Selon Le Figaro, 90 % des départs de feu en France sont d’origine humaine. Face à ce constat alarmant, des patrouilles mixtes associant gendarmes, agents de l’Office national des forêts (ONF) et autres services de l’État sillonnent les zones à risque dans l’arrière-pays niçois pour prévenir les incendies. Une opération de sensibilisation et de contrôle menée ce week-end au col de Vence, dans le parc naturel des Préalpes d’Azur, illustre cette stratégie de tolérance zéro face aux comportements à risque.
Ce qu'il faut retenir
- 90 % des départs de feu en France sont d’origine humaine, selon les chiffres officiels cités par Le Figaro.
- Des patrouilles mixtes — gendarmes, agents de l’ONF, de la DDTM et gardes-champêtres — patrouillent dans l’arrière-pays niçois pour informer et sanctionner les comportements dangereux.
- La période de zone rouge s’étend du 1er juin au 30 septembre, avec une interdiction absolue de fumer, d’allumer un barbecue ou un feu de camp.
- Les agents utilisent des véhicules tout-terrain, des motos, des VTT et des drones pour couvrir les zones à risque.
- Aucune infraction n’a été relevée lors de l’opération du 9 août 2026, mais les échanges entre services ont permis d’identifier des sites à surveiller.
Des patrouilles pour endiguer les départs de feu d’origine humaine
Sur les hauteurs arborées de l’arrière-pays niçois, gendarmes et agents de protection des forêts multiplient les patrouilles communes. Leur mission : informer les promeneurs sur les risques d’incendie et sanctionner les comportements irresponsables. « On est sur une tolérance zéro par rapport à ça », explique Mathieu Jarnigon, commandant de la compagnie de gendarmerie départementale de Grasse. « Parce qu’on sait que le moindre petit départ de feu pourrait provoquer un incendie qui serait peut-être difficile à maîtriser. » Selon lui, « neuf incendies sur dix sont d’origine humaine ».
À l’entrée d’un chemin de randonnée près du col de Vence, un panneau rappelle que la zone est en « zone rouge » du 1er juin au 30 septembre. Fumer, allumer un barbecue ou un feu de camp y est strictement interdit. Cette signalisation s’accompagne d’une surveillance accrue, notamment pour prévenir les bivouacs sauvages ou les feux de camp mal éteints, sources fréquentes de départs de feu.
Une mobilisation estivale sur fond de tensions nationales
Cette opération s’inscrit dans un contexte où les pompiers français sont mobilisés sur plusieurs fronts simultanés. Entre les feux dans l’arrière-pays du Var, les interventions autour du bassin d’Arcachon ou encore à Biscarrosse dans les Landes, les moyens de lutte contre les incendies sont sollicités en permanence. La prévention prend donc une importance cruciale, d’autant que les conditions météorologiques estivales — chaleur, sécheresse et vent — amplifient les risques.
Lors de la patrouille du 9 août 2026, les équipes ont croisé quelques promeneurs profitant du paysage. Certains étaient même venus pour traquer des phénomènes paranormaux, comme en témoigne un homme équipé d’une antenne bricolée ou un père venu avec sa fille après qu’un YouTubeur eut évoqué des manifestations étranges au col de Vence. Pourtant, l’attention des agents s’est surtout portée sur les traces récurrentes de feux de camp.
Feux de camp et cendres : des risques persistants malgré les précautions
Yohann Pagnier, technicien forestier territorial à l’ONF, a pointé du doigt un « tas de cendres entouré de pierres » qui témoigne d’un récent feu de camp. « C’est une place à feu, il y en a des centaines et des centaines sur tout ce plateau », déplore-t-il. Même lorsque les promeneurs prennent des précautions, « le risque est que le feu ne soit pas suffisamment éteint quand ils partent ». Le transport de matériel comme une grille ou un réchaud peut déjà être passible d’une amende, même s’il n’a pas été utilisé, afin d’anticiper tout départ de feu.
Les patrouilles de l’ONF, menées chaque été, ciblent particulièrement les bivouacs sauvages en début de matinée ou les feux de camp tardifs. Les agents sont à l’affût des promeneurs qui s’offriraient une cigarette au coucher du soleil ou allumeraient un feu pour la soirée. Leur objectif : réduire au maximum les risques de départ de feu avant qu’ils ne deviennent incontrôlables.
« Ce n’est pas la pire mission », reconnaît l’un des deux gendarmes ayant patrouillé deux heures à moto, après l’opération. « Mais elle est essentielle pour éviter des catastrophes. »
Une coordination renforcée entre les services de l’État
Les patrouilles communes permettent aux différents acteurs — gendarmes, agents de l’ONF, de la DDTM et gardes-champêtres — d’échanger sur les zones à risque et d’adapter leurs stratégies. Même si aucune infraction n’a été relevée lors de l’opération du 9 août, ces échanges informels ont permis d’identifier des sites nécessitant une surveillance accrue. La coordination entre les services est d’autant plus cruciale que les ressources humaines et matérielles sont limitées en période estivale.
Les agents disposent d’un arsenal varié pour couvrir les zones à risque : véhicules tout-terrain capables de circuler sur des chemins pierreux, motos et VTT pour accéder aux sentiers de randonnée, et même des drones pour repérer à distance les comportements suspects. Leur mobilité leur permet de couvrir un territoire vaste et accidenté, où les risques d’incendie sont particulièrement élevés en raison de la végétation sèche et des vents fréquents.
La stratégie mise en place dans l’arrière-pays niçois pourrait également inspirer d’autres régions françaises confrontées à des risques similaires. Pour l’instant, l’objectif reste clair : réduire au maximum le nombre de départs de feu d’origine humaine, afin d’éviter que les feux ne deviennent incontrôlables et ne mobilisent des moyens humains et matériels précieux.
En zone rouge, fumer ou allumer un feu de camp est passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 1 500 euros, selon l’article R. 321-16 du Code forestier. Le transport de matériel susceptible de provoquer un départ de feu, comme une grille ou un réchaud, peut également être sanctionné, même si celui-ci n’a pas été utilisé.
Les patrouilles ciblent ces créneaux horaires car ce sont les moments où les risques de bivouacs sauvages ou de feux de camp sont les plus élevés. Les agents de l’ONF repèrent les campeurs qui s’installent avant l’arrivée des patrouilles matinales, tandis qu’en soirée, ils surveillent les promeneurs qui pourraient allumer un feu pour la nuit ou fumer à proximité de la végétation sèche.