Alors que plusieurs incendies d’ampleur frappent depuis plusieurs jours le Sud-Ouest et le Var, le viticulteur et sylviculteur Yves D’Amécourt, également membre du mouvement Nouvelle Énergie, dénonce l’incapacité des autorités à tirer les enseignements de l’été 2022, et pointe du doigt les injonctions contradictoires adressées aux professionnels de la forêt. Cette tribune, publiée le 10 août 2026 dans le Figaro, rappelle que la France a déjà perdu davantage de surface forestière en 2026 qu’au cours de toute l’année 2025.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2026, la France a déjà enregistré une perte de forêt supérieure à celle de l’année 2025, selon les premiers bilans.
  • Plusieurs régions, dont la Gironde, le Var et la Haute-Corse, sont touchées par des incendies d’ampleur depuis le début de l’été.
  • Yves D’Amécourt, viticulteur et ancien élu local, critique la bureaucratie et l’absence de réformes structurelles malgré les promesses répétées après chaque saison estivale.
  • Il souligne les contradictions entre les discours et les actions, notamment en matière de gestion forestière.
  • L’été 2022 avait marqué un précédent avec des feux d’une intensité exceptionnelle, sans que les leçons nécessaires ne soient pleinement tirées.

Des incendies récurrents qui interrogent la gestion des risques

Depuis le début de l’été, les images des Canadair sillonnant le ciel, des habitants évacués en urgence et des hectares de forêt réduits en cendres se répètent, presque à l’identique de celles de l’été 2022. En 2026, les bilans provisoires indiquent déjà une perte de forêt supérieure à celle enregistrée sur l’ensemble de l’année 2025, selon les données disponibles. Les régions du Sud-Ouest, comme la Gironde — où un incendie menace actuellement la presqu’île du Cap Ferret — et le Var, ainsi que la Haute-Corse, figurent parmi les zones les plus touchées cette année.

Pour Yves D’Amécourt, ces répétitions ne sont pas le fruit du hasard, mais bien la conséquence d’une incapacité à transformer les constats en actions concrètes. « Chaque été, on redécouvre notre vulnérabilité face aux incendies, chaque automne on rédige un rapport, chaque hiver on promet des réformes, et chaque printemps, la bureaucratie reprend le dessus », a-t-il expliqué dans sa tribune.

Les professionnels de la forêt face à des directives contradictoires

Ancien élu local — conseiller général, maire et président d’EPCI en Gironde — et ingénieur des Mines d’Alès, Yves D’Amécourt est à la fois viticulteur et sylviculteur. Il intervient régulièrement au nom de Nouvelle Énergie, un mouvement qui milite pour une transition énergétique et écologique ambitieuse. Dans son texte, il met en lumière les tensions entre les attentes placées dans les forestiers et les contraintes administratives qui leur sont imposées.

Selon lui, les pouvoirs publics peinent à concilier protection des forêts, développement économique et respect des réglementations. Il cite notamment les difficultés rencontrées par les acteurs locaux pour obtenir les autorisations nécessaires à l’entretien préventif des massifs forestiers, tandis que les incendies continuent de progresser. « Notre pays sait empêcher les professionnels de protéger la forêt, mais pas stopper ceux qui la brûlent », a-t-il déclaré.

« Chaque été, on redécouvre notre vulnérabilité face aux incendies, chaque automne on rédige un rapport, chaque hiver on promet des réformes, et chaque printemps, la bureaucratie reprend le dessus. »

— Yves D’Amécourt, viticulteur et membre de Nouvelle Énergie, dans une tribune publiée le 10 août 2026 dans le Figaro

Un cycle sans fin qui menace les écosystèmes et les populations

Les incendies de forêt ne se contentent pas de détruire des hectares de végétation : ils menacent aussi les populations riveraines, les infrastructures et les activités économiques locales. En Gironde, où la pression sur les ressources en eau et les sols est déjà forte, les feux aggravent les tensions autour de l’accès à la ressource hydrique. Dans le Var, les autorités ont dû procéder à des évacuations massives, tandis que les pompiers luttent contre des feux qualifiés d’« imprévisibles » par les observateurs sur place.

Pour les spécialistes, ces crises répétées soulignent l’urgence d’une stratégie nationale de prévention et de gestion des risques, intégrant à la fois des mesures de prévention, des moyens humains et matériels renforcés, et une meilleure coordination entre les acteurs locaux et l’État. Pourtant, malgré les alertes lancées après chaque saison estivale, les avancées restent limitées.

Et maintenant ?

Alors que les feux continuent de ravager plusieurs régions, les autorités locales et nationales devraient présenter, d’ici la fin du mois d’août, un nouveau plan de prévention des incendies pour l’année 2027. Reste à savoir si ce plan intégrera enfin des mesures structurelles, comme l’allègement des procédures administratives pour les travaux de débroussaillage ou l’augmentation des moyens aériens de lutte contre les incendies. En attendant, les professionnels de la forêt et les élus locaux appellent à une prise de conscience rapide, afin d’éviter que l’histoire ne se répète une fois de plus à l’été prochain.

Ces incendies rappellent, une fois encore, que la gestion des forêts ne peut plus se contenter de réponses ponctuelles. Elle nécessite une vision à long terme, combinant prévention, innovation et coordination entre tous les acteurs concernés. Autant dire que le temps des déclarations d’intention semble révolu — place désormais à l’action.

Les régions les plus affectées sont la Gironde, notamment autour de la presqu’île du Cap Ferret, le Var et la Haute-Corse. D’autres zones du Sud-Ouest et du Sud-Est sont également concernées, selon les bilans provisoires.

Les causes sont multiples : conditions météorologiques (sécheresse, vent), négligences humaines, mais aussi parfois des actes malveillants. Les experts soulignent également le rôle de l’abandon progressif des espaces ruraux et de la gestion forestière insuffisante.