« On est passés de 1 à 7 millions d’euros en quelques années », déclare Stéphane Pallez, PDG de FDJ United, sans détour. Selon RMC Sport, l’équipe féminine FDJ United-Suez, favorite du Tour de France Femmes 2026, incarne aujourd’hui l’excellence du cyclisme mondial. Avec 23 victoires cette saison et des partenaires comme Specialized, Nike ou Red Bull, la formation française a su transformer une ambition en réalité.

Ce qu'il faut retenir

  • Le budget de l’équipe a été multiplié par 14 entre 2008 et 2026, passant de 1 à 7 millions d’euros.
  • FDJ United-Suez est la première équipe féminine UCI World Tour et cumule 23 victoires en 2026.
  • L’équipe compte désormais plus de 50 salariés, contre seulement deux bénévoles en 2007.
  • Les salaires, autrefois inférieurs à 500 euros par mois, sont désormais comparables à ceux des employés qualifiés.
  • Les infrastructures incluent un bus et un camping-car parmi les plus modernes du peloton, masculin comme féminin.
  • La saison 2026 a vu l’équipe remporter la quasi-totalité des classiques (Giro, Liège-Bastogne-Liège, Paris-Roubaix, Tour des Flandres).

Un pari audacieux né d’une conviction

Tout commence fin 2014, lorsque Stéphane Pallez, fraîchement nommée présidente de FDJ United, pose un constat : « Je me suis dit : 'C'est bizarre qu'on soit aussi forts dans le cyclisme masculin et qu'on n'utilise pas notre force pour le cyclisme féminin' », explique-t-elle à RMC Sport. À l’époque, les championnes françaises évoluaient souvent dans des équipes étrangères, faute de structures locales compétitives. La PDG décide alors d’investir dans une équipe existante, portée par Stephen Delcourt, manager bénévole depuis 2007. Leur rencontre, facilitée par un événement à l’hôtel de ville de Paris, scelle un partenariat basé sur des valeurs communes : « On a eu tout de suite un croisement de valeurs », souligne Delcourt.

Le déclic intervient lorsque les deux dirigeants réalisent que l’équipe féminine, déjà solide collectivement, manque simplement de moyens pour performer à l’international. « On leur a donné les moyens de concourir dans les meilleures conditions », précise Pallez. Concrètement, cela signifie financer des équipements haut de gamme, des calendriers adaptés, et surtout, des salaires décents. « On a acheté notre premier camping-car », se souvient Delcourt, évoquant avec humour l’étonnement de Pallez face à ce qui, à ses yeux, représentait alors le « plus gros investissement » de l’équipe.

Des infrastructures et des partenaires à la hauteur des ambitions

L’arrivée de FDJ United a marqué un tournant. En quelques années, l’équipe est passée d’un statut semi-professionnel à une structure dotée d’infrastructures dignes des meilleures équipes mondiales. « On a l’un des plus beaux bus du peloton », se félicite Delcourt. Les partenaires se sont également multipliés : Specialized pour les vélos, Nike pour l’habillement, et Red Bull pour l’accompagnement sportif. Ces collaborations ont permis de professionnaliser l’ensemble de la chaîne, des coureuses aux staffs techniques.

Le budget, multiplié par sept en quelques années, a aussi permis de recruter des talents internationaux tout en fidélisant les françaises. « On a réussi à faire taire des années de rumeurs qu'une équipe française ne pouvait pas être numéro un mondiale », souligne Delcourt. Un défi relevé avec brio, comme en témoignent les résultats : 23 victoires en 2026, dont la majorité des grandes classiques du calendrier.

Des salaires « confortables » et une gestion humaine innovante

L’un des changements les plus marquants concerne la rémunération des athlètes. « Les coureuses ne gagnaient que 500 euros par mois il y a quelques années, c’était choquant », reconnaît Pallez. Aujourd’hui, les salaires sont alignés sur ceux des employés qualifiés, avec des avantages sociaux inédits dans le cyclisme féminin. « On a complètement changé de taille », insiste-t-elle. Un investissement jugé rentable : « C’est un bon investissement pour avoir une équipe au niveau international. »

Delcourt évoque également une politique sociale avant-gardiste. « Une coureuse suisse, Élise Chabbey, est enceinte et reste salariée de l’équipe », précise-t-il. Contrairement à la réglementation UCI, qui autorise une réduction de salaire de 50 % après trois mois, l’équipe a choisi de maintenir son salaire à 100 %. « Ce n’est pas une maladie », ajoute-t-il, soulignant une approche humaine qui dépasse le cadre strictement sportif. « On crée de la vocation, que ce soit sur le vélo ou en dehors », conclut-il, évoquant des projets d’accompagnement pour l’après-carrière des athlètes.

Un Tour de France Femmes 2026 sous haute tension

Avec un palmarès déjà exceptionnel en 2026, l’équipe aborde le Tour de France Femmes comme l’aboutissement de sa saison. « On arrive avec beaucoup de motivation, mais on sait que nos adversaires sont revanchardes », analyse Delcourt. Pauline Ferrand-Prévot, tenante du titre, est désignée comme la grande favorite. « On a une pression quotidienne », admet Pallez, mais l’équipe a choisi de se préparer sereinement : « On a fait un mois de juillet très light, avec trois semaines de stage à Tignes. On a fini le stage dans une ambiance colonie de vacances. »

Pour autant, la compétition s’annonce serrée. « On a gagné de peu », rappelle Delcourt. « Nos adversaires travaillent très dur et nous ont poussés jusqu’au bout sur les 23 victoires. » Une victoire sur le Tour de France serait donc un couronnement, mais aussi une confirmation. « Un Tour vaut-il 23 victoires ? » interroge Delcourt. « Non, mais c’est une étape symbolique. »

Et maintenant ?

L’équipe FDJ United-Suez devra confirmer son statut lors du Tour de France Femmes 2026, dont la troisième étape est prévue pour ce samedi 9 août. Si la victoire finale semble à portée de main, la pression sera maximale face à des adversaires déterminées à renverser l’ordre établi. À plus long terme, les dirigeants visent une féminisation accrue de leur structure, avec l’ambition de créer des vocations et de pérenniser l’excellence française dans le cyclisme féminin. Une nouvelle saison s’annonce déjà, avec pour objectif de consolider une domination qui n’a rien d’accidentelle.

La saison 2026 marque ainsi un tournant pour le cyclisme féminin français. Entre investissements massifs, professionnalisation des structures et résultats concrets, FDJ United-Suez a su prouver que la parité dans le sport n’est pas un vœu pieux, mais une réalité en marche. Reste à voir si cette dynamique saura inspirer d’autres disciplines, et si les autres nations suivront cet exemple.

Selon RMC Sport, l’équipe compte parmi ses partenaires majeurs Specialized (vélos), Nike (équipement sportif), Red Bull (énergie et accompagnement), ainsi que d’autres sponsors internationaux qui ont rejoint le projet ces dernières saisons.

Cette évolution s’explique par la volonté de FDJ United de professionnaliser une équipe féminine déjà compétitive, en alignant les salaires, les infrastructures et les moyens techniques sur ceux des meilleures équipes mondiales. Stéphane Pallez, PDG de FDJ United, souligne que « traiter les coureuses comme des championnes de haut niveau était un investissement nécessaire pour atteindre l’excellence ».