déjà sous tension, voient leurs conditions se dégrader. La surpopulation, couplée à un manque de moyens, rend la prise en charge des détenus à risques particulièrement complexe. La famille Sahna espère que sa démarche judiciaire contribuera à une prise de conscience et à des améliorations structurelles.

La famille estime que l'administration a laissé Théo Sahna dépérir malgré des troubles psychiques sévères, visibles par son refus de s'alimenter, son comportement nu dans une cellule glaciale et ses cris incessants. L'inspection générale de la justice a confirmé dans son rapport de mars 2022 une « succession de négligences » ayant conduit à son abandon.