Alors que la Fédération internationale de football (FIFA) se prépare à l’élection présidentielle de mars 2027, les tensions montent au sein de ses membres. Selon Franceinfo – Sport, le président de la Fédération jordanienne de football, Ali ben Al Hussein, a accusé publiquement l’instance dirigeante de tenter de le faire chanter pour obtenir son soutien en faveur du président sortant, Gianni Infantino. Dans un message publié sur X (ex-Twitter) le 4 août 2026, ce dernier a dénoncé des pressions économiques et financières exercées à l’encontre de son pays, alors que la Jordanie traverse une crise budgétaire.
Ce qu'il faut retenir
- Ali ben Al Hussein, président de la Fédération jordanienne de football, affirme avoir reçu des pressions pour soutenir Gianni Infantino lors de la prochaine élection présidentielle de la FIFA en mars 2027.
- La Jordanie, dont la fédération souffre de difficultés économiques, dénonce des taxes américaines élevées liées à sa participation à la Coupe du monde 2026, contrairement à d’autres pays hôtes.
- Ali ben Al Hussein critique le non-versement des primes de la Coupe arabe 2025, malgré la finale atteinte par l’équipe jordanienne, alors que la FIFA dispose de réserves financières colossales.
- Le président jordanien exige la fin du vote secret pour les élections de la FIFA, afin d’éviter les pressions en coulisses.
Une fédération sous pression économique
La Fédération jordanienne de football fait face à une situation financière délicate. Ali ben Al Hussein a expliqué que son pays, « un petit pays avec un budget minimal pour sa fédération », est soumis à des « coûts énormes en taxes » pour sa participation à la Coupe du monde 2026 aux États-Unis. Une situation qu’il juge inéquitable : « Ce n’était pas le cas pour ceux qui ont joué et installé leur camp de base au Canada et au Mexique, mais nous avons eu la malchance d’être aux États-Unis », a-t-il déclaré sur X. Selon ses propos, rapportés par Franceinfo – Sport, ces taxes pèsent lourdement sur les finances de la fédération, déjà fragilisées.
Le président jordanien a également pointé du doigt le retard dans le versement des primes liées à la Coupe arabe 2025, organisée au Qatar. « L’argent que notre équipe devait recevoir pour avoir atteint la finale n’a pas encore été versé, alors qu’en même temps, la FIFA se vante des milliards de dollars qu’elle a en réserve », a-t-il dénoncé. Une critique qui s’ajoute aux tensions déjà existantes entre certaines fédérations et l’instance dirigeante du football mondial.
Des pressions pour soutenir Gianni Infantino
C’est dans ce contexte que, selon ses déclarations, Ali ben Al Hussein aurait été approché pour apporter son soutien à Gianni Infantino. « Pendant des mois, la FIFA a refusé de nous aider, jusqu’à ce qu’on me fasse savoir verbalement pendant la Coupe du monde que si je soutenais Infantino, cela aiderait grandement notre fédération », a-t-il révélé. Une assertion qui, pour lui, relève du chantage. « Nous sommes fiers en Jordanie de défendre des valeurs éthiques. Nous ne l’avons pas soutenu auparavant, et certainement pas maintenant », a-t-il affirmé, réaffirmant son refus de céder à ces pressions.
Cette affaire intervient alors que Gianni Infantino, en campagne pour sa réélection, voit son soutien s’éroder parmi les membres de la FIFA. L’UEFA a récemment exercé une pression croissante, tandis que plusieurs fédérations ont retiré leur soutien. Son conseiller principal a également démissionné, ajoutant aux turbulences entourant sa candidature.
Une demande de transparence pour les élections de la FIFA
Face à ces allégations de pressions, Ali ben Al Hussein a appelé à une réforme du processus électoral de la FIFA. Il a demandé que les votes ne soient plus secrets lors de l’élection présidentielle de mars 2027, afin d’assurer une plus grande transparence. « Cela constituerait une protection pour chaque association membre, qui pourrait être sous pression pour prendre une décision basée sur une coercition en coulisses, comme cela s’est produit par le passé », a-t-il souligné sur X. Une proposition qui, si elle était adoptée, pourrait limiter les manœuvres d’influence au sein de l’instance dirigeante.
Pour la Jordanie, cette demande s’inscrit dans une volonté de défendre l’intégrité du football international. « Nous ne voulons pas être une fédération qui cède à des pressions, mais une fédération qui agit avec éthique et transparence », a rappelé Ali ben Al Hussein, alors que son pays tente de surmonter ses difficultés financières.
Pour Gianni Infantino, la tâche s’annonce plus compliquée qu’attendue. Entre les critiques sur sa gestion financière et les allégations de chantage, son maintien à la tête de la FIFA n’est plus aussi assuré qu’il y a quelques mois. La balle est désormais dans le camp des fédérations membres, qui devront trancher lors du scrutin de mars 2027.
La Jordanie a été assignée aux États-Unis pour la Coupe du monde 2026, contrairement à d’autres pays comme le Canada et le Mexique, qui ont pu installer leur camp de base ailleurs. Selon Ali ben Al Hussein, cette localisation a entraîné des « coûts énormes en taxes » pour la fédération jordanienne, alors que d’autres pays hôtes ont bénéficié de conditions plus avantageuses.