Les rayons fromagers des grandes surfaces françaises regorgent de références de feta, mais toutes ne respectent pas les critères d’authenticité exigés pour porter cette appellation. Seule la feta bénéficiant d’une Indication Géographique Protégée (IGP) peut prétendre à une origine et une fabrication conforme aux traditions grecques, selon Top Santé. Une distinction qui échappe souvent aux consommateurs, submergés par des offres aux étiquetages trompeurs.

Ce qu'il faut retenir

  • Une feta IGP est la seule à garantir un produit 100 % grec, fabriqué selon des méthodes traditionnelles et avec du lait de brebis ou de chèvre, précise Top Santé.
  • En France, près de 90 % des feta vendues en supermarché ne portent pas cette mention, malgré des packaging évoquant des paysages grecs ou des noms rappelant l’Acropole.
  • L’Union européenne encadre strictement l’usage de l’appellation « feta » depuis 2002, après un litige avec le Danemark et l’Allemagne.
  • Les consommateurs peuvent vérifier l’authenticité en cherchant le logo IGP ou la mention « fabriqué en Grèce » sur l’emballage.

La confusion est entretenue par des marques utilisant des termes comme « style grec » ou « recette grecque » sans garantie d’origine. « Ces produits imitent simplement le goût, mais ne répondent pas aux critères de la feta traditionnelle », explique un porte-parole de l’Institut de la Feta, cité par Top Santé. Une nuance que beaucoup de clients ignorent, séduits par des prix souvent 30 % inférieurs à ceux des feta IGP.

Pour les amateurs de fromage grec, le choix ne se limite pas à l’appellation. Les feta IGP se distinguent aussi par leur texture friable et leur goût légèrement acidulé, résultant d’un affinage en saumure d’au moins deux mois. « Les imitations, elles, contiennent souvent des stabilisants ou du lait de vache, ce qui altère la saveur », précise un fromager parisien, interrogé par Top Santé.

Face à cette multiplication des références, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) mène depuis 2024 des contrôles ciblés. En 2025, 12 % des produits étiquetés « feta » contrôlés ont fait l’objet de mises en demeure pour non-respect des règles d’étiquetage. Une proportion qui pourrait augmenter avec la montée des exigences des consommateurs en matière de transparence.

Et maintenant ?

Une révision du cahier des charges de l’IGP feta est attendue d’ici la fin de l’année 2026, avec un renforcement des contrôles sur l’origine du lait et les méthodes de fabrication. Parallèlement, plusieurs enseignes de la grande distribution ont annoncé la suppression progressive des références non conformes d’ici 2027, sous la pression des associations de consommateurs. Une évolution qui pourrait redéfinir les habitudes d’achat des Français.

Pour les amateurs de fromage grec, la prudence reste de mise : vérifier systématiquement l’étiquette et privilégier les produits certifiés reste le seul gage d’authenticité. Une habitude qui pourrait bien devenir la norme dans les années à venir.

Il faut chercher le logo IGP (cercle bleu avec les initiales) ou la mention « Indication Géographique Protégée » sur l’emballage. La feta doit aussi porter la mention « fabriqué en Grèce » et respecter un cahier des charges strict, notamment l’utilisation exclusive de lait de brebis ou de chèvre.